Mars 2022

01-03-2022.

- Le Parisien. « "Protégez-vous, protégez-nous" : l'appel des immunodéprimés, inquiets de la fin du port du masque… Malgré la vaccination, ils peuvent toujours se retrouver à l’hôpital ou en soins critiques à la suite d’une infection. Ils représentaient mi-janvier "15 à 30% des malades hospitalisés pour Covid en soins critiques en fonction des établissements", d’après le Conseil scientifique. Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV) remarque que "cela signale un besoin de protection particulier, mais cela désigne aussi, potentiellement, ce groupe comme un danger, ou comme un poids particulier pour la société face à la crise"…Le conseil scientifique plaide, de son côté, pour "créer une bulle de compréhension, d’empathie, de solidarité et de protection autour de cette population d’invisibles". »

04-03-2022.
- Libération. « Le Premier ministre a assuré [hier] que "la situation s’améliore
grâce à nos efforts collectifs, grâce aux mesures que nous avons prises […], les conditions sont réunies pour une nouvelle phase d’allégement des mesures» et a annoncé qu’à partir du lundi 14 mars le pass vaccinal et le masque en intérieur (sauf dans les transports) étaient levés"… [Cependant] la prévision de la dynamique épidémique est soumise à de nombreuses inconnues. L’ampleur du relâchement des gestes barrières et la fin des vacances scolaires en sont deux bien connues. L’apparition d’un nouveau variant est également toujours possible. […] La situation actuelle est aussi marquée par la guerre en Ukraine qui entraîne un flux de soldats et de civils fuyant les combats… un rebond du nombre de cas est à prévoir pour l’automne "à cause de l’affaiblissement de la mémoire immunitaire et le retour des jours courts et froids", avance Mircea Sofonea. L’universitaire n’exclut pas une reprise estivale en cas de "relâchement massif des gestes barrières ou d’apparition d’un nouveau variant préoccupant"… Malheureusement, le gouvernement ne parle pas de la prévention face à cette future vague. Des options existent pourtant. Un grand plan d’amélioration de la qualité de l’air pourrait être mis en place… Le cas des immunodéprimés met notre solidarité sanitaire à l’épreuve. Mais, passé 2 ans, il ne faut plus analyser la circulation d’une maladie infectieuse uniquement à l’aune de la mortalité. Cette maladie entraîne aussi des symptômes post-aigus, des surrisques cardiovasculaires et neuropsychiatriques, sur lesquels nous manquons encore de recul.»
- Le Figaro. « Feu vert sous condition de l'OMS à la pilule anti-Covid de Merck… L’antiviral de Merck, qui fait l’objet d’avis contrastés, doit être administré rapidement après l’apparition des premiers symptômes de la maladie et être pris pendant 5 jours afin d’empêcher le virus de se répliquer… L’OMS déconseille cette pilule aux "patients jeunes et en bonne santé, y compris les enfants et les femmes enceintes et allaitantes". Le groupe d’experts internationaux fonde cette recommandation sur de nouvelles données issues de six essais sur un total de 4796 patients. Ce sont les plus détaillées à ce jour. Elles montrent que le molnupiravir réduit le risque d’hospitalisation (43 admissions de moins pour 1000 patients à risque élevé) et le délai de résolution des symptômes (en moyenne 3,4 jours de moins). En revanche, les données sont moins définitives concernant l’effet sur la mortalité (6 décès de moins pour 1000 patients)….En France, la Haute Autorité de santé (HAS) avait refusé en décembre de lui accorder une autorisation précoce, ne le jugeant pas assez efficace. De son côté, l’Agence européenne des médicaments a indiqué jeudi qu’elle poursuivait l’examen de la pilule ».

