Chronique de la covid 19 par un particulier, à compter de juillet 2021

à partir des médias français (Presse, radios et TV, sites internet divers dont sites médicaux)

Auteur: M.V., psychologue clinicien


Mis en ligne le 28 janvier 2022


Concernant l’année 2020 et les différends qui, face à un virus que personne ne connaissait, se sont manifestés entre scientifiques médicaux, ainsi que l’opposition entre études randomisées et approches cliniques et observationnelles, on peut consulter mon article de juin 2020 « Science et clinique à propos de la crise du coronavirus » (mis à jour à trois ou quatre reprises dans les mois suivants), à la page :https://psy-et-medicosocial.monsite-orange.fr/page-5ee394809ea00.html


Juillet 2021… et en guise d‘introduction.


Le variant Delta du Covid se répand très rapidement en France, comme c’est le cas ailleurs, l’Angleterre l’ayant eu avant les autres pays d’Europe.
Alors que, peu de temps avant, le gouvernement avait supprimé presque toutes les contraintes précédentes, le président Macron annonce brusquement à la télévision une série de mesures qui surprennent, dans le but d’inciter, certains diraient de forcer, à la vaccination.
Sans doute les alertes des spécialistes médicaux ainsi que la forte baisse des vaccinations à ce moment -là l’ont convaincu que seule la vaccination massive permettrait de ralentir la « quatrième vague » et d’éviter de devoir confiner à nouveau.
On s’attendait à l’obligation de la vaccination pour les soignants mais pas aux autres mesures annoncées qui restreignent indubitablement les libertés de la population générale (comme le Conseil Constitutionnel le reconnaîtra début Août) et obligent à la présentation du Passe sanitaire pour accéder à de nombreux services et établissements. Ce passe est prévu pour les lieux de spectacles, les établissements de soin, les bars et restaurants, les transports longue distance… Il fut très vite contesté par certains en même temps qu’approuvé par le plus grand nombre.
J’ai personnellement tiqué quant à ces mesures tout en ayant de la difficulté à me faire une idée sur ce qu’il faudrait faire d’autre.
Les échanges de courriels avec des amis de longue date, qui n’ont pas globalement la même perception que moi sur la gestion de la crise sanitaire et surtout sur la vaccination, ont contribué à alimenter mes réflexions et je les en remercie. C’est ainsi que ce travail de recherche d’informations et de compilation a pris naissance, pour essayer de mettre un peu de clarté dans mes impressions premières, puis de voir les évolutions prises progressivement par les différents acteurs.
Par ce travail, mon intention ne fut pas d'opposer les partisans de telle ou telle opinion à ceux d'opinions divergentes, mais d'essayer de prendre en compte, autant que possible, les multiples discours sur la pandémie, sachant qu'il n'est guère possible de les connaître tous dans le détail. Ma perspective globale est de nature structurale, mais sans omettre les contextes historiques. Autrement dit, selon moi, les informations, les opinions, les représentations individuelles et sociales, sont toujours à situer dans un panorama complexe: historique, sociologique, anthropologique, économique, psychologique, philosophique... Certes, dans la vie concrète il faut faire des choix (par exemple, pour la question posée en 2021, être ou ne pas être vacciné), mais la perspective que je viens de définir invite à essayer de comprendre ceux qui ne font pas les mêmes. Nous avons tous nos déterminismes, insus le plus souvent... et nos indéterminations.


Les rares personnes qui auront le courage de parcourir l'ensemble de ce qui suit pourront voir au fur et à mesure des mois combien cette pandémie aura fait émerger des questions fondamentales, dont la principale, à mon sens, est celle de l’opposition entre deux valeurs essentielles de notre République : la liberté et la fraternité (qui peuvent prendre pour chacun des sens différents)… l’attention s’étant peut-être moins porté sur l’égalité.
Un autre point saillant m'a semblé apparaître également: le malentendu entre la majorité du corps médical, très favorable à la vaccination, et les personnes opposées à celle-ci.
On pourra voir aussi que les débats ont été nombreux et de qualité très inégale selon le média, selon la direction de l'émission. Je peux dire d'emblée que "C ce soir" sur la chaîne 5 me paraît d'une très bonne tenue.
Ces débats, sur les plateaux TV ou dans la vie privée, ont parfois été vifs, conflictuels. Cela était à mon sens obligatoire dès lors que les peurs, angoisses, valeurs personnelles, se trouvaient mises en jeu. Le conflit est inhérent à la vie. L'important serait de l'élaborer afin que Thanatos soit éloigné. Les débats y contribuent. 

