Janvier 2022


03-01-2022.
- Le Monde. « A l'hôpital Nord de Marseille : "La sélection, on l'opère depuis plusieurs jours"…
Depuis le 15 novembre, l’AP-HM comptabilise 92 décès dus au virus. Le taux d’incidence au 1er janvier, 1400 cas pour 100.000 personnes, n’incite à aucun optimisme. Et pousse 500 médecins des hôpitaux de Marseille […] à signer une tribune dans La Provence, lundi 3 janvier, pour inciter les habitants à se vacciner… Gilles Rof relève qu’"à l’AP-HM, près de deux tiers des interventions chirurgicales non urgentes, toutes spécialités confondues, sont déprogrammées pour libérer des infirmiers et décongestionner les réanimations"… "Mais la sélection, on l’opère depuis plusieurs jours en fonction du nombre de places. Les plus âgés, les plus comorbides ne rentrent pas. On leur donne des chances avec de l’oxygène à haut débit, mais on préfère garder les lits pour des personnes à meilleur pronostic… Gilles Rof observe en outre que "les mêmes sentiments reviennent quand surgit la question de ces réfractaires [à la vaccination] ou pire des quelques faux vaccinés qui ont reconnu leur fraude". Chef de clinique assistant hospitalier depuis novembre, le Dr Giovanni Bousquet reconnaît que face aux antivaccins, il a abandonné la pédagogie. "Je sais maintenant qu’aucun argument rationnel ne les fera changer d’avis", soupire-t-il ».
- Tous les médias annoncent que Igor Bogdanoff est mort, six jours après son frère jumeau Grichka.
- La Provence. « L'appel de 500 médecins de l'AP-HM dans "La Provence" : "Faites-nous confiance : vaccinez-vous !"… Des centaines d'opérations doivent être reportées, laissant des centaines de malades et leurs familles dans l'angoisse de l'attente et la détresse. Jusqu'à quand l'hôpital devra-t-il tenir ? Le pourra-t-il ? Nul ne le sait… Tant qu'ils n'y sont pas directement confrontés, beaucoup ne réalisent pas la gravité du moment, ou refusent d'y croire… Ces hospitalisations, ces morts, cette embolie du système de santé pourraient largement être évités, clame depuis des mois la communauté médicale, partout dans le monde. "C'est simple : le vaccin n'empêche pas d'être malade ni de transmettre le Covid. Mais il évite les formes graves" redisent aujourd'hui 500 médecins de l'AP-HM, signataires d'une tribune… qui appelle la population à ne plus écouter les désinformateurs et les peurs irrationnelles, et à leur faire confiance : "Quand vous êtes malades, quand vos enfants, vos parents ont besoin de nous, vous savez où nous trouver 24h sur 24, chaque jour de l'année. A notre tour, nous comptons sur vous." »

04-01-2022.
- Libération. « Le patient filmé par l’AFP lors de son passage en réanimation à l’hôpital de Montreuil est décédé du Covid le 20 décembre. Il avait été la cible de nombreuses intox le présentant comme un faux malade. »
- Hier soir, à l’émission « C ce soir », sur la 5, sous le titre « Covid-19 : la démocratie est-elle mise à l'épreuve ? Nos libertés sont-elles bafouées par la lutte contre le virus ?
» étaient invités : Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, directeur des études chez Havas, Nelly Garnier, conseillère LR de Paris, André Grimaldi, professeur de diabétologie au CHU de la Pitié Salpetrière, Ludovic Mendes, député LREM de Moselle, Vincent Brengarth, avocat au Barreau de Paris.
Débat intéressant où se sont confrontés, sans animosité, les critiques de la Conseillère LR et de l’avocat à propos de ce que fait courir de risque à la démocratie le passe vaccinal qui doit être voté à l’Assemblée, et le professeur Grimaldi qui a signé, avec d’autres médecins, une tribune appelant à la vaccination les non-vaccinés qui sont majoritaires actuellement dans les hospitalisations et les réanimations, au dépens des autres pathologies graves. A part le député de LREM, tous ont critiqué la verticalité macronienne et le manque de débat dans la gestion de la crise, ainsi que la politique menée vis-à-vis de l’Hôpital depuis au moins 20 ans. Le Pr. Grimaldi a insisté sur le fait que tout le monde devait être soigné mais qu’il faudrait qu’il y ait une prise de conscience quant au fait que la liberté individuelle ne devait pas prendre le dessus sur le bien commun, et que l’on doit se rendre compte que les soignants n’en peuvent plus, s’agaçant vers la fin des propos de la Conseillère LR. En tant que médecin, il serait pour la vaccination obligatoire, mais il comprend que la décision politique soit très difficile car cette obligation pourrait entraîner des émeutes.
- L’Express. « L'essayiste Idriss Aberkane, nouveau porte-voix en vogue des antivax… Aberkane, avec près de 150 000 abonnés sur Twitter, et trois fois plus sur YouTube, a une ligne éditoriale à tenir. A 35 ans, l'homme est devenu l'un des porte-voix en vogue des antivax et plus généralement, un relais des thèses complotistes en lien avec le Covid-19. "Cela fait plusieurs années que l'on voit son nom circuler, assure Rudy Reichstadt, directeur de l'ONG Conspiracy Watch. Mais on l'a vu basculer les deux pieds joints dans le complotisme pendant la crise sanitaire, en prenant fait et cause pour l'hydroxychloroquine, même quand il n'y avait plus débat sur sa supposée efficacité, ou encore en apparaissant sur France Soir, l'ancien journal depuis transformé en plateforme spécialisée dans la désinformation." » Il dit avoir trois doctorats mais : « Affirmant pendant un temps être enseignant-chercheur à l'école Polytechnique, cette dernière avait publié, en 2016 puis en 2018, un démenti. Précisant par ailleurs : "Nous n'accordons aucune caution scientifique à ses conférences". En 2016 également, l'école Centrale Supelec avait précisé ses liens avec celui qui se présentait faussement en tant qu'enseignant-chercheur… Sa réputation n'empêche guère son armée de suiveurs de gonfler de jour en jour sur les réseaux sociaux. Et cela pourrait durer. "Il essaye de trouver dans l'écosystème complotiste un nouveau public, constate Rudy Reichstadt. Il s'est grillé partout avant, il ne lui reste plus que ça." »

05-01-2022.
- Tous les médias commentent les deux phrases d’Emmanuel Macron dans un entretien accordé au Parisien
: « j’ai envie d’emmerder les non vaccinés » et « « Ils viennent saper ce qu’est la solidité d’une nation. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen.» Toutes les oppositions politiques condamnent ces propos. Plusieurs commentateurs les comprennent comme l’entrée du Président dans la Campagne présidentielle, comme une façon de cibler ses adversaires politiques en s’affirmant comme le défenseur de la Raison, des personnels de santé, de la grande majorité de la population qui est vaccinée et qui ne comprend pas pourquoi une frange assez importante ne l’est pas. Dans l’immédiat, les réactions des oppositions sont fortes. Mais, comme le craignent certains politologues, le grand risque est d’aboutir chez les non-vaccinés à une rigidification de leur refus, voire à des comportements agressifs et violents, dans la suite de ceux vus ces derniers jours.
Certes, il dit ce que beaucoup de soignants pensent, dépassés par le nombre de non-vaccinés en réanimation, mais souffler sur les braises peut embraser, et sortir d’une position de Président, quant à une certaine réserve et à la recherche d’un apaisement, n’est pas sans risque pour lui et sa majorité.
- Le soir, à C ce soir, sur la 5, le débat entre défenseurs des libertés individuelles et ceux d’accord avec la position d’E. Macron, fut assez vif, l’animateur ayant du mal à faire en sorte que les participants ne parlent pas en même temps. La représentante de la Majorité a reconnu que nous étions dans une période de "démocratie dégradée" mais que le contexte sanitaire obligeait à prendre des mesures de restriction qu’elle espérait ne pas voir se prolonger. Elle a été étonnée par le passage où E. Macron parle des irresponsables qui ne sont plus citoyens, estimant qu’il a sans doute voulu dire qu’ils n’avaient pas une attitude civique. Le médecin hospitalier présent a insisté sur le fait que, s’il était compréhensible que certaines personnes aient eues au départ une appréhension vis-à-vis des vaccins anti-covid, actuellement, au bout d’un an de vaccination massive dans tous les pays développés, le refus des antivax était inadmissible car ce sont les non-vaccinés qui, à ce jour, occupent les lits de réanimation, obligeant à des déprogrammations qui mettent en péril d’autres malades. Toutefois tous étaient pour la vaccination, les différends portant sur la gestion du gouvernement et les propos du Président.

06-01-2022.
- Le Parisien donne la parole à quelques soignants suite aux propos du Président :
« Jérôme Marty, président du syndicat Union française pour une médecine libre (UFML), qui avoue [que] pendant un instant, entendre les propos d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés, a été «jouissif», [mais] je suis vite revenu à la réalité. C’est que vous en prenez tellement plein la gueule… Je pense à mes collègues en réanimation qui sont insultés par des patients sous oxygène. Mais cette déclaration du président est totalement hors de propos. » Le Parisien note que « dans son cabinet, il voit défiler des non-vaccinés. Des antivax purs et durs ? Un peu. Mais surtout des personnes dans le doute, qui disent "manquer de recul" scientifique… Le Dr Marty indique que des non-vax sous la coupe d’antivax, on en voit quasi tous les jours. Il faut discuter, rediscuter… Un généraliste du sud de la France ajoute : Clairement, les antivax m’emmerdent au quotidien. Je perds patience à essayer de les convaincre. Certains sont mal informés et recrachent des infos qu’ils interprètent mal ou que d’autres interprètent mal pour eux. Ils m’emmerdent, mais je n’emmerderai jamais les antivax. J’aimerais juste qu’ils prennent un peu de recul et cette phrase ne va pas les aider. À part les radicaliser un peu plus, je ne vois pas le message… Jérôme Marty observe : Cette phrase tend à cibler une population pour masquer un comportement carenciel, qui est de ne pas vouloir agir réellement contre les désinformateurs. Ils ont quasi industrialisé leurs communications, ont des associations partout. Emmanuel Macron n’a rien fait contre eux, pire, il est allé voir Didier Raoult à Marseille. […] Le problème ce sont les désinformateurs, pas les désinformés ».
- Libération. « La société française de réanimation estime que 80% des patients Covid en «réa» sous ventilation mécanique ont un schéma vaccinal incomplet. En contradiction apparente avec les données récentes de la Direction de la recherche et des statistiques… Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), la part des non-vaccinés dans les entrées en soins critiques (qui compte les réanimations, mais aussi les services de surveillance continue et de soins intensifs) était à peu près équivalente à celle des vaccinés, quoique très légèrement supérieure (52%). A rebours de ces chiffres, de nombreuses remontées de «terrain» ont évoqué ces dernières semaines des pourcentages beaucoup plus élevés… Alors que l’enquête de la Sfar [Société Française de Réanimation] date de la fin du mois de décembre, les chiffres de la Drees … étaient basés sur des données arrêtées début décembre. Or, la part des non-vaccinés dans les admissions en soins critiques, selon la Drees, a depuis progressé… La Sfar s’est uniquement focalisée sur les services de réanimations à proprement parler. Les données de la Drees … portent quant à elles sur l’ensemble des entrées en soins critiques (qui contiennent les services de réanimation mais aussi les soins intensifs et les surveillances continues). Or, si l’on se réfère aux chiffres de 2019, moins de 30% des lits de soins critiques relevaient des réanimations… L’enquête de la Sfar se focalise, à l’intérieur des seuls services de réanimations, sur les seuls patients en réanimation sous ventilation mécanique… Se limitant aux cas les plus graves en réa, le périmètre de l’enquête de la Sfar est donc encore plus restreint que celui de la Drees… Un autre facteur peut conduire à majorer la part des vaccinés dans le décompte. La Drees comptabilise l’ensemble des patients positifs au Sars-CoV-2 en soins critiques, et non les seuls patients venus en raison du Covid… Les vaccinés étant aujourd’hui neuf fois plus nombreux que les non-vaccinés dans la population, ce biais gonfle l’effectif Covid des vaccinés…la Sfar… a tenu compte des cas pour lesquels les patients (ou leurs familles) ont finalement admis être titulaires de faux pass. Or, ces derniers auraient constitué près d’un cinquième des personnes qui auraient été comptabilisées comme vaccinés si aucun aveu n’avait été réalisé… Rappelons que ces différences portent sur des effectifs en valeur absolue, et ne sauraient remettre en question le consensus selon lequel le risque d’être admis en soins critiques ou en réanimation est très largement supérieur pour les non-vaccinés, comparé aux vaccinés. Ce qui explique que les non-vaccinés, bien qu’aujourd’hui neuf fois moins nombreux dans la population adulte que les seconds, représentent une part équivalente ou plus importante, en valeur absolue, dans les admissions (ou dans les lits occupés) en réanimation, ou en soins critiques au sens large.» Ces explications sont importantes car des sites anti vaccin n’ont voulu retenir que les chiffres de la Drees, qui vont davantage dans leur sens.

