Mai 2022
01-05-2022.
Ouest-France « Après plus d’un million de morts, les États-Unis sortent du rouge…Lundi, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estimaient, sur la base de dizaines de milliers de tests sanguins, que 190 millions d’Américains, soit plus 60 % de la population, y compris les trois quarts des enfants, ont déjà contracté le Covid-19 au moins une fois, avec ou sans symptômes. Ce cap aurait été franchi en février.
02-05-2022.
- Le Monde. « L’apparition de variants présentant de nombreuses mutations inattendues a surpris les virologues. Ceux-ci explorent deux hypothèses : l’existence de réservoirs faisant des personnes immunodéprimées des incubateurs, et d’autres où des animaux pourraient faire office de multiplicateurs de variations virales… A-t-on trop vite clamé la fin de la pandémie de SARS-CoV-2 ? Alors que les politiques sanitaires se sont considérablement infléchies et que le passe sanitaire tant décrié semble être tombé aux oubliettes, les virologues à travers le monde continuent de décortiquer les mécanismes d’évolution du virus. Et si les pistes de recherche s’affinent, le mystère demeure épais autour des conditions d’émergence des variants préoccupants, dont le risque n’est pas écarté… Il faut ici envisager que le virus ait évolué en marge, dans une niche échappant à la surveillance génomique, au sein même de l’espèce humaine, chez les personnes immunodéprimées qui fourniraient au virus un écosystème propice à une évolution accélérée… les chercheurs n’excluent […] pas que le virus puisse aussi évoluer chez certaines espèces animales avant d’être réintroduit dans la population humaine. […] Alors que les chercheurs poursuivent l’exploration de ces hypothèses, les incertitudes sur l’origine des variants préoccupants limitent les capacités de réactivité en matière de santé publique. »
06-05-2022.
- Le Parisien. « Après le Covid-19 : "La probabilité d'une nouvelle pandémie est plus importante qu'avant" »
- Libération. « Non, un article scientifique ne démontre pas que les vaccins anti-Covid détraquent le système immunitaire. L’article, publié sur le site de la revue «Food and Chemical Toxicology», multiplie extrapolations et raisonnements douteux. Plusieurs de ses auteurs ont déjà été épinglés pour des déclarations farfelues ou mensongères sur la vaccination et le Covid.»
L’article étant assez long, je donne le lien :https://www.liberation.fr/checknews/non-un-article-scientifique-ne-demontre-pas-que-les-vaccins-anti-covid-detraquent-le-systeme-immunitaire-20220506_3ZDMQXHUC5CO5LCQSXMKQYRTEY/?xtor=EREC-21-%5BNL_CheckNews__06-05-2022%5D-&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS-e9usVKVs2RCS0oUOZPqJP&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=516313
09-05-2022.
- Libération. « Un document confidentiel révèle-t-il que Pfizer et les autorités sanitaires ont dissimulé des risques pour les femmes enceintes?... Faux. Il s'agit d'un document public diffusé par le ministère britannique de la Santé en décembre 2020, qui traduit le manque de connaissances sur le sujet avant la campagne de vaccination, dûment évoqué dans la presse à cette époque… trés pendant la grossesse n’étaient pas associés à des risques accrus de complications obstétriques (fausse couche, prématurité…). Des constats encore renforcés fin mars 2022 avec la publication d’études de grande ampleur dans le Journal of the American Medical Association. Quant à l’allaitement, la présence d’anticorps post-vaccinaux dans le lait maternel est désormais établie, avec un bénéfice escompté sur la protection du nourrisson. De fait, aucune contre-indication n’est formulée par l’OMS à ce sujet. »
10-05-2022.
- Libération. « Christian Lehmann est médecin et écrivain. Pour «Libération», il tient la chronique régulière d’une société traversée par le Covid-19. Aujourd’hui, il déplore l’invisibilité du Sars-CoV-2 dans le débat politique et médiatique alors que le virus continue de circuler activement. «La pandémie de Covid-19 semble terminée : politiques et médias n’en parlent plus, note le collectif Du côté de la science dans un communiqué récent. La campagne présidentielle aurait pu être l’occasion de faire un bilan. Mais pas un mot, rien ou presque, à tel point que l’on pouvait avoir le sentiment étrange que la crise sanitaire n’avait jamais eu lieu. Après avoir vécu pendant deux ans à travers le prisme du Covid-19, ne plus en parler serait une façon non seulement de tourner la page, mais de l’arracher du livre. Après chaque vague épidémique, on avait déjà observé un phénomène similaire de déni de la situation pandémique. Mais cette fois-ci, l’occultation prend un tour massif.»