Tous ceux qui se plaignent du manque d’autorité dans nos société, et qui rêvent d’un pouvoir fort, ont certainement été satisfaits par l'introduction du Passe sanitaire et par l'obligation de la vaccination pour les soignants, de voir ainsi que ce « chantage » à la vaccination, selon le terme employé par certains, ces « menaces», selon d’autres, ont immédiatement fait augmenter le nombre de vaccinations journalières. Ceux-là virent sans doute leurs désirs d’ordre et de sécurité satisfaits, ce qui fit dire à quelques chroniqueurs que ce serait à terme l’extrême droite qui s’en trouverait renforcée.

Au fond, avec cette surveillance accrue, ne se dirigeait-on pas progressivement vers les méthodes chinoises? Le gouvernement chinois ne dit-il pas depuis longtemps qu’on ne peut diriger un pays d’un milliard et demi d’individus par la démocratie? Il y a donc là une pente et un risque qui ne doivent pas être sous-estimés. La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et la défenseure des droits ont d’ailleurs très vite souligné certains de ces risques. Quelques universitaires, comme le professeur de droit public à l’Université de Grenoble-Alpes, Serge Slama, a dit son inquiétude dans le Journal L’Obs, estimant qu’«on met le doigt dans un engrenage. » Quelques pays voisins, d’après ce que j’ai cru entendre, ont été étonnés par ces décisions (l’Angleterre, l’Allemagne ?) mais ne les excluraient peut-être pas selon l’évolution de la pandémie [ajout de novembre 2021 : c’est, si je ne me trompe, ce qui s’est ensuite passé en Allemagne, en Autriche, en Italie… selon des modalités quelque peu différentes].
Le Sénat, après les débats rapides au Parlement et le vote de ce dernier, a assoupli un petit peu le dispositif et demandé une date butoir pour la fin de son application (qui sera le 15 novembre 2021, puis prolongé jusqu’en juillet 2022). Le Conseil Constitutionnel a ensuite retoqué le projet de licenciement dans les entreprises, pour les salariés en contact avec le public et qui refuseraient la vaccination, mais en maintenant la suspension de salaire. Dans la pratique, cela ne va pas être simple. [Ajout de novembre 2021 : il y a eu assez peu de démissions de soignants en métropole, mais dans les territoires d’Outre-Mer le refus de vaccination a été assez massif et le gouvernement a donc dû assouplir un peu le dispositif.]
De même, des difficultés sont probables pour les salles de spectacle et les restaurateurs. Heureusement que le projet qui envisageait que ces derniers puissent vérifier les identités a été abandonné, car cela m’était apparu aberrant puisque seul du personnel assermenté, à ce que je sache, peut avoir cette attribution.
Nombre de restaurateurs, tout en disant qu’ils se conformeraient à la loi, ont regretté qu’on leur fasse jouer un rôle qui n’est pas le leur, celui de contrôle des Pass.

Certains slogans de manifestants ants-pass, brandissant la « dictature » ou l’étoile jaune, ont à juste titre choqué. Espérons que les auteurs de cet amalgame ne se soient pas vraiment rendu compte de ce qu’est une véritable dictature et de ce que fut le nazisme [fin 2021, lors d’une conférence et en réponse à une question, Boris Cyrulnik (dont la famille avait été raflée et qui a échappé à la déportation comme il l’a décrit dans « Sauve toi la vie t’appelle ») a répondu avoir été extrêmement blessé par cette référence à l’étoile jaune].
On peut voir toutefois dans ces oppositions un refus de la soumission et une crainte non dépourvue de fondements. Que début août 30 à 40% de la population aient exprimé une compréhension pour ce mouvement est quand même significatif.
L’ennui, comme ce fut le cas pour le mouvement des Gilets jaunes (qui eut des motivations tout à fait compréhensibles), c’est l’extrême diversité des opposants, l’alliance de la carpe et du lapin : antis-Macron, antis-système, antis-pass, antis-vaccin, mélangés, avec la  récupération par certains leaders de l’extrême droite… Ainsi que la reprise d’idées diffusées par les réseaux sociaux ou par des sites qui utilisent les discours de quelques scientifiques aux arguments parfois étranges, comme celui de la modification du génome ou celui des variants causés par la vaccination, ou encore celui de la dangerosité de la protéine Spike dans le vaccin, arguments contestés et contredits par la grande majorité des spécialistes médicaux, épidémiologistes, virologues, généticiens… (qu’il s’agisse donc des risques sur le patrimoine génétique, sur la stérilité, sur des atteinte d’organes, sur les variants, sur les effets secondaires à long terme…). Je donne plus bas quelques liens relatifs à ces informations alarmistes et aux critiques dont elles ont fait l’objet.