07-01-2022.
- Libération. « Le député de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan [a affirmé que] si l’Etat ne rend pas officiellement le vaccin obligatoire, c’est parce que le vaccin est encore «expérimental» et que les autorités ne veulent pas être tenues responsables en cas d’effets secondaires
[reprenant une affirmation des antivax]… Selon Jérôme Peigné, professeur des universités à l’Institut droit et santé, spécialiste du droit des produits de santé et de droit médical, ni l’argument des AMM [Autorisation de Mise sur le Marché], ni celui de la responsabilité de l’Etat, ne sauraient réellement freiner une volonté de rendre le vaccin obligatoire… "Les vaccins ont obtenu une AMM conditionnelle européenne valable dans l’ensemble des Etats de l’UE. Il s’agit donc de médicaments juridiquement autorisés et donc légalement commercialisés. Il ne s’agit pas de médicaments expérimentaux, faisant l’objet d’une recherche ou d’essais cliniques préalablement à leur AMM."… Car s’il est vrai que les essais de la dernière phase sont toujours en cours – jusqu’en octobre 2022 pour Moderna et jusqu’en mai 2023 pour Pfizer – cela n’en fait pas des vaccins «expérimentaux» pour autant. Ainsi dès le mois de juillet, Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux, interrogé par le Monde, précisait qu’un suivi des participants sur deux ans était logique pour observer la décroissance des anticorps, la durée de la protection sur le long terme, et voir s’il faut une autre dose de rappel et au bout de combien de temps"… Concernant la responsabilité de l’Etat, il s’agit là aussi d’un argument bancal pour justifier du refus d’une obligation vaccinale officielle… Car en réalité, obligation ou pas, l’Etat est déjà tenu responsable financièrement dans tous les cas – sauf dans l’hypothèse d’un produit défectueux… Le professeur des universités résume donc : "Au bout du compte, ce sera l’Etat qui prendra en charge la réparation des préjudices nés d’une vaccination." Et ce, que l’obligation vaccinale soit officielle ou non.>>
- Le Point. « Catherine Smallwood, responsable des situations d’urgence à l’OMS, a déclaré : Plus Omicron se répand, plus il se transmet et plus il se réplique, plus il est susceptible de générer un nouveau variant. »
- L’Obs. « La cinquième vague sera-t-elle la dernière ? La communauté scientifique divisée.»
- Le Monde. « La vague Omicron déferle sur l’Inde. Les contaminations au Covid-19 augmentent de manière exponentielle dans le sous-continent
. Si le variant Omicron pourrait être à l’origine de symptômes moins sévères, il menace néanmoins le système de santé indien en raison de sa transmissibilité élevée. »
- La Provence. « Le témoignage d'une femme de médecin vauclusien : "Mon mari est mort du Covid et de la désinformation". Le Dr Alain Franchomme [76 ans] croyait aux traitements préventifs, il avait refusé de se faire vacciner. »
- Mediapart. « Paroles de non-vaccinés : Nous forcer n’est pas la solution. »

08-01-2022.
- Libération. « A quoi sert le passe vaccinal si le vaccin n’empêche pas la transmission ?» 
Je résume car l’article est long, avec plusieurs réponses d’épidémiologistes. Omicron contourne en partie les effets de la vaccination (les vaccins avaient été fait contre la souche du virus ; il fut donc un peu moins efficace contre les variants, surtout l’actuel). Il continue toutefois à l’être contre les formes graves, et si la protection contre la transmission avoisine les 30 %, c’est toujours mieux que rien car lorsqu’on a un taux de reproduction du virus autour de 1,3, avec 30 % de réduction, il passe en dessous de 1, dit l’épidémiologiste Pascal Crépey. Certes beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi on leur disait « tous vaccinés, tous protégés » et maintenant les vaccinés sont également contaminés. Mais l’essentiel est que la vaccination protège des formes graves et réduit donc l’afflux de malades en réanimation (où se trouvent actuellement essentiellement des non-vaccinés (ou des immunodéprimés). « L’exemple britannique montre qu’omicron, même s’il occasionne moins de cas graves, peut, en raison de sa forte contagiosité, mettre les services de santé sous pression. » Le passe vaccinal, selon la plupart des épidémiologistes, peut contribuer à réduire les transmissions.
- Je vois ce jour une pétition « Manifeste des sans-pass ». Certaines critiques à l’égard de la politique sanitaire du gouvernement (et vis-à-vis de la dégradation de l’hôpital depuis au moins 20 ans) peut se comprendre (mais il ne faut pas oublier que, face à la pandémie, tous les gouvernements, de tous pays, ont tâtonné et que certains ont pris des décisions nettement plus discutables qu’en France au cours de l’année passée). Face à un virus qui était inédit. Par contre, ce manifeste, reprend plusieurs fausses informations, comme la soi-disant cytotoxicité du vaccin. Il soutient également que la stimulation préventive du système immunitaire permet de combattre les effets pathogènes du virus. Sur ce point, ceux qui le prétendent feraient bien de se renseigner : combien qui le croyaient sont morts ; les frères Bogdanoff, récemment ; et ce jour même le témoignage d’un malade qui a failli y passer, dont le médecin naturopathe lui avait tenu ce discours…
Dans les commentaires, on trouve bien sûr toutes sortes de réactions, certains mélangeant un peu tout : les découvertes scientifiques qui ont été exploitée négativement, les scandales à propos de tel ou tel médicament, ceux concernant Pfizer, etc… 
- Le Monde. « Des milliers de manifestants contre le projet de passe vaccinal à Paris. »


09-01-2022.
- Libération. «Libération a identifié plus d’un millier de sites complotistes en France
… Plus de 33 millions de visites par mois. Ce chiffre hallucinant est celui des visites cumulées du seul top 10 des sites internet de désinformation en français recensés… Mais un autre chiffre frappe : les 100 plus importantes de ces plateformes totalisent au bas mot 60 millions de visites et 150 millions d’articles consultés chaque mois, selon les données accessibles publiquement. C’est l’équivalent de l’audience (calculée par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias) des sites de Libé, le Point, France Bleu et Europe 1… réunis. Pansionisme et complot du 11 Septembre, Eric Zemmour et le professeur Raoult, prétendu grand remplacement, mesures sanitaires comparées à des "crimes contre l’humanité", "nanoparticules" dans les vaccins contre le Covid-19… Parcourir ces sites est une plongée dans ce qui se fait de pire en matière de fausses informations. »
- Touche pas à mon poste. C. Hanouna interviewe (à distance) D. Raoult, précisant d’abord que ce dernier aurait dit que les frères Bogdanov aurait dû se faire vacciner (ceci est exact ; il l’a dit sur le site Femme actuelle du 6 janvier). On peut rappeler que ces derniers se disaient en bonne santé, faisaient du sport, avaient, d’après ceux qui les côtoyaient, une alimentation très contrôlée et, ironie du sort, avait totale confiance dans les propos de D.Raoult, propos qu’ils ont donc, d’après lui, « surinterprétés ».
Le problème est qu’il semble ne pas avoir été les seuls à être dans ce cas, en raison, à mon sens, des positions assez floues, voire parfois contradictoires, du Pr Raoult.
Voici ce qu’il répond à Hanouna : « En général, jusqu'à 50 ans, il n'y a pas d'endroit dans lequel on voit une surmortalité depuis deux ans liée à ce virus. Ça peut faire partie d'une stratégie de lutte contre l'épidémie mais on ne peut pas dire aux gens, "vous mettez votre propre santé en danger en ne vous vaccinant pas". On a l'impression que ça décroche à partir de 54 ans, concernant les risques de faire quelque chose d'un peu plus grave. On sait que c'est l'âge et l'obésité qui font le risque de cette maladie. » Ceci est répété par tous les spécialistes, à trois nuances près : 1) avec le Delta, il y a eu un certain nombre de personnes ayant moins de 50 ans et sans comorbidités qui se sont retrouvées en réanimation ; 2) la vaccination était préconisée non seulement pour se protéger mais aussi pour réduire la contagiosité, ce qui s’avère, il est vrai, nettement moins efficace avec Omicron ; 3) le « un peu plus grave » minimise beaucoup les conséquences.
Il ajoute : « Sur le plan épidémique
(c’est moi qui souligne car ce point semble avoir été scotomisé dans plusieurs médias), est-ce qu'on a une évidence que ça sert à quelque chose ? Je suis désolé de ne pas être d'accord avec les autorités, la réponse est non, ça ne contrôle pas l'épidémie. Pas du tout. C'est dans les pays où on a fait le plus de vaccins qu'il y a le plus de cas.»
Comme souvent, les propos du Pr. Raoult peuvent porter à interprétation et laisser planer, comme je le disais, un certain flou. Ici, il s’agit de réponses spontanées et on ne peut donc lui tenir rigueur de la confusion possible entre les deux expressions : « Servir à quelque chose » et « contrôler l’épidémie » qui ne signifient pas la même chose. Il apparaît en effet que la vaccination, à ce jour, protège bien des formes graves (donc elle sert), mais ne permet pas, effectivement, de contrôler l’épidémie (d’autant que les vaccins actuels ciblaient un virus qui n’est plus le même (déjà Delta, et encore plus Omicron). C’est ainsi que nombre de médias ont résumé abusivement : le Pr. Raoult dit que « le vaccin ne sert à rien », alors qu’il venait de dire auparavant, et dans d’autres interviews, qu’il n’est pas contre la vaccination anti-covid, qu’elle fait partie d’une « stratégie de lutte ».
Ensuite, dans l’interview, il affirme (ce qui va renforcer la confusion) que les pays les plus vaccinés ont davantage de cas, sans donner ni exemples ni explications (au risque que cela soit pris comme argument par des antis-vaccin).
Je suis donc allé voir ce qu’il en était. Le site Huffpost m’a paru le plus précis à ce sujet, mais c’est un article en date d’avril 2021 : « Bons élèves de la vaccination contre le coronavirus, les États-Unis, le Chili et dans une moindre mesure les Émirats arabes unis ont un problème. Ils ont eu beau vacciner à tour de bras depuis les premiers mois de 2021, ils font aujourd’hui face à une augmentation du nombre de cas, à la différence d’autres premiers de la classe comme Israël… aux États-Unis en particulier, l’augmentation des chiffres est largement due aux plus jeunes: les adolescents, à la différence de 2020, sont désormais la classe d’âge où le virus augmente, alors que près d’un adulte sur deux est vacciné, faisant de fait une barrière à l’infection. Ce phénomène, ajouté à l’omniprésence d’un variant britannique plus contagieux, change la démographie du virus… Aux États-Unis comme au Chili et aux Émirats arabes unis… la population relâche ses efforts pour respecter les gestes barrière et la distanciation sociale, parfois avec le soutien des pouvoirs publics qui ont arrêté trop tôt les restrictions de déplacements, de rassemblements et d’ouvertures de commerces… avec un vaccin efficace à 70%, une augmentation significative du nombre de contacts dans la population ne risque pas de faire décoller outre mesure le nombre de cas… Avec à peine plus de 50% d’efficacité, le vaccin Sinovac au Chili pourrait avoir contribué aux mauvais chiffres de contamination. »
 https://www.msn.com/fr-fr/lifestyle/trucs-et-astuces/coronavirus-pourquoi-des-pays-tr%C3%A8s-vaccin%C3%A9s-voient-ils-le-nombre-de-malades-augmenter/ar-BB1fol9y
Il apparaît qu’avec Omicron (qui n’existait pas en avril 2021), la donne change encore beaucoup (variant qui s’est développé en Afrique du Sud, pays peu vacciné et ayant un grand nombre de personnes porteurs du VIH, donc immunodéprimés, ayant favorisé la permanence du virus et ses mutations).
Depuis longtemps d’ailleurs, les épidémiologistes disent qu’une couverture vaccinale en dessous de 90% est insuffisante et que le virus se répliquera et mutera facilement, notamment dans les pays non-vaccinés, et se propagera dans les populations peu ou pas vaccinées, comme c’est le cas maintenant avec les enfants. Ils ont toujours dit aussi qu’un variant pourrait un jour être insensible aux vaccins actuels, ce qui est en partie le cas pour l’Omicron.
D. Raoult a aussi évoqué la question des anticorps facilitants qui peuvent aggraver l’infection dans les trois semaines qui suivent le vaccin. Mais, d’après d’autres spécialistes, dans le cas du vaccin anti-covid, la balance entre anticorps neutralisants et anticorps facilitants serait en faveur des premiers dans la mesure où on ne voit pas de vaccinés ayant produit des formes sévères de la maladie mais au contraire une protection contre les formes graves.
Un site d’échanges où la question paraît assez bien traitée: 
 https://www.reddit.com/r/france/comments/s0momb/covid19_les_vaccins_peuventils_augmenter_le/
Cette question des anticorps facilitants et des pays vaccinés où il y aurait davantage de cas de covid a été reprise les jours suivants par divers médias et spécialistes (voir un peu plus loin).