08-03-2022.
- Mediscoop.net. « Dans Libération, Christian Lehmann, médecin et écrivain…
observe que "la pandémie a 2 ans et disparaît momentanément des radars, tant notre envie d’en avoir enfin fini submerge les signaux d’alerte clignotant ici et là sur le globe. Et la guerre éclate. Avec ses morts, que nient certains de ceux-là mêmes qui, hier, niaient les morts du Covid. Le Covid, expliquent-ils, c’est comme l’Ukraine, une mascarade pour détourner le peuple des vrais sujets". Christian Lehmann livre le témoignage d’Igor Auriant, qui "a été médecin humanitaire en Iran, en Haïti, en pleine guerre, au Liberia… Il est aujourd’hui réanimateur, responsable d’une unité de soins continus dans une clinique privée à Rouen. Pendant 2 ans, il a fait face dans son service au virus, et aux conséquences de la désinformation"… "Pierre, un homme de 60 ans… a décidé de ne pas se faire vacciner. Il a une insuffisance rénale, un cœur un peu fatigué. Il élève seul sa fille de 16 ans, il va bien. Pour lui, nous sommes tous des cons. Il le sait, Internet lui a dit, on ne touche pas à sa liberté. Son état s’aggrave, 50 litres d’oxygène à la minute et il n’arrive plus à respirer. Il ne nous croit pas, sa famille opposée aux vaccins est présente. Des jours d’insultes, de remise en question de notre engagement, de remise en question de leur croyance… Chaque jour, il s’épuise un peu plus, l’équipe harassée le voit partir doucement sans savoir quoi faire… Après la visite ce matin, je passe dans la réserve. Au fond, cachée dans un coin, recroquevillée par terre, une infirmière pleure, seule, dépassée, dévastée. Cette douleur, cette colère que tu ne racontes pas à tes enfants, que tu tais, que tu assumes. Le poids du mensonge des autres, de ceux qui te promettent un procès parce que tu soignes", note le médecin… Il explique que "l’équipe l’entoure, le chouchoute, le rassure chaque fois que le souffle est trop court. Les infirmières, les aides-soignantes lui tiennent la main, lui apportant un peu de réconfort, beaucoup d’amour. Elles sortent de sa chambre en retenant leurs larmes, impuissantes. Elles savent que s’il avait accepté d’être vacciné, les choses se passeraient sans doute autrement. Elles désespèrent de lui faire vivre cette fin inacceptable, cette perte de chance inqualifiable. Cette souffrance de ceux qui soignent et savent, du traitement refusé, de notre impuissance, du mensonge. Une nuit Pierre se lève, arrache son oxygène. Il tombe et meurt au pied de son lit quasi instantanément… Et un coup de dague de plus dans nos armures, qui ne sont pas invulnérables. Les infirmières, les aides-soignantes, les médecins savent tous le poids d’une seule de ces morts. Ils connaissent le désespoir qui te submerge. Ils savent qu’ils n’en peuvent plus, qu’ils ne tiendront pas, et ils quittent le navire"».