Ce mouvement d’opposition, aussi disparate qu’il soit, serait cependant à prendre en compte, à entendre, et devrait susciter le débat public (avec ceux au moins qui pourraient l’accepter) plutôt que la stigmatisation ou la condescendance.
Nous voyons donc d’un côté une défense des libertés, qui se comprend, et de l’autre celle de la fraternité et de la responsabilité (réduire le risque d’infecter les autres, celui d’engorger à nouveau les hôpitaux) tout aussi valable [Ajout de janvier 2022 : on verra que ce problème reviendra avec la « vague » Omicron].
Exemple parfait de positions, d’oppositions, contradictoires en apparence mais également justifiées. Tout dépend d’où on regarde, avec quelles valeurs prioritaires. Comme dit le dicton, chacun voit midi à sa porte. Exemple de la complexité décrite par Edgar Morin, lequel a dit, au sujet de la vaccination, que vaccinés ou non, on est toujours confronté à des risques.
Parmi les trois termes de la devise républicaine, c’est cependant l’égalité qui, en l’occurrence, claudique.
Si l’égalité reste sur la touche (rien de nouveau), c’est parce que ces mesures ont créé une nouvelle fracture au sein de la population (pros-vaccin et antis, vaccinés et non vaccinés) qui s’est surajoutée, les recouvrant d’ailleurs souvent, aux fractures déjà existantes entre villes et campagnes, centres-villes et banlieues, niveaux d’études, etc… Dans certaines familles, paraît-il, les disputes et débats sur cette question sont très vifs.
Y avait-il une autre façon de procéder ?
Je ne sais pas vraiment. Certes il y avait urgence, selon les épidémiologistes, étant donné la vélocité du Delta (et avec la circulation mondiale du Covid, d’autres variants apparaîtront sans doute). Mais j’aurais préféré de beaucoup, avant les décisions, ne serait-ce que durant une semaine ou deux, une concertation préalable avec les représentants des régions, une annonce par le chef de l’Etat de la gravité de la situation et des différentes mesures possibles, des explications précises sur l’importance de la vaccination et sur la faiblesse des risques de celle-ci, l’écoute des arguments des opposants… Tout cela aurait-il abouti à une autre situation que l’actuelle, qui peut-être sera en partie efficace dans la lutte contre l’épidémie mais qui débouche sur un autoritarisme appuyé sur les moyens modernes de surveillance et de traçabilité ?
On commence à connaître le président actuel : néo-libéral en économie, on l’a toujours su, même si la crise sanitaire semble avoir remis en question (provisoirement ?) certaines de ses certitudes ; autoritaire, on le voit ; sûr de lui et moralisateur, clairement, ne pouvant s’empêcher de jugements à l’emporte-pièce : il y avait eu les gens de rien, le travail trouvé en traversant la rue, etc… Il vient de qualifier les antis-vaccin, ou les antis-pass, d’égoïstes [ce sera plus tard d’irresponsables]. Ce n’est pas à mon sens de cette façon que le message en faveur du vaccin peut le mieux passer. Des débats contradictoires avec des réponses aux questions des indécis, des sceptiques et des opposants, seraient préférables. Certes, les opposants les plus radicaux ne seront sans doute jamais convaincus. Mais je ne suis pas sûr qu’il y en ait beaucoup à l’heure actuelle. Une très petite minorité activiste peut toutefois faire des dégâts, voire instaurer un climat de menaces et d’agression, ce qui est récemment apparu (pharmacie attaquée, centre de vaccination incendié, médecins menacés de mort…).