11-05-2022.
Le Parisien. « le pays africain est touché par une très forte reprise épidémique, portée par deux nouveaux sous-variants d’Omicron… A force de circuler, Omicron a… donné naissance à de nombreux "petits", des sous-lignages dont la structure génomique est plus ou moins différente. Ils sont nommés BA.2, BA, 3, BA.2.1, etc. En Afrique du Sud, BA.4 et surtout BA.5 portent cette nouvelle vague… [Ces deux variants pourraient être] plus transmissibles et échappant davantage à l’immunité… On estime qu’ils sont autour de 20% plus transmissibles que BA.2, largement majoritaire en France. La principale raison viendrait de leur capacité à réinfecter des habitants qui ont déjà attrapé BA.1 il y a plusieurs mois, surtout s’ils ne sont pas vaccinés, d’après une étude publiée le 1er mai (mais pas encore relue par des pairs)… Pour le moment, ces deux « "cousins" au sein de la famille Omicron semblent très peu présents en France. Seuls 2 cas de BA.4 et 6 cas de BA.5 y ont été identifiés au 2 mai et ils sont en cours d’investigation. »
- L’Indépendant. « En Europe, c'est le variant XE qui gagne du terrain. Notamment au Royaume-Uni et en Espagne. Un variant qui est en réalité un recombinant des sous-variants d'Omicron, BA.1 et BA.2 et qui a été jugé "10% plus contagieux" que son prédécesseur BA.2 par l'Organisation Mondiale de la Santé… que l'on sait aujourd'hui, c'est que le variant XE est plus contagieux que le BA.2 mais surtout il reste plus longtemps dans le corps… Selon le généticien à l’Imperial College de Londres, Philippe Froguel, sa contagiosité va ainsi lui permettre de supplanter Omicron et BA2 dans les prochains mois. "Pendant un moment, deux ou trois variants coexistent, et l’un d’entre eux va prendre le dessus. Quel va être le taux d’anticorps de la population française dans les prochains mois ? On sait que ça baisse vite, il faudra penser à la quatrième vaccination chez les gens âgés ou immunodéprimés, parce que ça risque de revenir pendant l’été", indique-t-il. Selon les premières études, les symptômes semblent les mêmes qu’avec Omicron mais la perte du goût et de l’odorat semble revenir en force avec ce variant XE. »
13-05-2022.
- Libération. « [Le] 5 mai, sur le plateau de Touche pas à mon poste, Didier Raoult déclare : La durée de protection de ce vaccin, dans la situation actuelle, c’est peut-être un mois et demi, pour les formes les plus graves. C’est très peu.Cette affirmation est en réalité invalidée par de nombreuses études internationales. Celle menée par les centres pour le contrôle des maladies des Etats-Unis, publiée mi-février, établissait ainsi que durant les mois de propagation du variant omicron (BA.1), l’efficacité contre le passage aux urgences était estimée à 87% pendant les deux premiers mois après une troisième dose», et à 66% «chez les personnes vaccinées depuis quatre à cinq mois. Quant à l’efficacité contre les hospitalisations, elle était respectivement de 91% et 78%.
Une autre étude menée au Royaume-Uni, publiée mi-avril dans The Lancet, estime la protection contre le risque d’hospitalisation lié à omicron (BA.1), durant les trois premiers mois après la troisième dose, autour de 85%. La réduction du risque d’entrée aux urgences était, elle, voisine de 77%. Au-delà de trois mois, sur ces deux critères, l’efficacité observée était supérieure à 50%, avec des marges d’erreur de respectivement vingt et quinze points.