09-03-2022.
- Le Monde. « Anne Rocher est psychologue dans le service de réanimation de l’hôpital Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Elle analyse l’évolution du rapport des soignants au Covid-19 deux ans après le début de l’épidémie
. "On assiste actuellement à une forte diminution du nombre de personnes atteintes du Covid-19 en service de réanimation. Il y a toujours des facteurs de risque qui sont désormais connus. Mais, en janvier-février, le profil des patients a changé. On n’a quasiment plus de personnes vaccinées, à part des gens immunodéprimés. C’est vrai que ça questionne, parce qu’il y a le sentiment que ça aurait pu être évité. Il n’y a pas de jugement, les soignants soignent tout le monde, indépendamment des choix de vie. Mais, savoir que ces gens auraient pu éviter d’en arriver là, ça nous atteint. D’autant plus qu’en réanimation comme ailleurs le Covid-19 continue à tuer. Pour certaines personnes, malgré tout ce qui est mis en œuvre, le décès va être inévitable, et c’est le cas aussi pour des personnes jeunes. Certaines personnes arrivent avec un discours opposé à la vaccination et le maintiennent même en étant en réanimation. Elles sont dans une forme de prosélytisme antivax alors qu’elles sont en train de mourir. Cela renvoie les soignants à une incapacité. Parce que ce qui est terrible pour un soignant, c’est de savoir qu’on a des solutions et qu’on ne les utilise pas. Néanmoins, chaque patient a sa liberté et les soignants s’efforcent de respecter la volonté de chacun… »
- L’Express. « Dans plusieurs pays d'Europe, l'épidémie ne diminue plus. Nous assistons même parfois à une remontée assez rapide des contaminations. C'est le cas notamment en Finlande, aux Pays-Bas, en Suisse, ainsi que, dans une moindre mesure, au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne et en Autriche", constate le Pr Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale à l'Université de Genève, en Suisse… Ce renversement de tendance s'explique par plusieurs facteurs étroitement intriqués - et tous amenés à perdurer dans les semaines à venir. D'abord, la montée en puissance du sous-variant d'Omicron BA.2… [L’] immunité va diminuer dans le temps, notamment pour les personnes qui ont fait des maladies bénignes", note Mircea Sofonea. A la circulation importante de BA.2 s'ajoutent la fin des vacances scolaires et la réouverture des écoles… Les moins de 11 ans se trouvant, en France, nettement moins vaccinés que dans d'autres pays, il n'est pas très étonnant que la reprise des contaminations se fasse en premier lieu par le biais des établissements scolaires…Mais c'est surtout le relâchement généralisé des mesures barrières, en France comme dans les autres pays, qui explique l'évolution actuelle de l'épidémie. "C'était attendu, compte tenu de l'optimisme distillé par l'exécutif, par certains experts et par les médias, avec la promotion de la levée de la quasi-totalité des mesures de contrôle qui sera entérinée mi-mars", relève Mircea Sofonea. Et ce n'est que le début : avec la guerre en Ukraine et l'élection présidentielle, nous avons collectivement d'autres préoccupations, avec le souhait de mettre derrière nous ces deux années très éprouvantes… La circulation virale se trouve… probablement sous-estimée, avec une partie des personnes infectées qui ne se dépistent plus et ne s'isolent pas non plus... Si le relâchement s'avère massif, le frein estival, réel mais modeste, ne suffira pas à empêcher la poursuite de l'augmentation du nombre de cas. D'autant que la baisse de l'immunité devrait se poursuivre : "Rien n'est fait pour la maintenir, puisque l'option de la quatrième dose n'a pas été retenue pour le moment, alors que l'on sait que la protection conférée par le vaccin contre les infections est assez peu durable", souligne le Pr Piarroux. »
- Ouest France. « Mercredi 9 mars 2022, Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l’OMS, a tenu à rappeler que la pandémie de Covid-19 n’est pas encore terminée : Elle ne sera finie nulle part si elle n’est pas finie partout… Le virus continue d’évoluer et nous continuons à faire face à des obstacles majeurs dans la distribution des vaccins, des tests et des traitements partout où le besoin s’en ressent… [En deux ans] plus de 6 millions de personnes sont mortes. »

11-03-2022.
- Le Parisien. « Le sous-lignage BA.2 du variant Omicron est devenu majoritaire en France fin février
, puisqu’il représentait 52% des cas séquencés dans l’enquête Flash du 28 février, indique Santé publique France… D’après les données préliminaires danoises, il pourrait être jusqu’à 1,5 fois plus transmissible que son grand frère Omicron… Reste à savoir si ce sous-lignage est responsable de la remontée des cas positifs quotidiens depuis six jours en France ? »
- Libération. « La pandémie n’est pas terminée mais, après 2 ans de crise, les bilans provisoires s’affinent. Ainsi, la mortalité mondiale due au Covid-19 serait 3 fois supérieure aux rapports officiels, selon une analyse publiée ce vendredi dans […] The Lancet… on ne déplorerait donc pas 5,9 millions de morts entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021, mais bien 18,2 millions… Sept pays représenteraient plus de la moitié de la surmortalité mondiale causée par la pandémie. Il s’agit de l’Inde (4,1 millions de décès excédentaires), des Etats-Unis (1,1 million), de la Russie (1,1 million), du Mexique (798.000), du Brésil (792.000), de l’Indonésie (736.000) et du Pakistan (664.000) », relève le journaliste… La France déclare 122.000 décès dus au Covid sur la période, quand les chercheurs comptent 155.000 morts en trop, soit 1,28 fois plus… Haidong Wang, chercheur à l’université de Washington, a recensé avec son équipe le nombre de morts total des différents pays à travers des bases de données nationales et internationales. Ils ont ensuite comparé ces chiffres à la moyenne de mortalité annuelle des pays les années précédentes. […] L’approche n’est pas simple car l’excès de mortalité ne dit rien de la cause des décès. Le problème réside donc dans la détermination des causes des morts en excès. Haidong Wang remarque ainsi que des études menées dans plusieurs pays, dont la Suède et les Pays-Bas, suggèrent que le Covid-19 était la cause directe de la majeure partie de l’excès de mortalité, mais nous ne disposons actuellement pas de suffisamment de preuves pour la plupart des endroits ».
- L’Express. « Olivier Véran, le ministre de la Santé, fait état d'une hausse des contaminations de Covid-19 en France. L'Allemagne observe la même dynamique. La ville de Changchun, en Chine, est confinée. »