En fait, certains sondages avancent que c’est surtout l’indécision qui est répandue, car les vaccins contre la Covid sont nouveaux, car on a peu de recul, comme cela est souvent dit (encore qu’une année entière et environ 3 à 4 milliards de vaccinés, cela commence à faire), car il y a quand même aussi une part d’infantilisation dans ces injonctions.
J’ai entendu dans un resto, à une table voisine, une discussion dans un couple où l’homme affirmait ne pas vouloir se faire vacciner car Macron voulait l’imposer, et cela ne lui plaisait pas. Il y avait un côté un peu cocasse mais intéressant dans cet échange car sa compagne lui répondait qu’il avait ainsi l’attitude d’un enfant qui s’oppose, alors qu’il avait 40 ans.
Quoiqu’il en soit et qu’il en sera, pour le moment nous savons que c’est le virus qui tue, ou qui handicape à long terme (d’abord ce furent les personnes âgées et à risque, actuellement des personnes beaucoup plus jeunes) et seule à ce jour la vaccination semble pouvoir le freiner, même si, selon des informations récentes, l’immunité qu’elle apporte sera probablement temporaire et nécessitera des rappels, ou la recherche d’un autre vaccin si une mutation plus dangereuse apparaissait [ajout de novembre 2021 : les anticorps ont presque disparu au bout de 6 mois chez les personnes âgées, d’où la nécessité d’un rappel.]

On peut voir dans les messages qui font suite à tel ou tel article, sur les portails internet, l’idée que la vaccination ne sert à rien puisque l’épidémie se développe alors que le nombre de vaccinés augmente. A croire que ces internautes suivent mal les explications données par les spécialistes médicaux, épidémiologistes notamment : le variant Delta est beaucoup plus transmissible que le précédent et infecte plus vite [Ajout de janvier 2022 : ce sera encore pire avec Omicron] ; la couverture vaccinale est loin à ce jour d’avoir atteint les 90% dans la plupart des pays, certaines catégories comme les jeunes et certaines communautés (par exemple religieuses en Israël) sont très peu vaccinées ; les vaccins seraient peut-être un peu moins efficaces sur le Delta. S’il peut y avoir des personnes vaccinées hospitalisées en raison du Covid, les courbes montrent à ce jour (mi-août) qu’elles sont nettement moins nombreuses que les non vaccinées. Il a été expliqué (mais cela paraît sans doute contre-intuitif pour nombre de personnes) que, statistiquement, les vaccins n’étant pas efficaces à 100%, plus il y a de vaccinés plus il y a un nombre relativement élevé d’entre eux qui peuvent déclarer la maladie (10 à 15 % des vaccinés puisque c’est le pourcentage de non-couverts potentiels). Si par exemple on part de l’hypothèse de 10% de vaccinés non couverts, et que l’on a 1000 personnes vaccinées, il y en aura 100 susceptibles d’être malades ; s’il y a 10000 personnes vaccinées, ce sera 1000, et ainsi de suite.
Par contre toutes les données actuelles montrent que les non vaccinés sont beaucoup plus nombreux à attraper le covid sous ses formes graves. Dans les départements d’Outre-Mer où il y a eu peu de vaccinations, ça flambe au moment où j’écris ces lignes.

Par ailleurs, comme ce sont, hélas, les seuls pays riches qui ont vraiment accès aux vaccins, les variants n’ont donc pas fini de se développer tant que les pays les plus pauvres en seront privés (voir les ravages actuels de la pandémie en Tunisie). C’est pourquoi la levée des brevets est de plus en plus demandée, mais le débat semble assez vif à ce sujet, et on ne voit pas à ce jour les grands laboratoires prêts à accepter cette demande.