11-01-2022.
- Libération. « Face à la décorrélation entre nouveaux cas positifs et formes graves nécessitant une hospitalisation, plusieurs scientifiques et responsables politiques appellent à changer de grille de lecture pour suivre l’épidémie, et à se focaliser sur les seules formes sévères…
Selon le professeur de maladies infectieuses et tropicales Bruno Hoen : Les données dont on dispose aujourd’hui montrent qu’une vaccination complète et récente permet de protéger contre les formes graves, et même bien souvent contre les formes symptomatiques tout court, y compris avec omicron. En parallèle, le variant omicron, devenu largement majoritaire parmi les cas de Covid-19, semble plus contagieux, mais moins facteur de cas graves (sans que l’on sache s’il est intrinsèquement moins sévère, ou si cette moindre sévérité est due au fait qu’il touche des personnes immunisées, par des infections passées ou la vaccination)… Par conséquent, entre le découplage nombre de nouveaux cas /hospitalisations et l’inflation des tests, cela n’a plus aucun sens maintenant de compter les tests positifs, estime l’épidémiologiste Bruno Hoen. A son sens, il faut arrêter d’utiliser cet indicateur-là, et regarder uniquement le nombre de formes graves qui sont admises à l’hôpital. C’est ça l’indicateur important… [Cependant] Pour l’épidémiologiste Yves Coppieters, interrogé par LCI, il faut continuer à scruter les deux indicateurs, même s’ils ne sont plus liés. Car veiller aux contaminations» permet aussi de surveiller les caractéristiques des personnes contaminées. Une démarche selon lui essentielle quand on sait que l’âge, les comorbidités et le statut vaccinal» sont des informations déterminantes en vue «d’anticiper l’évolution de l’épidémie.

12-01-2022.
L’Express. « Chef du service des urgences et du SMUR de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Mathias Wargon bataille contre les admirateurs de Didier Raoult, les antivax ou les "rassuristes"…
Quand il y a un accident sur la route et que la route est bloquée, je ne dis pas que nous sommes dans une dictature des pompiers ! On demande aux médecins leur avis, nous le donnons. Mon boulot, c'est de dire que fumer est mauvais pour la santé, et que le meilleur moyen de réduire la circulation du virus, c'est de rester chez soi… Le casque à moto, la ceinture en voiture, c'est attentatoire à ma liberté. Mais c'est quand même la société qui paye si j'ai un accident, donc il est normal qu'elle impose des règles. La liberté, c'est très bien - quand on est tout seul... je trouve que les pouvoirs publics ne s'en sont pas si mal sortis. Ils ont navigué à vue, avec des données souvent contradictoires, mais tous les autres partis, au moins les partis traditionnels, du PS à LR, auraient certainement fait pareil… C'est sûr qu'il est plus facile de faire comme Martin Blachier et Gérald Kierzek, d'aller sur les plateaux pour dire qu'il ne se passe rien. Eux n'ont aucune responsabilité, ils peuvent dire ce qu'ils veulent. Demain on aura oublié toutes leurs bêtises, car il y a forcément un moment où ils auront raison quand cela va aller mieux… Évidemment, le vaccin n'est pas parfait, il protège mal contre la transmission du virus, mais c'est encore la meilleure arme dont nous disposions. »

13-01-2022.
- L’Express. « L'épidémiologiste Dominique Costagliola se montre très critique envers l'exécutif ou les experts médiatiques qui minimisent la vague Omicron et promettent une chimérique immunité collective.
» https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/omicron-croire-que-cette-vague-sera-la-derniere-c-est-de-la-pensee-magique_2165655.html

14-01-2022.
- Mediscoop.net
. « Aurélie Foulon remarque dans Le Parisien qu’« alors que les hôpitaux franciliens sont plus à flux tendu que jamais, la situation est critique aux urgences pédiatriques. Entre la hausse d’activité et les arrêts maladie des personnels soignants, plusieurs établissements ne peuvent plus prendre en charge les jeunes patients ».
- La Croix. Selon Alain, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, "Il n'y a pas d'éléments qui incitent à généraliser la quatrième dose".
- Libération.
« Selon... différentes sources, la vaccination engendrerait non seulement la production d’anticorps neutralisants (qui bloquent le virus), mais également la production «d’anticorps facilitants» qui permettent au virus d’infecter certaines cellules immunitaires. Différentes portions de la protéine spike, codée par l’ARN messager des vaccins, amèneraient l’organisme à produire ces différents anticorps. Une thèse notamment évoquée par Didier Raoult, vendredi et samedi sur C8 dans les émissions de Cyril Hanouna et de Jean-Marc Morandini, à l’appui d’une seconde affirmation – selon lui, les vaccinés connaîtraient un surrisque d’infection peu après leur vaccination…Les épidémiologistes interrogés par CheckNews expliquent n’avoir connaissance d’aucuns travaux qui montreraient que les vaccinés sont plus à risque d’infection que les non-vaccinés suite à la vaccination – y compris pour les infections avec les variants les plus récents… » L’article étant long et comportant plusieurs liens, voici l’adresse de la page: https://www.liberation.fr/checknews/anticorps-facilitants-est-il-vrai-que-le-vaccin-peut-favoriser-linfection-comme-laffirme-didier-raoult-20220113_BJVI6IVCZVB6LOCVZPISJHRYOA/?xtor=EREC-21-%5BNL_CheckNews__14-01-2022_2%5D-&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS-UBd63P8t4wLE_r4y6h3E3&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=514133
- Le Monde parle à son tour des anticorps facilitants : « De nombreux antivax affirment que les vaccins facilitent l’infection. Ce phénomène immunologique a déjà été observé avec le vaccin contre la dengue. Pour ce qui concerne le Covid-19, les cas sont en revanche très rares et n’ont pas été confirmés. » https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/01/14/covid-19-et-anticorps-facilitants-les-vaccins-aggravent-ils-les-infections-au-coronavirus_6109515_4355770.html
- Le Figaro. « Anne-Laure Frémont indique ainsi que « les autorités enregistrent 75.000 cas quotidiens chez les 0-19 ans, et la hausse se poursuit. Chez les moins de 10 ans, le taux d’incidence frôle les 2500 cas pour 100.000 en moyenne hebdomadaire… le virus circule donc très activement chez les enfants et cette flambée se répercute dans les hôpitaux où sont actuellement pris en charge 405 enfants de 0 à 9 ans, dont 79 en soins critiques. Un nombre multiplié par 4 par rapport aux précédentes vagues. Le Pr Amouyel remarque que "cela ne signifie pas qu’Omicron est plus virulent chez les enfants, note l’épidémiologiste, mais le volume des contaminations est tel que le nombre de cas graves augmente". Anne-Laure Frémont précise que "la hausse est surtout marquée chez les enfants de moins de 2 ans, selon Santé publique France. Chez les 10-19 ans, plus vaccinés, les admissions en soins critiques (19) sont plus rares en dépit d’une incidence qui explose (elle dépasse 4450)"… Malgré cette flambée des cas, la vaccination des plus jeunes patine. »
- Le Monde. «Le vaccin de Novavax autorisé en France par la Haute Autorité de santé. Les premières injections de ce vaccin, qui utilise une technologie classique ne reposant pas sur l’ARN messager, pourraient avoir lieu début février, a déclaré la semaine dernière le ministère de la santé.»

16-01-2022.
- L’Express. « Parmi les arguments évoqués par les personnes non-vaccinées, un argument revient souvent : le vaccin leur aurait été déconseillé par un proche soignant…
Au 13 septembre, l'Assurance maladie comptait 2,5% de non-vaccinés chez les médecins exerçant en libéral… "Des médecins médiatiques ont pu prendre des positions très étonnantes et ont fait beaucoup de mal, concède le Dr Boyer, à la tête de la branche santé publique du Conseil national de l'Ordre des médecins. Il est compréhensible que d'honnêtes médecins de familles, qui se sont retrouvés très seuls en 2020, aient pu être déstabilisés par ces propos." »
- Ouest-France. « Le chancelier autrichien a annoncé, dimanche 16 janvier, que la vaccination contre le Covid-19 sera obligatoire pour tous les adultes, à compter de début février. »

17-01-2022.
- Libération. « Quelle est la part des non-vaccinés en réanimation et à l’hôpital dans les autres pays d’Europe? »
L’article explique les différences, prêtant à confusion, entre chiffres de la Drees, « qui publie des données sur le statut vaccinal des personnes en soins critiques (et donc pas seulement en réanimation) » et qui différencie stocks et flux (ce qui, pour le néophyte, ne rend pas les choses simples), et chiffres de la SFAR (Société française d’anesthésie et de réanimation) qui ne comptabilise que les réanimations. Drees et Sfar considèrent comme non vaccinés les personnes qui n’ont reçu aucune injection. Dans les autres pays européens, les pourcentages sont proches de ceux de la France : environ entre 50 et 70 % de non vaccinés en soins intensifs. « Relativement à leur part dans la population générale, les non-vaccinés sont surreprésentés, que ce soit dans les hospitalisations pour Covid ou, encore davantage, dans les admissions en soins intensifs. Et ce dans tous les pays. »
- L’Obs. « La fortune des milliardaires a augmenté plus rapidement en dix-neuf mois de pandémie qu’en plus de dix ans, dénoncent les responsables de l’ONG Oxfam dans un rapport publié ce lundi 17 janvier à l’occasion de l’ouverture de l’Agenda de Davos… A elles seules, les cinq premières fortunes de France ont doublé leur richesse depuis le début de la pandémie : elles ont gagné 173 milliards d’euros. C’est près de ce que l’Etat a dépensé pour faire face au Covid-19 en un an ! Ces cinq milliardaires possèdent désormais autant que les 40 % les plus pauvres en France… Côté global : Depuis la pandémie, le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures, alors que 160 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté… S’ils se sont enrichis, ce n’est pas grâce à la main invisible du marché, ni par des choix stratégiques brillants, mais principalement en raison de l’argent public versé sans condition par les gouvernements et les banques centrales dont ils ont pu profiter grâce à une montée en flèche des cours des actions… La plupart de ces enrichissements restent « théoriques » : si la Bourse baisse ou si le prix de l’immobilier diminue – deux mouvements possibles, si l’inflation repart réellement et entraîne une hausse des taux d’intérêt –, les chiffres actuels se dégonfleraient et les milliardaires retomberaient à leur niveau d’avant la crise sanitaire. Il n’empêche que, pour le moment, les écarts de fortune entre riches et pauvres n’ont jamais été aussi élevés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, que les Etats n’ont jamais été aussi endettés et que rien n’est prévu effectivement pour créer un mouvement de balancier entre les deux phénomènes, qui pourrait contribuer à réduire les fameuses inégalités. »
- L’Express. « Le passe sanitaire devient vaccinal, dans l'espoir de pousser à la vaccination. Le Pr Alain Fischer (pédiatre et immunologue, préside le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale) défend cette mesure, tandis que le Pr Eric Caumes (infectiologue, chef de service à l'Hôtel-Dieu) s'y oppose.
- Ouest-France. « Le vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) a affirmé ce lundi 17 janvier matin que les restaurateurs ne contrôleraient pas l’identité des détenteurs de passes vaccinaux. »
« La pilule de Pfizer autorisée au Canada. »
- Mediapart. « Didier Raoult : deux ans d’enquête sur une imposture » : Vidéo sur les erreurs du Pr Raoult depuis le début de la pandémie. Mediapart lui fait un "procès" uniquement à charge, ce qui est toujours un peu gênant.