13-03-2022.
- L’Obs. « A compter de ce lundi 14 mars, le port du masque n’est plus obligatoire dans la plupart des lieux clos (entreprises, écoles… )…
La levée du port du masque en intérieur dans les lieux collectifs est prématurée, estime l’épidémiologiste Antoine Flahaut, directeur de l’Institut de Santé globale de Genève… Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris : Ce relâchement doit s’accompagner d’une vigilance extrême par rapport au nombre d’hospitalisations. Si elles repartent à la hausse, il faudra savoir réimposer des mesures de protection… Dans un lieu clos, mal ventilé, le masque diminue des deux tiers le risque de s’infecter, rappelle Anne-Claude Crémieux. Elle conseille donc à toutes les personnes de plus de 50 ans dont le dernier rappel date de 5 mois de continuer à le porter dans les lieux clos, mal ventilés.

15-03-2022.
- La Dépèche. « L’entreprise toulousaine GTP Bioways s’associe avec la biotech française LinKinVax pour produire un vaccin de seconde génération contre le Covid-19. Différent d'un vaccin ARN messager, il ciblera une zone moins sensible aux mutations pour obtenir un effet durable. Les premiers essais cliniques sont prévus en 2023…
Pour ce vaccin, il n’est pas question d’ARN messager. "Notre vaccin est protéique. Un anticorps monoclonal cible les cellules dendritiques qui sont les drones du système immunitaire. Comme des professeurs, ces cellules éduquent le système immunitaire pour lui apprendre à répondre. Notre technologie va amener l’information sur un récepteur pour que ces professeurs gagnent en temps et efficacité et initient un effet mémoire à long terme. Nous ne ciblons pas la zone de la protéine Spike mais une zone moins sensible aux mutations du virus. Autre avantage du vaccin protéique : il est facile à produire et à distribuer (conservation en réfrigérateur classique ou sous forme lyophilisée)", précise encore André-Jacques Auberton-Hervé, ravi d’avoir pu s’accorder avec un sous-traitant français pour la production de lots cliniques.GTP Bioways dispose de quatre sites dont le siège, une unité nano et une unité tech à Toulouse et une plateforme près de Genève pour la production d’anticorps (partenariat avec le groupe Fareva). Elle emploie 100 personnes pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros par an et travaille déjà sur le développement d’un vaccin nasal contre le Covid-19… »

20-03-2022.
L’Express. « Quatre chercheurs de renom contactés par L'Express analysent la situation épidémique en France et considèrent majoritairement que les mesures ont été levées trop tôt. »
- Ouest France. « La Chine confine 4,5 millions d’habitants du nord-est du pays et durcit les mesures. »
« Une quatrième dose de vaccin proposée aux plus vulnérables en Angleterre…
Cette dose de vaccin sera proposée aux personnes de 75 ans et plus et aux personnes immunodéprimées âgées de 12 ans et plus… Le nombre de personnes infectées par le coronavirus a récemment augmenté au Royaume-Uni avec des niveaux record en Ecosse, où une personne sur 14 était contaminée la semaine se terminant le 12 mars, a indiqué vendredi le Bureau national des statistiques (ONS)… Ces niveaux élevés d’infection sont dus à la montée rapide du sous-variant BA.2 d’Omicron. »