La question de l’obligation vaccinale est également controversée. Les spécialistes en médecine y seraient plutôt favorables, mais serait-elle acceptée par les opinions ? Sans doute pas par les opposants au vaccin.
On retombe sur la question épineuse, cornélienne, des libertés versus la fraternité.
Voici deux avis (que l’on m’a transmis) de sympathisants du PCF et de la CGT, lesquelles s’opposent surtout aux conséquences des mesures "Pass sanitaire" sur les travailleurs en entreprises.
« Au soir d’une nouvelle manjf très largement médiatisée, je veux préciser mes positions à la fois pro vaccination et pro obligation de la vaccination.
D’abord je dois préciser que c’est le jour de mes 74 ans que pour la première fois j’exprime un désaccord profond avec la confédération de la CGT dans son communiqué intitulé : "100 % pour la vaccination...contre son imposition."
Certains camarades pourront être choqué(e)s mais c’est souvent la rançon du débat.
- OBLIGATION VACCINALE : Pour moi, ce n’est pas une atteinte à la liberté dans la mesure où doit primer la sécurité collective face à une décision individuelle la mettant en péril.
Concernant la vaccination, il semble qu’il n’y ait pas de désaccord sur sa nécessité mais…
- OBLIGATION VACCINALE et PASS SANITAIRE posent problème à certains camarades pour qui ces mesures porteraient atteinte aux libertés. Le communiqué confédéral reprend les arguties de la FD Santé. Qui dit obligation vaccinale impose contrôle donc pass sanitaire pas plus attentatoire aux libertés que la présentation d’une pièce d’identité à la caissière du supermarché.
Au restaurant, une personne non vaccinée peut elle-même être contaminée ou contaminer les autres. En quoi la liberté de la personne non vaccinée serait plus précieuse que la mienne ou celle des autres clients confrontés au risque de contamination sans le savoir.
J’espère que syndicalement l’ambiguïté sera levée et je salue la position du PCF (déclaration MG Buffet et communiqué de Ian Brossat).
»
La réponse de son correspondant :
« oui une réflexion est nécessaire, je partage entièrement ce point de vue… en effet s'il me semble évident que toutes menaces sur les contrats de travail et les droits des salariés sont à combattre...je pense néanmoins que la meilleure manière d'y répondre est une obligation de vaccination par ailleurs socialement nécessaire… comme d'autres vaccinations! Et qu'il ne s'agit en aucun cas d'une atteinte aux libertés! La réponse à l'agression virale est obligatoirement sociale!
Je peux comprendre les interrogations....mais où ont été les débats dans la CGT sur le pb, Je ne connais malheureusement ni le pt de vue de Marie Georges Buffet ni celui de Ian Brossat (je ne lis l'Huma qu'occasionnellement) mais j'ai tendance à faire confiance à Marie Georges Buffet sur bcp de plans. Ya t il eu des débats dans le PCF?
En plus le mélange dans une manif des anti vax et des anti pass ne clarifie pas les choses.
J'ai fait connaître l'appel de la CGT 13 par nécessité d'informer sur nos positions, mais sans y adhérer personnellement et en pensant qu'il faut prendre le temps du débat et de la réflexion.
»

A mon avis, si la pandémie venait à rebrousser chemin (rien n’est impossible mais à ce jour cela semble peu probable étant donné sa mondialisation ; elle repart en Chine et atteint durement l’Afrique qui avait été un peu épargnée), cette question de l’obligation vaccinale serait évitée.
Par contre, si elle s’amplifie, il est possible qu’elle prenne le devant de la scène.
Je me suis renseigné sur les vaccins obligatoires en France. Il y en a 11 pour les enfants. Les rappels pour le DTP sont fortement recommandés chez l’adulte. Certains vaccins sont obligatoires pour certains personnels de santé (par exemple contre l’hépatite A).
Les partisans de la vaccination obligatoire contre le Covid arguent de l’intérêt collectif et de l’égalité (suppression de l’usine à gaz qu’est le Passe-sanitaire, et des tests). La question du contrôle est posée. Pourrait-il être le fait de la Caisse d’Assurance Maladie ?

Essayant de considérer les différents points de vue et de les comprendre, voici quelques échanges fictifs, mais basés sur ce qui se dit réellement.