19-01-2022.
- Hier soir, à C ce soir, sur la 5 : « Le fragile équilibre entre liberté et sécurité s’est-il rompu ?»
« Pour débattre de ces questions, Stéphanie Hennette-Vauchez, professeure de droit à l’université de Nanterre, Mathieu Slama, essayiste, Bruno Bonnel, député LREM du Rhône, mais aussi Bruno Lina, virologue membre du Conseil scientifique et Karine Lacombe, cheffe des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine. » Il y a eu précédemment dans cette émission un ou deux débats proches de celui-ci. Mme Henrette-Vauchez et Mathieu Slama insistent sur les atteintes aux libertés par le gouvernement, et craignent que l’état d’urgence (mis en place d’abord après les attentats de 2015) devienne quasi permanent, étant donné les crises à venir. Mme Hennette-Vauchez critique surtout l’absence de clarté du gouvernement sur les buts, la durée des mesures, leur encadrement… Pour M. Slama, le principe de liberté doit être supérieur à tout le reste. Le député LREM Bonnel explique que l’Assemblée débat mais que les oppositions n’ont rien proposé de précis pour combattre l’épidémie, que les mesures mises en place ont eu pour but de limiter le nombre de morts et d’éviter le débordement des hôpitaux. Le Dr Lacombe rappelle les étapes de l’épidémie et estime que, globalement, et après le recul des 2 années, le gouvernement ne s’est pas trop mal débrouillé, si on compare avec les autres pays européens. Le virologue B. Lina indique qu’il y a eu de nombreux débats au sein du Conseil scientifique, que celui-ci n’a fait que présenter les mesures qui lui paraissaient les plus adéquates à la situation sanitaire, et que l’Exécutif n’a pas toujours suivi ses propositions. Débat serein mais vraiment contradictoire. Vers la fin, le Dr Lacombe demande à Mr Slama ce qu’il fallait faire selon lui. Pas de réponse, sinon que, d’après lui, la mortalité ne peut être prétexte à l’atteinte aux libertés. Alors vous auriez laissé faire ? demande le député. Pas de réponse. En quoi vos libertés ont-elles été autant restreintes ? demande Laure Adler à M. Slama, ajoutant que la fraternité, c’est accepter certaines contraintes si elles sont bénéfiques pour le plus grand nombre.
Questions importantes, donc, posées dans ce débat puisque sont confrontés, mis en tension, deux principes essentiels de la République : la liberté et la fraternité. Il y a en effet des situations où l’une apparaît en contradiction avec l’autre.
- Le Parisien. «Le chirurgien Laurent Lantieri, lance l’alerte : les conséquences des opérations annulées peuvent être graves pour les malades. Il appelle à réformer profondément le système de santé… Le chirurgien indique que "pendant la première vague, j’ai dû reporter plusieurs mastectomies préventives contre la survenue d’un cancer. Sur des femmes qui ne sont donc PAS malades. Eh bien, trois de ces patientes déprogrammées de mai à octobre ont développé leur cancer dans ce laps de temps, deux du sein, une de l’ovaire. On expose des malades non-Covid à des pertes de chance, à des retards de dépistage et de prise en charge…" Il précise que "si on n’opère pas, c’est surtout parce qu’il manque du personnel. On est là face à un vrai problème de santé publique. […] Les soignants qui travaillent au bloc ne sont pas considérés à leur juste valeur, les salaires sont trop bas. On assiste à un départ massif d’infirmières. Le virus ne fait qu’exacerber une situation qui s’est installée dans nos hôpitaux depuis 25 ans, c’est-à-dire lorsque les objectifs de dépenses de sécurité sociale ont pris le pas sur les politiques de santé publique. Le mal est profond, le système déjà fragilisé est en train de s’effondrer. Il faut le réformer en profondeur" ».
- Nice-Matin. « La chanteuse d'un groupe folk tchèque qui s'opposait avec virulence à la vaccination, notamment sur les réseaux sociaux, est morte dimanche 16 janvier après avoir délibérément contracté la Covid, rapportent les journaux locaux. Hanka Horka, 57 ans, avait décidé d'attraper le virus autour de Noël auprès de son fils et de son mari, vaccinés mais positifs, afin d'obtenir un pass sanitaire et pouvoir circuler librement, a annoncé sa famille… [Son fils] Jan Rek a accusé les figures locales de la mouvance anti-vaccin d'avoir convaincu sa mère de ne pas se faire vacciner et d'avoir ainsi "du sang sur les mains". "Je sais exactement qui a forgé son opinion (...). Je suis triste qu'elle ait cru des étrangers davantage que sa propre famille. Ce n'était pas que de la désinformation totale, c'était aussi des avis sur l'immunité naturelle et les anticorps créés en attrapant la maladie", a regretté son fils.
- France info. « Des études sur des femmes enceintes ont révélé que les deux vaccins anti-Covid-19 de Pfizer et Moderna, fabriqués avec la technologie à ARN messager, ne présentent aucun risque pour les mères ou les bébés, a déclaré (en anglais) l'Agence européenne des médicaments (EMA), mardi 18 janvier. Pour arriver à ces conclusions, le groupe de travail de l'EMA a effectué un "examen approfondi de plusieurs études" – la bibliographie en cite une douzaine… Les vaccinations ont également fourni une protection accrue contre les hospitalisations et les décès, en particulier en fin de grossesse. "L'examen (...) suggère que les avantages des vaccins anti-Covid à ARNm pendant la grossesse l'emportent sur tous les risques possibles pour les femmes enceintes et les bébés à naître", a souligné l'EMA. »
- Sud-Ouest. « Pourquoi certains ne sont jamais contaminés ?... Tous les groupes sanguins ne semblent pas avoir les mêmes capacités à résister au virus. Le groupe O serait relativement épargné, de l’infection et des formes graves de la maladie, selon une étude de l’Inserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale). Inversement, une étude canadienne montre que les groupes A et AB sont plus à risque de rester longtemps en réanimation ou d’avoir recours à la ventilation mécanique… L’autre explication pourrait être génétique. Certains bénéficient face au Covid d’une sorte de « super immunité » : une même inégalité physiologique qui fait que, hors pandémie, certains ne sont jamais malades, d’autres beaucoup plus souvent. Dans la même catégorie, figurent ceux qui l’ont eu et ont développé des formes asymptomatiques et indécelables de la maladie… Les bons vieux rhumes sont eux aussi des coronavirus. Selon une étude anglaise, le corps pourrait se souvenir les avoir combattus et appliquerait la même défense, avec succès, face au Sars-Cov-2. Ce serait notamment le cas chez les enfants, particulièrement sujets au nez qui coule et très résistants au Covid-19, bien que très infectés… Selon une page du site de l’OMS qui liste les fausses idées reçues sur le virus, les minéraux et vitamines, malgré tous les bienfaits qu’ils procurent, ne servent à rien face au Covid-19. Un traitement préventif à l’hydroxychloroquine non plus. Encore moins l’alcool… »
- La République du Centre. « Dans le Loiret et en Centre-Val de Loire, la contamination ne faiblit pas… l'Agence régionale de santé fait état de 118 personnes en réanimation et soins critiques dans le Centre-Val de Loire (elles étaient 121 dans le dernier bulletin, diffusé vendredi 14 janvier). »
- LCI. « Seuls 3% des enfants de 5 à 11 ans ont reçu une dose du vaccin pédiatrique… Le produit Pfizer pédiatrique "protège individuellement des formes graves", rappelle… le ministère de la Santé, alors que 64 enfants se trouvent actuellement en réanimation pour une infection Covid-19. Le vaccin "protège aussi des effets des Covid longs", assure le ministère. Autant d'arguments qui doivent permettre d'améliorer la couverture de cette tranche d'âge, pour qui la vaccination n'est ni obligatoire, ni soumise au pass sanitaire ou vaccinal. »
- France bleue. « "Au CHU de Rennes, un enfant par semaine fait une forme grave du Covid-19", explique une pédiatre de l'hôpital… Pour l'instant, en Ille-et-Vilaine, seulement 2% des enfants concernés ont fait leur vaccin, c'est l'un des taux les plus bas de France… On voit bien aussi qu'il y a moins de complications dans les collèges et lycées où la population est plus vaccinée. Donc, on aura aussi un bénéfice pour les enfants de pouvoir continuer à aller à l'école et de maintenir les écoles ouvertes… il y a un vrai bénéfice collectif à la vaccination des enfants pour diminuer la circulation des virus. J'ajoute que les enfants reçoivent déjà des vaccins obligatoires pour des bénéfices collectifs. Quand vous vaccinez un garçon contre la rubéole, c'est bien pour empêcher la circulation chez les femmes enceintes et inversement. Quand on vaccine une fille contre les oreillons, c'est bien pour éviter les formes graves chez les garçons. Donc, la politique de vaccination, c'est vraiment une politique qui se voit de façon collective et avec un enjeu de santé publique. »
- La Dépêche.fr. « Contracter le Covid-19 contribuerait-il au risque de développer la maladie d'Alzheimer ? Plusieurs scientifiques tentent actuellement de comprendre pourquoi certains patients présentent des symptômes persistants, en particulier une forme de "brouillard cérébral", après avoir contracté une forme grave du Covid-19. Bien que les résultats d'études soient encore maigres à ce jour, certaines découvertes pourraient présenter un lien de corrélation entre les signes de lésions cérébrales développées chez les personnes âgées ayant contracté le virus et celles souffrant d'Alzheimer. Une étude d'autopsie publiée en juin 2021 a prélevé des échantillons de cerveau de huit patients atteints d'une forme grave de Covid-19. "Ils n'ont montré aucun signe de virus dans le cerveau, mais ont permis de trouver des microglies, des cellules qui agissent dans le cadre du système immunitaire du cerveau, avec des changements pathologiques ressemblant à ceux observés chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer" révèle National geographic… Selon les scientifiques, il faudra encore des années, voire des décennies, avant de savoir si contracter le Covid-19 contribue au risque de développer la maladie d'Alzheimer. »
- Le Monde. « A la fin octobre 2021, 157 articles en lien avec la pandémie avaient été retirés de revues. Le décompte est désormais de 206. Ce ménage éditorial a concerné huit cas impliquant des chercheurs travaillant en France… Est-ce beaucoup ? Difficile à dire tant le nombre d’articles sur le Covid-19 publiés est mal connu. La base de données Scopus de l’éditeur Elsevier, qui fait référence, en dénombre plus de 200 000 fin 2021. Celle établie par l’Organisation mondiale de la santé plus du double. Et celle de l’entreprise Dimensions frôle les 800 000… les raisons des retraits ne sont pas données dans la moitié des cas, laissant le lecteur sur sa faim. Près de 18 % des cas correspondent à des problèmes liés aux données.»

20-01-2022.
- Jim.fr. « Le passe sanitaire aurait sauvé la vie de 4 000 personnes…
selon une étude menée par le Conseil d’analyse économique… Avant toute chose, précisons que le CAE est un organe rattaché à Matignon et dont les membres sont nommés par le Premier Ministre. Bien que les auteurs de l’étude soient des économistes, mathématiciens et épidémiologistes éminents, on ne peut affirmer de l’indépendance totale de cet organisme… les auteurs de l’étude estiment que, sans passe sanitaire, seulement 65,2 % des Français auraient été vaccinés au 15 décembre, contre 78,2 % en réalité… les auteurs n’ont pris en compte que l’effet de la vaccination sur le risque de développer une forme grave et non sur le risque d’être contaminé (qui est moins net)… Malgré ce qu’il estime être un excellent bilan du passe sanitaire… le CAE se montre plus circonspect sur l’utilité du passe vaccinal, qui vient d’être adopté par le Parlement (et qui attend sa validation par le Conseil Constitutionnel). Pour les analystes, les 5 millions de Français qui ne sont toujours pas vaccinés seront sans doute difficile à convaincre… L’élément le plus intéressant de l’étude du CAE est sans doute la comparaison internationale qu’elle opère. Selon les analystes, si le passe sanitaire a permis à la France de gagner 13 points de vaccination, le même dispositif adopté à la même époque n’a fait progresser la vaccination que de 9,7 points en Italie et de 6,2 points en Allemagne. Le CAE explique la nette différence entre la France et l’Allemagne par le fédéralisme allemand (les règles ont longtemps différé entre les régions) et l’absence de ligne claire sur la question outre-Rhin. Mais ceci s’explique peut-être aussi par une différence de mentalité des populations concernées. L’étude ne comprend d’ailleurs pas de comparaison avec l’Espagne, un pays qui a atteint un taux de vaccination supérieur au nôtre (86,6 % contre 79,3 %) sans presque jamais utiliser de passe sanitaire. On a peut-être ici affaire aux génies des peuples : les Espagnols marcheraient à la conviction, les Français à la contrainte. »
- L’Indépendant. « Déjà présent en France, le variant BA.2 est déjà majoritaire au Danemark… Le sous-variant BA.2 présente plus de mutations que le variant Omicron originel. Il aurait été découvert en Inde… Le sous-variant serait plus difficilement repérable. En effet, BA.2 diffère de la variété "standard" d'Omicron car il échappe à la stratégie SGTF qui permet de détecter le variant via les tests PCR… BA.2 est dépourvu des mutations sur la protéine Spike et c'est la raison pour laquelle, il a échappé aux tests qPCR… BA.2 serait plus transmissible qu'Omicron", selon Tom Peacock, virologue au département des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres… Si la dangerosité supposée de BA.2 est assez proche de celle d'Omicron, il devrait y avoir la même réponse des vaccins. Soit une efficacité prouvée sur les formes graves mais pas sur les transmissions… Les premières réponses sur ce que sera l'avenir de ce variant BA.2 ne sont pas attendues avant plusieurs semaines. En attendant, Omicron fait toujours la une avec des records de contaminations notamment en France. »
- Portail Orange. « On ne sait effectivement pas grand-chose de BA.2, si ce n'est qu'il compte 28 mutations de plus qu'Omicron. Il a déjà été repéré en Israël, à Singapour, en Inde, au Royaume-Uni, aux Philippines ou encore en Chine. "Nous ne connaissons ni son origine, ni sa virulence, ni sa capacité d'échappement à l'immunité, y compris celle conférée par Omicron, selon le Pr Flahaut. En revanche, il semble qu'il soit plus contagieux." En France, selon Le Parisien, BA.2 a été repéré dans une vingtaine de cas, mais le pays ne séquence que peu, par rapport au Danemark, par exemple. »