22-03-2022.
- Le Parisien. «Malgré le printemps, en général synonyme d'accalmie, les généralistes font face à une recrudescence des cas de Covid-19 mais aussi de grippe
. Beaucoup regrettent la levée des restrictions sanitaires… [La Dr Margot Bayart, généraliste à Réalmont, dans le Tarn, et vice-présidente de MG France, souligne ]: "On travaille dans l’invisibilité mais nous sommes des sentinelles. On devrait plus regarder ce qui se passe dans nos cabinets, car c’est d’abord chez nous que cela se passe, avant de voir les répercussions sur l’hôpital"… [Le Dr Rochoy regrette] la fin de l’obligation du port du masque et du passe vaccinal il y a une semaine… "C’est comme dire : la ceinture n’empêche pas tous les accidents de la route, alors enlevons-la !" [La Dr Bayart ajoute que] "la fin du masque, ça nous rend fous. Ça brise tout le travail de prévention que l’on s’échine à faire. Aujourd’hui, on craint clairement un nouveau feu d’artifice de cas". »
- Libération. « La santé publique ne se gère pas par micro-trottoir… Christian Lehmann est médecin et écrivain. [Il écrit] : "Interrogé dans le Parisien le 20 mars sur la levée des mesures barrière, le ministre de la Santé a expliqué ne pas être inquiet, mais vigilant. Depuis deux jours, le nombre d’hospitalisations ne baisse plus. On s’attend à voir monter les contaminations jusqu’à fin mars, avant une décrue en avril. Il n’y a pas de signal inquiétant en réanimation. Je ne sais pas sur quel modèle, mathématique ou électoral, se basent ces prédictions. J’espère qu’elles n’ont pas été dictées par celui qui rêve de lui succéder et le fait assez bruyamment savoir, Martin Blachier, qui la semaine dernière dans Gala, questionné sur la fin des restrictions sanitaires, s’est fendu de cette déclaration : Je pense que c’est ce qu’il fallait faire. Le hasard fait que c’est le moment où il y a un rebond épidémique, mais cela était attendu. Je vous laisse savourer ce concept épidémiologique novateur : le hasard attendu… Le nombre de contaminations augmente, le nombre de patients admis quotidiennement à l’hôpital repart aussi à la hausse, surtout chez les moins de vingt ans, parmi lesquels les enfants majoritairement non vaccinés et les personnes très âgées, pour lesquelles l’accès à un second rappel vaccinal (une quatrième dose, donc) a été acté la semaine dernière, en tenant compte de leur immunosénescence… Contrairement à ce qu’affirme Olivier Véran, la pandémie est aujourd’hui gérée par micro-trottoir. A chaque fois l’exécutif se convainc que l’épidémie est finie parce que la population en a marre et les politiques ne savent décidément pas comment gérer cet ennemi insaisissable qui exigerait d’eux un changement de paradigme et une réflexion à long terme sur l’assainissement de l’air dans les lieux clos. Et, à chaque fois, le même petit groupe d’épidémiologistes, de médecins de santé publique, de soignants en première ligne, alertent sur l’erreur de baisser la vigilance alors que l’épidémie n’est pas finie. En vain. »

25-03-2022.
- Libération. « le variant BA-2 circule beaucoup chez les plus jeunes…
Très contagieux, son impact sur les hôpitaux est limité car la population est largement vaccinée et il semble moins dangereux que le variant précédent, delta. Mais les cas s’accumulent et le retour des vacances scolaires de février est marqué par une hausse des classes fermées… Ces 3184 classes fermées sont plutôt le fait d’enseignants positifs et non remplacés… le Covid-19 reste une maladie bien moins grave pour la santé des enfants que celle de leurs ainés. La France déplore 59 décès de patients de moins de 19 ans depuis le début de l’épidémie. Mais la moitié d’entre eux ont eu lieu cette année. Ultra-contagieux, le variant omicron a infecté un nombre particulièrement élevé de personnes… »
- Science et Vie. « Peut-on être réinfecté par le variant Omicron ? D’après une nouvelle étude, il semblerait que oui…D’après les travaux de chercheurs de l’université de Californie aux États-Unis [parus dans Cell], une infection au variant Omicron offre une immunité plus faible qu’avec les autres variants. Ainsi, une contamination au variant Delta confère des titres d’anticorps 10,8 fois plus élevés qu’après une infection au variant Omicron…Les anticorps après une infection à Omicron correspondent à un tiers des anticorps engendrés par la troisième dose de vaccin ou "booster" […] D’après ces résultats, il semblerait qu’avoir été contaminé par Omicron ne protège pas d’une réinfection par un autre variant... voire par Omicron lui-même sous une autre forme comme BA.2… Les chercheurs précisent qu’une infection avec des symptômes sévères offre une immunité plus forte qu’une infection légère. Une donnée qui avait déjà été décrite avec les précédents variants, et qui se confirme aujourd’hui avec Omicron. »
- Ouest France. « Le nombre de personnes infectées par le Covid-19 au Royaume-Uni, où la plupart des restrictions ont été levées, tutoie son record dans une relative indifférence. »