  • Nous, épidémiologistes, virologues et autres spécialistes, constatons, dans notre grande majorité, qu’il s’agit d’un virus dangereux qui a fait des millions de morts dans le monde (4 millions recensés [ en juillet 2021] mais probablement le double étant donné le déni de certains Etats) et des malades avec des séquelles importantes ; constatons que plusieurs vaccins ont pu être développés rapidement, dont l’efficacité est maintenant prouvée. Nous ne saurions donc que conseiller aux gouvernements de favoriser au maximum la vaccination afin de permettre également aux hôpitaux de ne pas être débordés et de ne pas devoir déprogrammer les suivis médicaux importants.
  • Nous, gouvernants, sommes soucieux de la santé des populations ainsi que de l’économie du pays, d’où les mesures d’abord de confinement, puis d’aides financières aux entreprises, puis de réouverture des lieux publics et autres, et, dès lors que l’on a vu que l’épidémie reprenait avec un variant beaucoup plus transmissible mais que les gestes barrières et la vaccination étaient bien moins suivis, nous avons proposé une série de mesures contraignantes pour ceux qui ne seraient pas vaccinés.
  • Nous, opposés au Pass sanitaire, soulignons que le gouvernement utilise le chantage pour, d’une certaine façon, obliger à la vaccination et crée un antagonisme entre vaccinés et non vaccinés. Il réduit ainsi les libertés, va entraîner des risques de non dépistage de maladies si des non vaccinés ont un moindre accès aux hôpitaux, va plonger dans la précarité des salariés dont la rémunération sera suspendue. Restaurateurs et gérants de salles de spectacles se verront contraint de vérifier les Pass, ce qui n’est pas leur fonction et ce qui va réduire le nombre de leurs clients, risquant aussi de créer des incidents graves avec des personnes récalcitrantes.
  • Nous, antis-vaccin, ne sommes pas convaincus par le discours dominant qui favorise en fait les grands laboratoires, qui ne se centre pas sur les traitements préventifs, qui ne dit rien sur les risques potentiels de ces vaccins nouveaux, notamment ceux à ARNmessager dont on pourrait craindre une modification du génome ou des effets inconnus à long terme. Nous sommes libres de nous opposer à toute injection de produit dans notre corps, lequel nous appartient.
  • Nous, généticiens, avons expliqué que l’ARNmessager est étudié depuis environ plus de 20 ans, qu’il a déjà été utilisé, qu’il fait l’objet de grands espoirs pour le traitement des cancers ; qu’il n’entre pas dans le noyau des cellules et disparaît très vite après avoir suscité la production d’anticorps.
  • Nous, jeunes, ne sommes guère concernés par une maladie qui atteint surtout les personnes âgées et celles à comorbidités. Beaucoup d’entre nous cependant se font maintenant vacciner car ils en ont assez d’être confinés, privés de loisirs, empêchés dans leurs études.
  • Nous médecins des services de réanimation, en réponse à la remarque précédente, constatons que de plus en plus de personnes jeunes et qui étaient en parfaite santé ont un Covid grave depuis l’apparition du Delta, lequel est beaucoup plus transmissible que le précédent.
  • Nous, personnes âgées déjà vaccinées, avons, pour la plupart, du mal à comprendre ce refus de la vaccination, notamment du côté de soignants qui doivent prendre toutes précautions vis-à-vis des patients.
  • Nous, soignants refusant la vaccination, respectons les gestes barrières, portons le masque et utilisons systématiquement le gel hydroalcoolique, ce qui nous empêche de contaminer.
  • Nous, médecins, rappelons que ces mesures de précaution de base sont insuffisantes quand on s’occupe de malades, et estimons nécessaire l’obligation vaccinale pour les personnels de santé.
  • Nous, familles de personnes ayant eu la Covid et ayant été en réanimation, ou étant décédées, avons changé d’avis quant aux risques que nous avions tendance à sous-estimer, et nous sommes fait vacciner dès que possible.
  • Nous, les optimistes malgré tout… pensons qu’un vaccin pour tous les variants du virus actuel sera mis au point et que des médicaments seront trouvés pour lutter efficacement contre la maladie, mais reconnaissons que ce n’est sans doute pas dans l’immédiat.
  • Nous, pessimistes, craignons d’une part que ce virus ne demeure au travers de ses mutations et échappe aux vaccins, et d’autre part que les mesures de contraintes ne s’installent durablement.