21-01-2022.
- Libération. « Dans quel cadre les figures antivax Perronne, Montagnier ou Henrion-Caude ont-elles été reçues au Parlement du Luxembourg ? …
tous trois avaient été conviés à présenter leurs positions sur la vaccination par deux pétitionnaires luxembourgeois, dont les textes s’opposant, l’un à l’introduction d’une vaccination obligatoire et, l’autre à la vaccination des enfants dans leur pays, ont chacun récolté 11 456 et 4 674 signatures. [Ce qui leur a permis d’être entendus par les députés et de pouvoir s’entourer d’intervenants extérieurs]… Alexandra Henrion-Caude et Luc Montagnier ont répété les éléments de langage qu’ils égrènent depuis le début de la campagne vaccinale. Pour la généticienne, les vaccins anti-Covid sont des produits "encore en phase d’essais cliniques", en cours de développement. Quant à Montagnier… il a assuré que ces vaccins étaient "des poisons" et non "des vrais vaccins"… Devant les députés, Perronne insiste sur l’inutilité à ses yeux des campagnes vaccinales, reprenant l’argument de Luc Montagnier selon lequel la vaccination représente un danger : "Les données de pharmacovigilance montrent qu’il y a déjà eu 36 000 décès post-vaccinaux signalés en Europe et 25 000 aux Etats-Unis, ce qui est énorme."… En réponse à ces propos, plusieurs élus présents ont exprimé leurs désaccords… Comme le rapporte le Luxemburger Wort, la ministre de la Santé, Paulette Lenert, a vivement réagi face à la teneur des débats : "Vous faites comme s’il s’agissait d’une petite grippe. Ce n’est pas le cas." Ainsi, non seulement leurs interventions n’ont pas convaincu les parlementaires luxembourgeois, mais ceux-ci ont regretté que ces scientifiques critiqués en France par leurs pairs aient pu s’exprimer. Pour rappel, auparavant infectiologue et professeur des universités reconnu, Christian Perronne a été démis en décembre 2020 de ses fonctions de chef de service à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) par l’AP-HP, puis poursuivi dans la foulée par l’Ordre des médecins… Ancienne directrice de recherche à l’Inserm, Alexandra Henrion-Caude a quitté l’institution au début de l’année 2018, avant de prendre sa retraite à l’été 2019. Depuis qu’elle a émergé dans le camp des opposants à la politique sanitaire, l’institut de recherche médicale a pris ses distances avec son ancienne chercheuse et répète que celle-ci s’exprime en son nom propre. Enfin, une bonne partie de la communauté scientifique s’est désolidarisée de Luc Montagnier, qui fut longtemps un éminent médecin, connu pour avoir découvert le virus du Sida avec son équipe. Le professeur "accumule les impostures scientifiques et médicales à force de se prononcer dans des domaines où il n’est pas compétent", écrivaient en 2012 une quarantaine de prix Nobel dans une pétition. Par la suite, il a également été désavoué par l’Académie nationale de médecine, et par l’Institut Pasteur. Au vu du pedigree de ces trois scientifiques, les députés du Luxembourg auraient sans doute préféré avoir connaissance à l’avance de la composition du panel entourant les pétitionnaires. Mais le choix des intervenants ne relève aucunement de la Chambre des députés, et il n’existe "pas de règles ou de validation" permettant d’éviter les profils problématiques, indique au journal Luxemburger Wort la présidente de la commission des Pétitions, Nancy Arendt. »
- Le Parisien. « Allègement des contraintes sanitaires : "C'est très imprudent", estime l'épidémiologiste Catherine Hill… "Les gens vont penser que ça va mieux et vont faire moins attention. Or, la situation est loin d’être épatante, et d’autres variants contagieux, comme BA.2, émergent… Aujourd’hui, on est dans une politique de vivre avec le virus, on a décidé de le laisser circuler. C’est un pari risqué.»
- Jim.fr. « Le gouvernement révèle… un certain goût du paradoxe, puisqu’il allège considérablement les mesures en lien avec la Covid le jour même d’un nouveau record de contaminations (+ de 500 000, mais le chiffre précis n’est pas encore publié).»
- L’Obs. « Le Conseil constitutionnel valide le pass vaccinal, en vigueur dès lundi.»
« Plusieurs membres de la communauté scientifique ont fait part de leur inquiétude à la suite des annonces de Jean Castex, et craignent que la levée des restrictions soit trop précoce.»
- L’Express. « "En réalité, à ce stade, nous sommes confrontés à trois inconnues majeures : l'émergence de variants résistants à l'immunité déjà acquise, mais aussi le devenir respectif d'Omicron et de Delta", rappelle le Pr Renaud Piarroux
, chef de service de parasitologie à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris (AP-HP) et chercheur à l'Institut Pierre Louis d'épidémiologie. On entend beaucoup qu'Omicron devrait supplanter Delta, comme Delta avait fait disparaître Alpha, Bêta et Gamma. Mais pour le Pr Piarroux, cette évolution n'est pas gravée dans le marbre. "Omicron est tellement contagieux qu'il pourrait très rapidement ne plus trouver de personnes à infecter. S'il finit par disparaître, et que Delta persiste, on retournerait à la case départ", imagine le médecin. Des premières études avaient montré qu'une infection à Omicron protégeait contre Delta, mais des résultats plus récents, encore non publiés mais évoqués par l'OMS, montrent une réalité plus complexe.»
- Marianne. «Frères Bogdanoff, Hanka Horka : les décès de non-vaccinés ne font pas douter les antivax… L’histoire de Hanka Horka a été massivement diffusée sur les réseaux sociaux. Mais pour certains, hostiles à la vaccination, ce drame reste suspect et n'a pas suffi à entamer leurs certitudes sur le sujet… En France, la mort des jumeaux Bogdanoff avait également donné lieu à des dénégations de la part des non-vaccinés… Une rumeur selon laquelle Grichka avait un cancer a circulé peu de temps après l’annonce de sa mort. Une fausse information démentie par l’avocat des jumeaux, maître Édouard de Lamaze, qui rappelle que "la situation de santé de Grichka ne présentait aucun cas de comorbidités"… Pour [l’avocat antivax] Di Vizio, rien ne dit que les Bogdanoff seraient toujours en vie s’ils avaient reçu le sérum, malgré toutes les études démontrant l’efficacité des vaccins sur la protection et la diminution des risques de faire une forme grave. D’autres, comme l’ex-médecin urgentiste Harry Schepens, vont jusqu’à affirmer selon l'Express que les jumeaux auraient peut-être survécu "s’ils avaient été soignés avec le protocole de Didier Raoult", à base d'hydroxychloroquine… Faire fi des arguments rationnels pour sélectionner ceux qui conviennent à sa vision du monde, c'est ce qu'on appelle des "biais de confirmation" estime la psychiatre Christine Barois. Cette rhétorique se justifie souvent par le "besoin de se rassurer des angoisses existentielles" selon le psychologue clinicien et maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie, Florent Poupart… "Aujourd’hui, la science est devenue un discours parmi tant d’autres, elle ne convainc plus tout le monde comme par le passé", analyse le clinicien. Pour Florent Poupart, les personnes hostiles à la vaccination "vont avoir tendance à développer des rhétoriques absolument irrationnelles difficiles à déconstruire par des arguments rationnels". Le psychologue lui-même intervient "en écoutant la souffrance qui se trouve derrière et, potentiellement, adoucir le rapport du sujet avec son idéologie afin qu’elle soit moins débordante pour lui et de minimiser le passage à l’acte" comme les incendies de centres de vaccination ou les violences en manifestations. Mais pour Florent Poupart, le psychologue ne doit pas tenter de corriger la pensée de ses patients. "On ne le pourrait pas au nom de la liberté de pensée qui est un droit fondamental". Et de tenter une comparaison : "tout comme on ne pourrait pas rendre un croyant athée !"
- Ouest France. « La Haute autorité de Santé a autorisé l’accès précoce au Paxlovid, un traitement antiviral qui réduit de 85 % le risque de développer une forme grave du Covid-19. Il s’adressera en priorité aux personnes fragiles. Les premières livraisons sont attendues dans les prochains jours… Cette pilule est administrée par voie orale à raison de trois comprimés par jour pendant cinq jours. Il est recommandé de la prendre dès que possible après le diagnostic positif au Covid-19 et au maximum dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes. Efficace contre Omicron, ce traitement réduit d’environ 85 % le risque d’être hospitalisé ou de décéder du Covid, selon les études cliniques. La HAS relève toutefois que l’antiviral est contre-indiqué chez les personnes avec une insuffisance hépatique sévère ou une insuffisance rénale sévère. Elle pointe également le risque important d’interactions médicamenteuses lors de la prise de Paxlovid pour les patients qui prennent un autre traitement.»
- Mediapart. «Omicron déferle sur la Russie alors que le pays vient déjà de traverser une terrible année 2021 et déplore plus de 900 000 morts excédentaires depuis le début de la pandémie. Une hécatombe acceptée par l’État mais aussi par la population, peu encline à la vaccination.»
- Jim.fr. «Le Conseil scientifique ne semble pas partager l’optimisme prudent du gouvernement et appelle au maintien des restrictions sanitaires. Au fur et à mesure de la crise sanitaire, le Conseil scientifique aura pris son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. S’il s’est au départ presque toujours rangé derrière l’avis du gouvernement, servant ainsi de caution scientifique aux décisions de l’exécutif, le Conseil présidé par le Pr Jean-François Delfraissy n’hésite plus désormais à critiquer les décisions des autorités. Le dernier avis des 16 scientifiques, publié ce jeudi au moment même où le Premier Ministre Jean Castex dévoilait son calendrier d’allégement progressif des mesures, illustre la position de contre-pouvoir qu’a adopté le Conseil… Pour le Conseil, la reprise épidémique des derniers jours est « possiblement liée à la reprise de la vie scolaire ». Pour faire ce constat, le Conseil s’appuie notamment sur l’augmentation importante du taux d’incidence chez les 3-17 ans, alors même qu’il a tendance à stagner chez les adultes. Le nombre de tests positifs chez les écoliers a augmenté de 40 % en une semaine selon l’Éducation Nationale… Le Conseil n’a… pas d’avis tranché sur l’utilité d’une 4ème dose et préfère "attendre des données scientifiques solides". Quant à une possible fin prochaine de l’épidémie, il est, pour les auteurs de l’avis, impossible d’affirmer que la vague Omicron créera une immunité collective suffisante pour cela. L’apparition d’un nouveau variant, dont l’arrivée est "difficile, voire très difficile à anticiper" reste tout à fait possible pour le Conseil. »
- Mediapart. Sur son Blog, Laurent Thines, professeur des universités et praticien hospitalier en neurochirurgie au CHRU de Besançon, écrit un assez long article sur « l’effritement de l’éthique médicale ». Il critique la gestion de la pandémie par le gouvernement, son autoritarisme, l’imposition du passe vaccinal pour les soignants (aboutissant à la « mise à pieds de 15.000 soignants » non vaccinés alors qu’il y a pénurie de personnel), l’ostracisation des non-vaccinés, et reproche à un certain nombre de professeurs de médecine d’avoir soutenue l’idée d’une discrimination au sujet d’une priorisation des patients. Il rappelle l’état catastrophique de l’hôpital depuis de nombreuses années. Ce débat a été décrit ailleurs, la majorité des médecins que j’ai entendus étant évidemment contre le tri des patients mais plusieurs reconnaissant que certains services y ont été contraints. Ce que critique fortement ensuite le professeur Thines (à juste titre à mon avis, si ce qu’il décrit est exact) c’est l’invitation en « janvier 2022 sur le fil tweeter de [la] Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) la proposition de participer à une étude en ligne (Philotest) promue par le CHU de Caen et portant sur le tri des malades à l’entrée en réanimation… Un test « proposé à tous les soignants quel que soit leur domaine professionnel et plus incroyable, comme le revendique l’un des auteurs de cette étude (Dr Gakuba - anesthésiste-réanimateur au CHU de Caen), aussi à l’ensemble des internautes… » Un test dans lequel, après «un rapide rappel des recommandations de pratique dans un contexte de raréfaction des ressources de santé», sont proposées 20 vignettes cliniques où il s’agirait de sauver ou sacrifier un des patients. L. Thines écrit : « Contacté par téléphone, l’auteur de cette expérimentation, mise en place avec la collaboration de Florian Cova, professeur en philosophie à l'Université de Genève et spécialiste en philosophie morale et sciences cognitives, défend son projet comme une étude purement formelle visant à disséquer notre machinerie mentale. En réalité, en filigrane, cette étude est l’application de la philosophie expérimentale et des théories utilitaristes à la médecine d’urgence en période de pandémie de Covid 19, où la polémique soulève de façon illégitime la question de réanimer ou pas les patients en fonction de leur statut vaccinal. Elle n’est pas non plus sans rappeler d’autres études menées pour la validation des algorithmes décisionnels des voitures autonomes en cas d’obstacle avec plusieurs piétons : choisir d’écraser la maman à la poussette, le vieillard ou le SDF… Comment peut-on résumer en un simple « jeu-vidéo à cliquer » (quand une simulation par jeu de rôle impliquerait de se mettre dans la complexité d’une situation réelle) la gravité de la décision médicale de « réanimer ou ne pas réanimer » un patient… De plus, comment se fait-il qu’une étude requérant un minimum de compétence éthique, psychologique et médicale puisse être proposée à des non-médecins ?... Sans parler des limites méthodologiques, on se demande comment les comités d’éthique du CHU de Caen et de la SFAR ont pu valider une étude dont les préceptes rappellent les pages les plus noires de l’histoire du XXè siècle…Nous médecins devons résister aux sirènes de la gouvernance libérale pour qui la vie humaine n’a de valeur que dans sa dimension utilitaire… »