28-03-2022.
- Ouest France. « "J’ai l’impression de vivre dans un corps de 80 ans": le Covid long les exténue depuis deux ans.
Dorian, 29 ans, souffre d’un Covid long. Son cœur s’emballe sans raison et l’épuise. Nathalie, 46 ans, aussi. Elle se bat contre les douleurs, des maladies et la fatigue… »
« En Chine, la moitié de Shanghai confinée pour quatre jours. »
- L’Indépendant. « Hospitalisations, réanimations... Tous les indicateurs de l'épidémie en hausse dans les hôpitaux de France. »

31-03-2022.
- Libération. « Face aux contaminations au Covid-19 qui repartent à la hausse, le [Pr Alain Fischer] pointe notamment la nécessité de vacciner les plus jeunes… "
BA.2 est responsable de l’augmentation importante des cas et de celle des hospitalisations qui reste pour l’instant assez faible. En ce moment, tous les publics sont touchés, et particulièrement les enfants. Heureusement, pour la plupart des gens, ça n’a pas de conséquences graves mais malheureusement, lorsqu’il s’agit de personnes fragiles ou des personnes âgées, il peut y avoir des hospitalisations en soins critiques, voire des décès… le problème est d’abord de faire en sorte que les enfants de 5 à 11 ans se vaccinent car pour l’instant en France c’est un échec. Seulement 10% des enfants fragiles, qui sont plus à même de développer des formes graves, ont reçu le vaccin… l’objectif immédiat serait d’arriver à faire comprendre, d’abord aux médecins et ensuite aux familles, que ça vaut la peine de faire vacciner son enfant de 5 à 11 ans, qu’il n’y a pas de risque et que cette vaccination est efficace car, même si les enfants sont bien moins à risque que les adultes, le variant omicron est très contagieux chez l’enfant et il existe quand même des formes qui nécessitent des hospitalisations… Ça favorise aussi la circulation du virus dans les écoles, ça entraîne des fermetures de classes, et les enfants sont aussi susceptibles d’infecter leurs grands-parents. Ce serait bien si on pouvait éviter cela grâce à la vaccination des enfants qui est bien plus répandue dans les pays voisins". »
- La Nouvelle République.fr. « Alors qu'il est sur le marché depuis plus d'un an et que plus de 100 millions d'injections ont été faites en France, trois spécialistes reviennent sur tous les effets indésirables du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer…Les experts qui suivent ces effets indésirables travaillent depuis la Nouvelle-Aquitaine, à Bordeaux… "Nous avons étudié toutes les déclarations envoyées sur la plateforme de l'Ansm (agence nationale de sécurité du médicament, ndlr), soit par des soignants, soit par des usagers, concernant des événements indésirables signalés suite à une injection du Pfizer", explique Francesco Salvo, responsable du centre de pharmacovigilance de Bordeaux et coordinateur du suivi national de la sécurité du vaccin Pfizer, à nos confrères de Sud-Ouest. Et ces équipes ont reçu "jusqu'à 500 signalements par jour" avec à chaque fois un travail de vérification "au cas par cas". Et même pour les déclarations les plus incongrues comme "cet homme affirmant être comme Hulk après le vaccin", complète Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie médicale au CHU de Bordeaux, dans Sud-Ouest... "En France, sur le suivi du Pfizer, nous avons enregistré 22.000 effets indésirables graves, qui incluent les symptômes grippaux assez forts nécessitant un arrêt de travail. Ce qui reste, au regard du nombre total d'injections, une toute petite partie des personnes vaccinées", explique Francesco Salvo à France 3 Nouvelle-Aquitaine. Selon lui, ces effets sont des versions atténuées de symptômes que l'on peut développer en étant contaminé au Covid-19…En revanche, il est difficile de savoir si le vaccin Pfizer est responsable de la mort de certaines personnes. "Chaque décès qui a succédé à une injection a fait l'objet d'une enquête", a rappelé Francesco Salvo à nos confrères de Sud-Ouest. Selon lui, depuis le début de la campagne de vaccination il y a, à ce