    Les arguments contre la vaccination, et les critiques dont ils sont l’objet:

    La protéine Spike présente dans les vaccins anti-covid à ARN messager serait cytotoxique et donc dangereuse pour l’intégrité des cellules du corps humain.Ceci aurait été affirmé par le professeur Robert W. Malone. Interrogée par « 20 Minutes », Morgane Bomsel, directrice de recherche au CNRS et responsable d’un laboratoire à l’institut Cochin a répondu que « le virus, lorsqu’il a infecté son hôte, va produire cette protéine en continu et détruire des cellules sur son passage, c’est précisément ce qui le rend dangereux. En revanche, la protéine Spike présente dans les vaccins à ARNm est modifiée pour ne se reproduire qu’en petite quantité et sur un laps de temps très court, afin d’être immédiatement utilisée par le système immunitaire pour se défendre contre le Covid-19. Affirmer que les vaccins sont cytotoxiques est donc faux, non seulement parce que l’ARN ne se réplique pas dans les organes du corps humain, mais également parce que nous l’aurions, tout simplement, remarqué très rapidement après avoir vacciné des millions de personnes.Le professeur Robert W. Malone aurait fait une mauvaise interprétation d’une étude du Salk Institute qui montrait le caractère cytotoxique de la protéine du virus (notamment sur les poumons et les artères) et non de celle du vaccin.
    https://www.20minutes.fr/societe/3068175-20210622-coronavirus-non-vaccins-arn-messager-toxiques-corps-humain

    - Le chercheur Christian Vélot affirme que les vaccins contre la Covid laissent "la voie libre" aux variants du virus en bloquant la souche "originelle" du virus. L’AFP a interrogé d’autres chercheurs à ce sujet. Les variants du virus d’origine sont apparus avant les vaccins, puis dans des pays où la vaccination est extrêmement faible.

    - La généticienne Alexandra Henrion-Caude, qui travaillait à l’INSERM avant de prendre sa retraite, soutient que le vaccin à ARN va modifier notre génome.
    On trouve sur internet de nombreux articles et vidéos à son sujet. Elle fut l’élève puis la collaboratrice d’Axel Khan. Ce dernier avait dénoncé cette « dérive ». Les discours de Henrion-Caude sont actuellement très religieux, pour ne pas dire plus.
    La thèse de la modification du génome a été contredite par de nombreux spécialistes médicaux, le vaccin n’entrant pas dans le noyau des cellules.( https://www.marianne.net/societe/alexandra-henrion-caude-la-geneticienne-devenue-egerie-des-covido-sceptiques )
    ( https://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-cv-de-la-scientifique-alexandra-henrion-caude-nouvelle-egerie-des-anti-passe-sanitaire_2151735.html )
    ( https://factuel.afp.com/covid-vaccin-la-geneticienne-alexandra-henrion-caude-nous-dit-tout-attention-cette-video-virale )
    Il y a bien d’autres sites.

    - Effets indésirables à long terme ? Un article parmi d’autres, mais qui fait assez bien le tour de la question:

    https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-maladies/2731491-vaccins-covid-effets-a-long-terme-arn-secondaire-indesirable-risque/ 

    - Les affirmations du Pr Fourtillan. C’est lui qui avait été incarcéré pour des essais thérapeutiques illégaux.
    Il est anti vaccin et prétend que le Covid a été fabriqué par l’Institut Pasteur, assimilant abusivement brevets et créations. https://factuel.afp.com/attention-aux-affirmations-relayees-par-cette-avocate-sur-lorigine-du-sars-cov-2

    - Réinfo Covid ( https://reinfocovid.fr/ )
    Collectif initié par l'anesthésiste réanimateur Louis Fouché, en opposition à la politique sanitaire du Covid par le gouvernement et critiquant le discours dominant dans les médias. Un article sur MSN  résumait les positions de ce collectif et les mouvances idéologiques dont il est proche (mouvement de Pierre Rabhi, rassurisme, association "Bon sens", Ligue nationale pour la liberté des vaccinations, Antivax) mais cet article n'est plus accessible (volatilité de la toile !).