23-01-2022.
- Les médias informent de l’agression, par des manifestants anti-passe vaccinal, dont ont été l’objet à Perpignan un député LREM et un conseiller parlementaire.
Ces agressions et menaces ont eu ces derniers mois plusieurs précédents, ce qui m’amène à quelques réflexions personnelles.
On peut, comme cela a été fait, analyser ces attitudes dans le cadre des tensions sociales liées à la situation de crise sanitaire, ainsi qu’à la période pré-électorale avec certains discours, déjà anciens, très radicaux. On peut aussi évoquer, non exclusifs des précédents, les ressorts psychosociologiques et psychologiques mettant en jeu les dynamiques inconscientes. Quand la haine apparaît, c’est que la personne se sent elle-même agressée. Agressée, en ce qui concerne la question du Passe vaccinal, par la contrainte et la limitation de liberté. Ces dernières entraînent soit la sidération ou la soumission, soit l’agressivité. Mais si le Passe vaccinal est refusé si fortement, c’est, très probablement, lorsque la vaccination l’est aussi. Les arguments en faveur de ce refus ont été commentés ci-avant, souvent en référence à des médecins et professeurs antivax, quand ce n’est pas à des discours qualifiés souvent de « complotistes » au sens où une main invisible serait à l’origine de cette crise. Ce refus du vaccin, après un an d’utilisation sur des milliards de personnes dans le monde, est la plupart du temps incompréhensible pour une majorité. Combien de médecins généralistes disent qu’ils ont abandonné les essais d’explication et de persuasion face à des patients totalement réfractaires.
Deux personnes que je connais très bien et de longue date m’ont dit, l’une qu’elle avait une peur viscérale du vaccin, la deuxième l’a indirectement associé aux pesticides si je l’ai bien compris, toutes deux s’appuyant dans le même temps sur ce que disent quelques scientifiques anti-vaccin. Ces appuis peuvent-ils être considérés comme rationalisation d’une peur plus profonde, celle d’être empoisonné par un produit qui leur paraît alors potentiellement dangereux et susceptible de nous modifier ? Cette crainte de l’intrusion corporelle, il ne s’agirait pas d’ailleurs de l’attribuer hypothétiquement aux seuls antis-vaccin, car on peut également se demander ce qui a amené les pros-vaccin à se faire vacciner, sinon, de manière parallèle, la peur d’une intrusion par le virus, peur amplifiée chez certains par les intubations au cours des réanimations. Peurs qui seraient donc assez semblables mais concernant des objets différents, la représentation du danger n’étant pas la même.
Bien sûr, ce n’est là qu’une explication partielle et généraliste, chaque psyché ayant ses propres déterminants. Cette perspective aurait peut-être conduit en tout cas à ne pas stigmatiser les non-vaccinés, à ne pas les braquer (ceux au moins qui n’utilisent pas la question de la vaccination à des fins strictement politiques), et à avoir davantage recours à l’écoute et au dialogue. D’autres diront, bien entendu, que le Passe, en tant qu’obligation déguisée, a été très efficace puisqu’il a fait rapidement croître le nombre de vaccinations…alors que celles-ci étaient à la peine avant le Pass. Mais la mesure a fracturé davantage. C’est une des questions complexes qu’aura suscitées cette crise.

24-01-2022.
- Libération. « Selon les données de la Drees, sur les 5000 décès recensés du 1er décembre 2021 au 9 janvier 2022 avec un test PCR positif, 383 concernaient omicron.
Et ce, essentiellement sur les derniers jours, représentant plus de 20% de l’ensemble des décès Covid sur la fin de la semaine du 2 au 9 janvier… ces décès ont concerné à 43% des vaccinés sans rappel, à 30,5% des non-vaccinés (qui représentent moins de 7% des adultes), et à 23,5% des vaccinés avec rappel. Ces chiffres doivent toutefois encore être considérés avec prudence. Une partie de ces décès – qui va aller en augmentant avec omicron – concerne en effet des personnes positives au virus mais prises en charge pour un autre motif… Parmi les personnes hospitalisées et positives au variant omicron lors de la semaine du 10 au 16 janvier, 26% avaient été admises pour une autre pathologie, et non en raison du virus. Un pourcentage, croissant depuis 4 semaines, qui atteint également 13% pour les soins critiques et 8% pour les réanimations ».
- La Croix. « Entre les Français et les médecins, le décalage se creuse face au Covid… Le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), évoque un décalage complet entre ce que nous, médecins, constatons sur le terrain, et la façon dont les politiques et le grand public banalisent la situation. Personne ne veut plus voir que certains services de réanimation refusent deux ou trois patients chaque jour… Marie-Claire Villeval, spécialiste de l’économie comportementale, remarque: Ils ne s’émeuvent plus de la même façon. Leur empathie a baissé… Marie-Claire Villeval note que beaucoup pensent que les 290 personnes qui décèdent quotidiennement sont des non-vaccinées qui ont assumé leur risque, alors que la réalité est plus complexe. Les non-vaccinés ne représentent qu’une petite majorité des patients acceptés en soins critiques. […] Il y a toujours un biais cognitif dans l’appréhension du risque : on a toujours tendance à ne retenir que ce qui nous arrange un peu… Sandra Perez, professeur de géographie de la santé à l’université de Nice, répond que les médias ont un rôle à jouer. Certains se sont un peu emballés en évoquant le retour prochain à une vie normale. Un tel message a contribué à faire tomber la peur, dans une société où la parole médicale est largement désacralisée, prolonge la chercheuse. »
- France info. « Après deux ans de pandémie, dix scientifiques et médecins dévoilent les questions qu'ils continuent de se poser
"Quand j'entends qu'Omicron est peut-être le dernier variant, je préfère rester plus prudente" (Mylène Ogliastro, virologue, vice-présidente de la Société française de virologie et directrice d'un département de l'Inrae).
"Nous ne savons pas encore si le répertoire de ces mutations va rester limité, afin de préserver une structure fonctionnelle de la protéine Spike, ou si l'univers des mutations possibles est quasi illimité (comme pour le VIH). Dans le premier cas, on devrait arriver assez rapidement à une immunité de population qui permettra de contrôler un virus devenu endémique. Dans le second, on pourrait continuer à avoir des vagues épidémiques plus ou moins importantes." (Marie-Paule Kieny est virologue, spécialiste des vaccins et de la santé publique. Directrice de recherche à l'Inserm.)
"Va-t-on voir coexister durablement des variants virulents et des variants plus bénins ?" (Samuel Alizon, spécialiste de la modélisation des maladies infectieuses et de leur évolution, directeur de recherche au CNRS.)
"Ce virus peut-il avoir le même niveau de contagiosité que la grippe aviaire, et provoquer des maladies aussi graves que le Sras ?... A chaque nouveau variant qui pointe son nez, on se pose cette question. Si j'arrêtais de me la poser, je serais un imposteur, car je ne suis ni devin ni prophète." (Denis Malvy, infectiologue, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux, et membre du Conseil scientifique.)
"On a des données sur des centaines de milliers de personnes qui ont fait des formes sévères, des échantillons. Mais il faudrait un effort collectif pour les mettre en commun et identifier ces signatures génétiques. Puis en tirer un test de diagnostic rapide qui vous dirait, dès la contamination ou même avant, "Attention, vous risquez de faire une forme très grave voire mortelle". Ce n'est pas de la science-fiction, on a les outils. Ce qui manque, ce sont les moyens et la volonté politique. Je participe à un groupe de travail de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et cela ne se met pas en place à cause de rivalités, d'égoïsme nationaliste, des barrières réglementaires…" (Djillali Annane est médecin réanimateur et dirige le service de réanimation de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine).
"Il est maintenant acquis que les anticorps circulants ne protègent pas contre l'infection quand leur concentration baisse dans le sang à distance de la vaccination. A fortiori face à des variants présentant des mutations sur la protéine ciblée par les vaccins. Mais qu'en est-il des lymphocytes T, dont les cibles sont plus étendues et moins dépendantes des mutations du virus [il est donc plus difficile pour un variant de leur échapper] ? Et de la production locale d'anticorps dans les poumons, qui peut agir de façon retardée, et dont le rôle pourrait être déterminant dans la protection contre les formes graves de la maladie ? Les réponses que nous avons sur la durée et l'étendue de ces autres formes de protection sont partielles, pour une question fondamentale." (Arnaud Fontanet est médecin épidémiologiste, chercheur à l'Institut Pasteur où il dirige l'unité de recherche d'épidémiologie des maladies émergente.)
"La pression et les moyens financiers inédits qui vont continuer à être alloués vont-ils nous permettre de poursuivre la révolution vaccinale ? On aimerait retrouver la protection élevée contre les infections que l'on avait admirée au départ avec les vaccins ARNm, et allonger la durée de cette protection. La marge d'amélioration des vaccins détermine toutes les autres questions sur la manière dont évoluera cette épidémie." (Anne-Claude Crémieux est médecin infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris, et professeure en maladies infectieuses à l'Université de Paris.)
"On a vu des épidémiologistes brillants prendre des postures peu scientifiques et d'une virulence extraordinaire pour demander de fermer les écoles et d'enfermer les enfants chez eux, tandis que nous, pédiatres, sommes bien placés pour voir qu'ils sont très peu malades, pas ou peu contagieux, et pour la plupart contaminés auprès de leurs proches adultes non vaccinés." (Christèle Gras Le Guen est pédiatre, présidente de la Société française de pédiatrie et cheffe du service de pédiatrie du CHU de Nantes.)
"Que dire de la nécessité d'une gouvernance politique supranationale, d'une redistribution équitable des vaccins et de l'ouverture des brevets comme pour le sida ? Sans cela, l'émergence de variants d'échappement encore plus efficaces que Delta ou Omicron imposera sans cesse de rebattre les cartes de la vaccination au niveau international. Pourquoi répéter les mêmes erreurs que celles ayant eu cours après la découverte d'une trithérapie contre le sida, au nom d'un "nationalisme sanitaire" désuet et mortifère ? Enfin, pourquoi ne pas avoir attribué une place, une parole, aux associations de malades à risques, aux familles endeuillées, aux patients devenus experts et plus globalement à la démocratie sanitaire, l'un des acquis de la lutte contre le VIH ?" (Gilles Pialoux est médecin infectiologue et chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris, vice-président de la Société française de lutte contre le sida et professeur à Sorbonne Université.)
"La question qui me hante le plus, c'est combien de temps cette pandémie va encore durer, et quel va en être l'impact sur un plan sociétal. Chaque fois qu'on pense qu'on arrive au bout, elle repart. Comment l'hôpital va-t-il s'en sortir ?... Beaucoup de collègues n'ont pas d'espace pour essayer de réfléchir à ce qui s'est passé, prendre du recul. Il faudra qu'on fasse appel à des gens pour aider nos équipes, discuter et construire ensemble la suite. Mon questionnement dépasse le domaine médical. Après avoir vécu sous contrainte, dans une société aussi clivée (même si je pense que 90% des gens sont du même côté), comment va-t-on vivre après ? Va-t-on fuir les grandes villes, comme le pense le sociologue Jean Viard ? Quelle confiance aura-t-on envers les politiques ? Il va y avoir un vrai travail sociétal à mener, et cela me semble être un enjeu de la présidentielle dont on parle peu." (Jean-Michel Constantin est médecin réanimateur, chef du service anesthésie-réanimation de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, et secrétaire général de la Société française d'anesthésie et de réanimation.)
- Je vois sur les sites de L’Obs et de L’Express que vient de paraître au Seuil, le 21 janvier, un ouvrage intitulé « Manifeste conspirationniste », dont les auteurs sont anonymes, mais qui appartiendraient à la mouvance de ce qui est appelé « l’ultra gauche ». D’après les résumés et citations que je lis sur quelques sites qui en parlent (de façon critique ou élogieuse, selon la position idéologique du site), j’ai le sentiment que les auteurs, tout en énumérant des faits largement reconnus, reprennent la rhétorique dite effectivement conspirationniste, en revendiquant le terme qui renverrait à l’esprit critique, contestataire, lucide (contrairement aux médias officiels qui seraient à la solde des puissants), terme qui renverrait à l’analyse des forces ultralibérales sous-jacentes aboutissant au contrôle des peuples, via en ce moment le prétexte de la pandémie afin d’habituer les gens à la soumission. Rien de nouveau dans ce qui est cité (mais une analyse précise nécessiterait bien sûr la lecture du livre en entier). Il est probable que les « antis-système » y trouveront leur bonheur. A suivre…