jour, "dix cas survenus chez des personnes très fragiles, très âgées, pour lesquelles on ne peut exclure que la réaction fébrile liée au vaccin ait contribué à précipiter le décès." [L’] atteinte du nerf facial se produit de façon très très rare, elle concerne environ un cas sur 10.000 patients", témoigne Francesco Salvo à France 3. Heureusement, ces cas "sont globalement réversibles dans le mois qui suit la vaccination", explique le spécialiste. Même constat avec les cas de myocardites qui ont touché certains patients. Comme le rappelle Mathieu Molimard à Sud-Ouest, la myocardite "est une atteinte inflammatoire du coeur" qui peut être provoquée par le Covid. Le vaccin peut également en entraîner "mais beaucoup moins fréquemment, avec des formes moins sévères et surtout réversibles", détaille le spécialiste. Selon lui, ce problème a surtout concerné le vacin Moderna "probablement surdosé". Avec le sérum Pfizer, les myocardites représentent un cas sur 100.000 vaccinés… Le vaccin peut bien avoir une influence sur le cycle menstruel des femmes. Comme le note Antoine Pariente, responsable de l'unité pharmaco-épidémiologie à l'Inserm, dans Sud-Ouest, le cycle menstruel féminin peut être troublé par le stress, de la fièvre ou une infection grippale… "A ce jour, aucun des vaccins existant dans le monde n'a été associé à des effets à long terme."… "Une centaine de phénomènes d'allergies graves ont été déclarés" depuis le début de la campagne de vaccination en France. A chaque fois, il s'est agi "d'oedème de Quincke ou de choc anaphylactique survenus dans les 15 minutes après l'injection sans entraîner de décès". Les personnes atteintes ont donc reçu dans la foulée une contre-indication pour le vaccin Pfizer. »
- Tekpolis. «La mutation du covid-19 a laissé place au variant XD. Ce virus avait déjà été présent en début d’année comme on le disait plus tôt. Il se faisait alors appelé "Deltacron". Il s’agit donc d’une combinaison du variant Delta et de l’Omicron qui continue de faire des malades. Le nombre de patient atteint de cette maladie se font de plus en plus conséquentes. Et c’est ainsi que le suivi face à ce variant ont été renforcé il y a quelques semaines déjà. Une étude qui sera mené conjointement par le Consortium Emergen, le CNR Virus ainsi que la Santé Publique France. »
- Sud-Ouest. « Le professeur Raoult ouvre un colloque controversé avec des antivax à l’IHU de Marseille… Organisé par le collectif Réinfo Covid fondé par l’anesthésiste marseillais Louis Fouché, le colloque se tient, deux jours durant, dans l’amphithéâtre de l’IHU. Il prévoit l’intervention d’une vingtaine de personnalités, dont certaines se sont fait remarquer pour leur position à contre-courant de la communauté scientifique sur l’épidémie… Dans un communiqué du 24 mars, le Service de santé des armées, l’université Aix-Marseille, l’Institut de recherche pour le développement, l’Établissement français du sang, l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille et l’Inserm, membres fondateurs de l’IHU, avaient demandé, en vain, la délocalisation de ce colloque. "L’intitulé et la nature des participants et des associations partenaires" ne laissaient, selon eux, "aucun doute sur les objectifs" du colloque, intitulé "Covid-19 : premier bilan des connaissances et des controverses scientifiques".»
- Sur ce même sujet, le 18 mars, sur BFM TV : « Au vu des controverses, Didier Raoult a précisé sa position sur Twitter assurant ne pas vouloir "censurer" le colloque, sans pour autant le "cautionner"… Une réponse qui n'est pas au goût de plusieurs scientifiques. Le docteur Alexander Samuel s'est notamment exprimé sur Twitter, assurant qu'"abriter, c'est cautionner". »
- Toujours à propos de ce congrès, dans la Marseillaise du 25 mars : « C’est surtout la réputation scientifique de l’Institut qu’il dirige qui est entachée par le tapis rouge déroulé à des personnalités liées à la désinformation sur la pandémie… »

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