  • Ce Collectif semble ne pas présenter, selon les intervenants, une ligne totalement homogène et se démarque de ce fait, m’avait-t-il semblé, du site CrowdBunker qui m’avait paru essentiellement constitué de vidéos anti-vaccin discutables. J’ai toutefois révisé ensuite cette première appréciation car Réinfocovid renvoie, pour les vidéos, à CrowdBunker, qui est une sorte de plateforme avec un regroupement de chercheurs, appelé « Conseil scientifique indépendant », composé d’un pharmacologue (Amine Umil), une biostatisticienne (Christine Cotton), une enseignante en informatique (Emmanuelle Darles), un mathématicien (Vincent Pavan), un médecin généraliste (Eric Menat), un anthropologue (Jean-Dominque Michel), un chirurgien urologue ( Gérald Modrux), une pharmacienne biologiste (Hélène Banoun), un sociologue (Laurent Mucchielli), un avocat (David Guyon), un statisticien (Pierre Chaillot). Ce sont en tout cas les noms que j’ai trouvés sur le site. Je remarque au passage que je ne vois aucun spécialiste en génétique, virologie, épidémiologie.
    Réinfo Covid a, à mon avis, l’intérêt de mettre en discussion des points importants comme celui de la prévention ou des risques d’autoritarisme. Mais il est positionné clairement contre les vaccins anticovid, essayant de démontrer qu’ils ont provoqué de nombreux morts. L’internaute pourra trouver sur la Toile nombre d’articles dénonçant les approximations et les biais dans ces études présentées par ce site.
    Bien que le discours de Louis Fouché, très écologiste, soit a priori sympathique et que l’on puisse être d’accord sur certains points, il lui a été essentiellement reproché : d’une part d’établir des rapprochements rapides et assez confus entre disciplines (médecine, philosophie, histoire, multinationales, permaculture…), et d’autre part de se rapprocher dangereusement de certaines thèses complotistes et anti-vaccination, détournant ainsi de la vaccination ses supporters qui sont en grand nombre.

    On peut consulter sur MARSACTU, une critique générale portée contre Fouché et le droit de réponse apporté par son avocat : https://marsactu.fr/derriere-le-masque-de-louis-fouche-medecin-anti-vaccin/
  • Sur la suggestion d’un ami, j’ai vu quelques vidéos de Louis Fouché (plusieurs successives intitulées «Acte»). Ses connaissances m’ont paru étendues et nombre de ses propos m’ont semblé propre à pouvoir entraîner l’adhésion (sur par exemple le transhumanisme, l’écologie, la technicité, la réduction des moyens des hôpitaux depuis de longues années…). Toutefois je l’ai senti trop sûr de lui et pouvant glisser vers des positions très contestables, notamment (puisque c’est le thème de mes réflexions ici) la vaccination et l’immunité. Celle-ci est certes améliorée par le mode de vie et ce que l’on mange (il n’invente rien) mais dépendante aussi (et peut-être surtout) de notre patrimoine génétique (j’avais un oncle qui buvait son pastis avant chaque repas et qui mangeait copieusement, il a vécu jusqu’à 94 ans. Deux tantes, sœurs, qui ont vécu également toutes les deux environ 90 ans, alors que l’une ne mangeait quasiment rien, l’autre énormément, le physique de l’une étant de ce fait l’opposé de celui de l’autre, maigreur et obésité) ; immunité dépendant aussi de maladies chroniques, de ce qui attaque l’organisme (en l’occurrence le type de virus et la charge virale). Croire que l’immunité naturelle suffit dans les cas d’épidémies possiblement létales, c’est à mon sens une illusion, dangereuse pour soi et pour les autres, puisque les virus et les bactéries se transmettent, même si le porteur n’a pas de symptôme.
    J’ai trouvé que Louis Fouché a beaucoup de talent de persuasion, trop, utilisant ce talent pour donner des leçons (ce qui, à mes yeux, l’a rendu assez vite désagréable) alors que la plupart de ses pairs le contredisent.

    - La question du complotisme.
    Le point de vue de l'historienne et spécialiste du complotisme , Marie Peltier: https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/marie-peltier-contre-le-complotisme-c-est-tout-un-projet-politique-qu-il-faut-construire_2156525.html

    Autres explications sur France Info le 8 juillet 2021: « Plusieurs dizaines de manifestants se sont réunis à Nancy, samedi 3 juillet, pour protester contre les mesures sanitaires. Franceinfo a passé au crible les déclarations faites par les figures du mouvement lors de l'événement.»
     https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/vrai-ou-fake-on-a-verifie-les-affirmations-des-opposants-aux-vaccins-contre-le-covid-19-lors-de-leur-manifestation-a-nancy_4691841.htm                                                      

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