25-01-2022.
- Jim.fr. « La Chine prise au piège du zéro-Covid…
Selon cette doctrine, toute découverte d’un cas positif doit conduire à un confinement généralisé, parfois de régions entières et au dépistage de toute la population. Selon les recommandations gouvernementales, les municipalités ont deux jours pour tester leurs habitants, trois si la ville compte plus de 2 millions d’habitants. De plus, la Chine est quasiment coupée du monde, les rares visiteurs devant respecter une quarantaine de trois semaines au moment de leur entrée dans l’Empire du milieu… Officiellement, cette politique est un succès sanitaire… Mais l’isolement total du pays et sa mise à l’arrêt à chaque poussée épidémique ont des lourdes conséquences économiques. Selon les économistes, la Chine ne fera « que » 4,3 % de croissance en 2022, soit deux fois moins qu’en 2021… Plus grave peut être encore, la stratégie chinoise semble avoir de plus en plus de mal à contenir l’épidémie, notamment depuis l’arrivée du variant Omicron… Avec l’arrivée d’Omicron et la vaccination massive, la plupart des pays qui ont adopté la stratégie zéro-Covid (Australie, Nouvelle-Zélande, Thaïlande…) l’ont peu à peu abandonné. Mais pas la Chine, où cette politique s’appuie désormais plus sur des arguments idéologiques que sanitaires. L’étranger, accusé d’introduire le virus en Chine, est désormais l’ennemi. Les Pékinois ont ainsi l’ordre de ne pas venir en aide à ses occupants si une voiture réservée aux Jeux Olympiques est victime d’un accident (pour éviter tout contact avec un étranger). Avec une immunité naturelle faible et alors que les vaccins chinois semblent peu efficaces, la Chine est-elle condamnée à rester enfermée jusqu’à la fin définitive de la pandémie. »
- La Dépèche.fr. « Infertilité, enfant mort-né... aux Etats-Unis, la désinformation sur les vaccins a rendu les enfants vulnérables au variant Omicron. Peur que les sérums aient été développés trop vite, rumeurs sur un impact des injections sur la fertilité... Wassim Ballan, médecin au Phoenix Children's Hospital, assure que combattre la désinformation fait désormais partie de son métier. "Malheureusement, la plupart du temps quand on discute avec une famille de ces choses-là, l'enfant est déjà à l'hôpital", déplore-t-il. »
« Contracter volontairement le Covid-19 pour valider son pass est une très mauvaise idée… Au-delà des personnes directement concernées, ce sont bien leurs proches qui peuvent être impactés : "Elles peuvent contaminer leur famille, des personnes peut-être âgées. Il ne faut pas oublier que le variant Omicron peut infecter des vaccinés." »
- France info. « Selon une analyse réalisée par des chercheurs des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis, les jeunes de moins de 18 ans qui reçoivent un diagnostic de COVID-19 présentent ensuite un important risque de recevoir un diagnostic de diabète… Il faut cependant préciser que le lien entre ces deux maladies existe aussi dans l’autre sens : l’apparition d’un diabète et des complications métaboliques d’un diabète préexistant ont aussi été observées chez des personnes souffrant du Covid-19. Pour les responsables de l'étude, cela prouve une "relation bidirectionnelle" entre le Covid et le diabète… Pour les chercheurs, Cette hypothèse repose sur la protéine ACE-2,que l'on retrouve à la surface de certaines cellules humaines où le coronavirus vient s’accrocher pour pénétrer dans les cellules. Une protéine présente sur les cellules pulmonaires et aussi à la surface des cellules des organes impliqués dans le métabolisme du glucose et donc dans le diabète : le pancréas, l’intestin grêle, le tissu adipeux, le foie et les reins. Les chercheurs estiment que le virus, en pénétrant dans ces tissus, provoquerait des dysfonctionnements multiples du métabolisme du glucose. Ce sont ces dysfonctionnements qui seraient à l'origine d'un nouveau diabète ou, en tout cas, aggraveraient un diabète existant. »
- Slate. « Qui sont les non-vaccinés en France et quelles sont leurs motivations?... Au 13 janvier, cette population de non-vaccinés se décline comme suit: 11,8% des plus de 80 ans; 1,2% des 75-79 ans; 4,44% des 65-74 ans; 6,12% des 50-64 ans; 8,61% (soit 854.860 personnes) des 30-49 ans; 4,45% (505.000 individus) des 18-29 ans et 17,16% des 12-17 ans. Pour comprendre cette situation, nous mobilisons le concept d'hésitation vaccinale. Il convient d'écarter pour une part les plus de 80 ans dont 11,8% (503.000 personnes sur un peu plus de 4 millions) n'ont toujours pas reçu la double injection mais pour des freins en termes d'information, de compréhension des enjeux, de mobilité ou encore de contre-indications… L'hésitation vaccinale se manifeste comme un refus plus ou moins poussé du vaccin –de tout vaccin en général ou de certains seulement, comme les nouveaux vaccins à ARNm (de type Pfizer ou Moderna)… Une synthèse de quinze études montre qu'une large variété de facteurs influenceraient l'hésitation vaccinale: l'ethnicité, le statut d'actif ou non, les croyances personnelles, la religiosité, la tendance politique (partis extrêmes, populisme et abstentionnisme), le genre, le niveau d'éducation, l'âge, le niveau de revenus, la perception du risque infectieux, le manque de confiance dans les autorités sanitaires, la science, la médecine et les informations ou encore les doutes sur le vaccin… une variable ressort clairement: le jugement de confiance envers les institutions comme les politiques pour sortir de la crise. Ce rejet était manifeste avant le vaccin… Le phénomène, à la fois psychologique et social, regroupe une population hétérogène dans une adhésion commune à un discours non fondé, mais qui devient une réalité de pensée et de comportement sur un fondement fréquemment lié à une sensation de persécution ou de risque d'asservissement… Selon Christophe Benavent, spécialiste des conséquences des technologies de l'information sur les stratégies, la catégorie des «procrastinateurs» a de nombreuses raisons pour ne pas se faire vacciner, mais il est possible de les convaincre; les «récalcitrants» ont peur des effets secondaires, notamment à long terme, mais se plieront à la contrainte. Par contre, les «réfractaires», ancrés dans l'idéologie, resteront intransigeants… Nous sommes donc bien face à une typologie complexe et évolutive des non-vaccinés, comme en témoignent les vagues de nouvelles vaccinations à chaque renforcement des contraintes. Hésitants (non-prosélytes), laissés pour compte (hors du système), militants antivax aux motivations diverses et parfois contradictoires… »

26-01-2022.
- Le Parisien et La Croix relèvent que la France est championne d’Europe des contaminations
, Omicron ayant nettement pris le dessus. Jonathan Roux, docteur en épidémiologie à l’École des hautes études de la santé publique (EHESP) de Rennes, remarque que « l’Allemagne ou par exemple l’Autriche ont pris des mesures restrictives fortes et précoces contre le variant Delta, avant la saturation de leurs hôpitaux. Cette anticipation leur permet aujourd’hui d’affronter plus sereinement la vague Omicron. En France, on a misé très fortement sur la vaccination, moins sur les restrictions… » Jonathan Roux ajoute que « les cas explosent chez les enfants mais aussi chez les 30-40 ans, ça semble confirmer l’idée d’une contamination enfant-parent ». Denis Malvy, professeur en infectiologie, note que « ça peut paraître un chiffre parmi tant d’autres, mais nous médecins, nous les voyons ces petits et certains sont en réanimation. […] Aérons ! Mettons des capteurs de CO2 partout où c’est possible ! Rappelons que la vaccination des enfants ne sert pas qu’à protéger leurs grands-parents ».
- Libération. « Face aux sous-variants BA.2 et BA.1, les virologues, qui présageaient une décrue de l’épidémie la semaine dernière, reviennent sur leurs prévisions. »
« D’aucuns soutiennent que les pays les mieux vaccinés sont aussi ceux qui comptent le plus de morts du Covid-19…
Les capacités en tests et /ou la volonté politique de livrer des chiffres au plus proche de la réalité sont extrêmement variables suivant les pays… [L’Afrique] apparaît comme un angle mort statistique. Dans nombre de ces pays, il n’y a tout simplement pas de registre d’état civil. Les naissances ou décès sont très mal rapportés, confirme l’épidémiologiste Antoine Flahault (université de Genève). On avait essayé de travailler sur les excès de mortalité, mais on n’a pas les données. Pour les pays de l’OCDE, il n’y a pas de souci, mais pour les pays les plus pauvres, c’est quasiment impossible, surtout en temps réel… En raison de ces biais – pas de veille sanitaire, de tests, de registres d’état civil fiable –, «la comparaison de ces pays avec les pays les plus vaccinés, qui sont aussi les plus riches, dotés d’une vraie veille sanitaire, n’a donc pas vraiment de sens», estime Flahault. Au-delà de ce problème de remontée de données, il est néanmoins possible que certains Etats aient moins souffert du Covid-19. Outre la pyramide des âges, plus jeune, la question de la ventilation, primordiale pour contrer la diffusion du virus, n’est pas du tout la même. Dans les pays tempérés, on ferme les fenêtres en hiver. Une grande partie de l’Afrique bénéficie, elle, d’une sorte d’été permanent. Qu’elle soit liée à une moindre virulence de l’épidémie ou à une absence de données pour en rendre compte (ou aux deux phénomènes), la différence entre les deux groupes de pays s’observait, de toute façon, avant que ne débutent les campagnes de vaccination. En réalité, le fossé a même plutôt tendance à se réduire depuis le printemps 2021. Et pour cause : dans la catégorie des pays fortement vaccinés qui "s’en sortent mal", le nombre de décès a très nettement baissé depuis la vaccination. Notamment en cette période hivernale, alors même que les mesures de restrictions (confinement, couvre-feu) ne sont plus en vigueur. »
- Ouest France. « Record du nombre de contaminations à la Réunion, les services de réanimation sous tension. »

27-01-2022.
- Libération écrit que « Alexandra Henrion-Caude, généticienne devenue l’une des cautions scientifiques du mouvement «covido-sceptique», et Christian Perronne, infectiologue qui occupe une place centrale dans le documentaire complotiste Hold-Up… fustigent un «projet» français qui viserait à classer la vitamine D dans la liste des perturbateurs endocriniens… »
[ce qui, selon Perronne, profiterait au total à Big Pharma, si sans vitamine D les gens se trouvaient en moins bonne santé]… Après enquête, Libération souligne que « C’est en fait dans l’annexe d’un projet d’arrêté fixant la liste de ces substances, (distinct du décret qui « prévoit que toute personne mettant sur le marché des produits contenant des substances présentant des propriétés de perturbateur endocrinien selon l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire… [Cette annexe] publie la liste de ces produits et des substances que chacun d’entre eux contient. [Dans le décret la vitamine D n’est pas citée]. [C’est dans cette liste de l’annexe], qui n’est pas définitive, qu’on retrouve le cholécalciférol, une forme de vitamine D… Selon la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone… l’explication de la mention du cholécalciférol dans la liste prévue par l’arrêté semble découler de son utilisation dans l’industrie chimique puisque à des quantités très élevées, ce produit sert à la production de la mort-aux-rats… Dès 2017, l’Agence européenne des produits chimiques estimait qu’il serait justifié de catégoriser le cholécalciférol comme tel, en raison de sa nature même, puisqu’il "agit sur le système endocrinien des vertébrés". Et depuis deux ans, elle le range officiellement dans la catégorie des perturbateurs endocriniens… Si l’Académie de médecine avait effectivement noté dès 2020 qu’une "corrélation significative entre de faibles taux de vitamine D et la mortalité par Covid-19 a été montrée" et conseillait donc une supplémentation pour les patients, cela ne veut pas pour autant dire qu’un apport permettrait de systématiquement guérir ou prévenir la maladie… Dépasser la dose maximale journalière (100 µg, ou 4 000 UI) sans surveillance médicale peut avoir des effets délétères.»
[Avis personnel : la carence en vitamine D est très fréquente, surtout l’hiver et à partir d’un certain âge, d’où le fait que de nombreux médecins prescrivent de façon régulière du cholécalciférol aux personnes âgées. Mais il est bien dit de ne pas dépasser les doses prescrites. Je ne savais pas qu’il était utilisé pour fabriquer des raticides, mais avec des quantités très élevées. C’est comme pour de nombreuses plantes, bénéfiques ou dangereuses selon le dosage.]
- La Provence. « Malgré la dissémination du variant Omicron, les pays européens réduisent leurs restrictions sanitaires… Royaume-Uni, Danemark, Irlande, Espagne : une levée totale des restrictions… Pays-Bas, République tchèque, France : un allègement considérable des mesures en vigueur. »

28-01-2022.
- France bleue. « Depuis une semaine, cinq panneaux publicitaires à Nîmes… posent cette question: "Victime d'effets secondaires de la vaccination contre la Covid-19 ?" et donnent une réponse "Signalez-vous !", suivie d'une adresse e-mail.
Une initiative prise par un groupe de Gardois sceptiques sur la vaccination et les informations relayées par le gouvernement à propos des effets secondaires… Anonymes, ensemble, ils ont nommé leur initiative l'ANRES, Agence nationale de référencement des effets secondaires… Selon la préfecture du Gard, cet affichage n'a rien d'illégal, pas d'incitation à la haine ni à la violence.»
Pas illégal, certes, mais il m’apparaît d’emblée que cela pose quelques questions. Si ce collectif ne fait pas confiance aux informations provenant du gouvernement, il peut chercher d’autres sources, et elles ne manquent pas. Comment auront-ils connaissance de la véracité des réponses ? En croyant les personnes sur parole ? En demandant des certificats médicaux ? L’identité des personnes ? Leurs antécédents médicaux ? Dans une telle hypothèse assez invraisemblable, qui accepterait de les leur donner et à quel titre auraient-ils les compétences pour les analyser (il faudrait qu’il y ait dans ce collectif des médecins, et pas qu’un, et qu’ils sortent donc de l’anonymat ? Seraient-ils alors juridiquement dans leur droit ? Comment pourront-ils savoir si les effets signalés sont en lien avec le vaccin ou ont d’autres causes ? On pourrait continuer.
- Nouveaux Cahiers du Socialisme. « Le livre polémique de la rentrée de janvier est noir, anonyme et s’intitule Manifeste conspirationniste. Étrillé depuis sa sortie, il doit penser être victime de la doxa qu’il dénonce mais l’est davantage de ses propres errements… La direction du Seuil a dû se fendre, jeudi 27 janvier, d’un communiqué de presse pour justifier cette publication, se désolidarisant avec la plus grande fermeté des interprétations abusives du Manifeste conspirationniste cherchant à relier le livre à une tradition de pensée d’extrême droite à visée déréalisante et/ou fascisante… Le Manifeste conspirationniste est… loin d’être le premier à vouloir prendre acte d’un moment de bascule politique inédit que nous serions en train de vivre, et à réagir face au recul des libertés publiques et à l’accoutumance aux exigences d’un pouvoir biopolitique qui impose, sans beaucoup de résistance, des technologies utiles à la lutte contre l’épidémie mais aussi disponibles pour le contrôle social : QR Code, passe sanitaire, passe vaccinal…
Que certaines mesures prises pour lutter contre cette épidémie aient été démesurées, voire que l’épidémie ait constitué une opportunité inédite pour des grandes entreprises avides de profit ou des gouvernement avides de contrôle, c’est possible. Mais peut-on brandir aussi légèrement l’inanité sanitaire, désormais démontrée, du confinement général ou affirmer que le but du confinement serait avant tout de prévenir les effets d’une panique générale, de garder la maîtrise de la population en faisant l’impasse sur les millions de morts ? Et cela sans même formuler ne serait-ce que les prémices de ce qu’aurait été une politique sanitaire alternative ?...
Mais là où le manifeste pense empiler les preuves par accumulation, on en ressort plutôt avec le sentiment qu’il confond, volontairement ou non, liens de corrélation et liens de conséquence, et fonctionne par accusation de contiguïté davantage que par démonstration de complicité… Si l’on peut ici et là suivre certains fils tirés par ce Manifeste, l’ensemble verse dans un ensemble sentencieux et se laisse pénétrer de trop d’affirmations contestables pour atteindre ce qui était sans doute son but premier, même si sa stratégie peut demeurer obscure une fois les 378 pages refermées : donner des armes et arguments aux colères et angoisses contemporaines pour les diriger vers le camp révolutionnaire…
L’appel à un futur proche ou lointain n’empêche pas que ce livre soit, dès aujourd’hui, trop problématique pour être le déclencheur de la révolte qu’il prétend armer, et risque de n’être, in fine, qu’un symptôme des impasses d’une certaine extrême gauche trop sectaire et sûre d’elle-même pour ne pas commettre des erreurs à la fois théoriques et stratégiques. »
L’article étant assez long, voici le lien : https://www.cahiersdusocialisme.org/conspirationnisme-un-manifeste-qui-allume-la-mauvaise-meche/

29-01-2022.
- Aux infos régionales de France 3 Provence, un avocat est interviewé
à propos d’une plainte contre l’Etat qui a accepté que Le laboratoire Pfizer ait introduit dans le contrat une clause qui le dédouanerait de toute responsabilité sur les effets secondaire, ceci à propos d’un adolescent, défendu par cet avocat, qui aurait quasiment perdu la vue après la première dose de vaccin. Je m’étais déjà renseigné sur cette question de problèmes de vue après le vaccin mais rien de bien net n’en était ressorti sinon que la covid avait engendré, elle, quelques problèmes de vision.
J’ai donc cherché à nouveau, non sans mal (mais ailleurs que sur les sites antivax qui, eux, présentent assez souvent cet effet en argument de leur point de vue), et j’ai pu lire dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, en date du 29 septembre 2021, que ce témoignage existe bien («Juste après le vaccin, il ne voit plus rien. Il n’y a pas d’autres causes : pour moi, c’est le vaccin» dit la mère de Yacine), repris par le collectif "Blouses blanches", opposé aux mesures sanitaires, affirmant que cet ado souffre d’"une thrombose cornéenne liée au vaccin Pfizer-BioNTech". Ce cas a été étudié par l’Agence de Sécurité du Médicament, dit le Journal, dont le rapport est : « Vacciné mi-juillet avec le vaccin Comirnaty (Pfizer-BioNTech) [...] le patient présente [...] une importante baisse de l’acuité visuelle. [...] Le signalement de pharmacovigilance, transmis cinq jours après, établit que ce jeune patient souffre d’une rétinite aiguë (inflammation de la rétine)", "non infectieuse" et "possiblement auto-immune"… Le patient présentait par ailleurs des carences en fer, ainsi qu’en vitamines D et B9.» Selon le Journal, « L'enquête de pharmacovigilance et le suivi de l'état du jeune patient sont toujours en cours [en septembre 2021]. Leurs auteurs rappellent que sur plus de 3,4 millions de personnes de moins de 18 ans vaccinées, il s'agit d'un cas unique. Et qu'aucun autre cas similaire n'a par ailleurs été identifié dans la population adulte. Au total, une dizaine de cas "d'atteintes rétiniennes" ont été recensées - sans pour autant être liées au vaccin - mais aucun "n'est comparable à celui-là". Reste la survenue d'une maladie auto-immune sous-jacente, comme cause possible de cette rétinite non infectieuse: une telle affection peut coïncider avec la vaccination, sans en être la conséquence, mais aussi être favorisée par celle-ci. Mais pour l'heure, rien ne permet encore d'établir - ou non - un lien entre les deux événements. »
Je n’ai pas trouvé s’il y avait de nouvelles informations à ce sujet.

31-01-2022.
- Libération. « Une rumeur circulant depuis mi-décembre dans les milieux opposés à la vaccination contre le Covid affirme que le gouvernement britannique a admis que "les vaccins ont endommagé le système immunitaire naturel des personnes ayant reçu une double dose de vaccin".
Dans un texte partagé par le site antivax France Médias Numérique, un rapport de surveillance du vaccin Covid-19 de l’Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni, pour la semaine 42 de 2021, est cité en appui de cette affirmation… Les Vérificateurs de Radio Canada se sont notamment déjà penchés sur cette rumeur. Benoît Barbeau, virologue et professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal, leur avait expliqué qu’il n’était en réalité pas étonnant que le niveau de la protéine N puisse être plus bas pour des cas d’infection chez des vaccinés (deux doses) que chez des non-vaccinés. Si vous êtes infectés après vaccination, il se peut fort bien que votre réponse immunitaire ne soit pas nécessairement aussi explosive [que si vous n’étiez pas vaccinés] et que vous alliez produire moins d’anticorps, indique le virologue québécois. Vous allez avoir moins de présence d’anticorps contre une des composantes du virus, parce que le vaccin a fait son travail et a limité d’une part l’infection, mais aussi sa réplication exagérée. […] C’est fort probablement que la vaccination a contrôlé l’infection, et donc que [le corps] n’a pas à produire une quantité énorme d’anticorps, parce que le virus a à peine été capable de se reproduire… [Le professeur Bruno Lina] s’inscrit… en faux contre l’idée, véhiculée par le texte de France Médias Numérique, qu’"avoir une immunité préalable liée à la vaccination rende plus vulnérable". Un argument récurrent des antivax, reposant souvent sur la thèse que la vaccination induirait des anticorps facilitant l’infection, ce qui a été maintes fois réfuté. A contrario, la thèse défendue par le texte selon laquelle "les personnes non vaccinées, quant à elles, obtiendront une immunité durable, voire permanente", est également erronée, explique Bruno Lina : "le niveau de réinfection est identique et l’immunité postinfectieuse n’est pas durable, ce qui est le problème" et qu’"il n’y a jamais d’immunité permanente avec les coronavirus". »
- L’Express. « La barre des 400 morts du Covid a été franchie la semaine dernière en toute discrétion. Sur le plan collectif, nous acceptons de plus en plus des décès qui nous choquaient encore il y a quelques mois… » Les raisons avancées : effet d’accoutumance, absence de cérémonie collective en France pour les morts du covid (à la différence de l’Espagne ou du Royaume-Uni), inéluctabilité de la mort pour les personnes âgées, maladie assimilée à la grippe.
- Marianne. « Canada : contre les mesures sanitaires, un rassemblement de camionneurs sous tension à Ottawa… Ce « Convoi de la Liberté » entend bloquer la ville et manifester contre l'obligation vaccinale des routiers. L'événement, d'une ampleur inédite, inquiète les autorités qui craignent violences et débordements… Ils demandent la fin du passeport vaccinal, la fin des amendes liées aux restrictions sanitaires et la réintégration de ceux qui ont perdu leur emploi pour ne pas s'être plié aux règles depuis le début de la pandémie. Canada Unity, à l’origine de l'appel à manifester, considère que ces mesures sont "inconstitutionnelles, discriminatoires et ségrégatives"… Parmi les figures du mouvement, on retrouve Patrick King, connu pour ses provocations à la violence envers les mouvements antifascistes. Il est aussi cofondateur du parti Maverick, indépendantiste et classé à l'extrême droite. Jason LaFace, lui, est connu pour ses positions anti Black Lives Matter… Dans un message envoyé aux députés ce jeudi, Patrick McDonell, responsable de sécurité de la Chambre des communes, a averti que des manifestants tentaient de trouver leurs adresses personnelles. Il les invite à se barricader si jamais leurs maisons et bureaux sont pris pour cible…Les organisateurs se défendent de toute velléité de violences. Dans une vidéo sur Facebook, Tamara Lich, secrétaire du Parti Maverick, a demandé à signaler aux forces de l'ordre ceux qui "se comportent mal ou incitent à tout type de violence ou de haine." »

Vers Février