La protection du vaccin contre les formes sévères semble persister tant pour les variants BA.1 que BA.2 du Sars-CoV-2. Contacté par CheckNews, le docteur qatari Hiam Chemaitelly renvoie aux données présentées fin mars sur la plateforme MedRxiv par son équipe. Selon cette prépublication, un mois et demi après une troisième dose de vaccin, l’efficacité observée du vaccin Pfizer contre l’hospitalisation et les décès était de l’ordre de 98% dans la population étudiée, tant face aux sous-variants BA.1 qu’au BA.2. Nos travaux montrent qu’il existe de grandes différences dans l’efficacité du vaccin contre l’infection, en fonction du variant, et que cette efficacité contre l’infection diminue rapidement, détaille le docteur Chemaitelly. En revanche, en ce qui concerne les formes sévères de Covid-19, les différences sont faibles d’un variant à l’autre. Et la protection contre ces formes sévères s’estompe lentement.Des données israéliennes sur les personnes de 60 ans et plus, présentées en prépublication début mai, identifient également un effet protecteur significatif contre les formes sévères, persistant durant au moins les sept premiers mois après la troisième dose. Sur l’ensemble des études évoquées, des biais démographiques, géographiques ou comportementaux peuvent exister (exposition variable au virus selon le statut vaccinal ou l’âge, par exemple). Reste que l’ensemble des publications et prépublications disponibles à ce jour contredisent les déclarations de Didier Raoult dans l’émission de Cyril Hanouna.Contactée par CheckNews pour savoir à quelles données le médecin marseillais se référait, son équipe n’a pas donné suite.
- Libération. « Le professeur Harald Matthes, qui dirige une clinique berlinoise spécialisée dans la médecine anthroposophique, et occupe à la Charité de Berlin une chaire privée pour la médecine intégrative et anthroposophique, affirme observer, selon cette étude, un taux d’effets secondaires de 0,8 %. Soit huit personnes vaccinées sur 1 000 contre le Covid-19 qui souffriraient d’effets secondaires graves, c’est-à-dire un vacciné sur 125 nécessitant un traitement médical. Ce taux est 40 fois plus élevé que le taux officiel de 0,02 % rapporté par l’Institut Paul Ehrlich, qui centralise en Allemagne tous les effets secondaires et réactions aux vaccins, indépendamment des fabricants… Leif Erik Sanders, le directeur de la clinique d’infectiologie et chercheur en vaccinologie de la Charité, estime que parler de 0,8 % de ‘‘complications graves liées à la vaccination» n’est absolument pas réaliste et sérieux. Cela ne correspond à aucune des très grandes études internationales... La méthodologie, qui consiste en un sondage en ligne accessible en quelques clics, ne permet… pas de vérifier la gravité des complications, ni le lien de cause à effet avec le vaccin, puisqu’ils sont autodéclaratifs… Pour le magazine Focus, il s’agit en tout cas d’une définition originale, puisque l’Agence européenne du médicament définit ces mêmes effets lorsqu’ils entraînent la mort, mettent en jeu le pronostic vital, nécessitent une hospitalisation ou la prolongation d’une hospitalisation existante, entraînent un handicap ou une incapacité persistante ou significative, ou constituent une anomalie congénitale. Le professeur Sanders remet également en cause la comparaison avec d’autres études internationales, puisqu’il souligne que les études contrôlées par placebo mesuraient les «effets indésirables», qu’ils soient légers ou graves. Et considère que les études américaines ou israéliennes, de grande qualité, évaluées par des experts internationaux indépendants, ne permettent pas de déduire qu’il y a un taux de 0,8 % d’effets secondaires graves».
17-05-2022.
- Libération. « Plusieurs soutiens de Didier Raoult affirment qu’une étude danoise évoquée par le magazine américain [Forbes] démontre l’inefficacité du vaccin contre les formes graves de Covid, contredisant ainsi "CheckNews"… [Ce magazine] présente les résultats d’une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association par le Statens Serum Institut (SSI), l’organisme chargé par le ministère de la Santé danois du suivi de la pandémie… Le service de presse du Statens Serum Institut explique en effet à CheckNews que son étude citée par Forbes n’étudie pas l’efficacité des vaccins contre les formes graves. Elle ne porte que sur l’une des nombreuses réponses immunitaires qui contribuent à la protection contre l’infection et la maladie grave. Nous avons comparé des résultats à propos de l’efficacité du vaccin contre les symptômes. Ce n’est pas la même chose que l’efficacité du vaccin contre les formes graves de la maladie, qui reste élevée comme vous le dites dans votre article… Revenant sur la déclaration de Didier Raoult, l’institut danois donne également raison à CheckNews en expliquant que [son] affirmation est incorrecte : la protection vaccinale contre la maladie grave reste supérieure à 50 % après trois mois, selon plusieurs études, auxquelles vous avez déjà fait référence dans votre article... Notre étude montre qu’immédiatement après deux doses (soit quatre semaines), il existe en effet des anticorps qui bloquent le variant omicron, mais ils disparaissent rapidement. Après trois doses, les anticorps neutralisants augmentent de manière significative, beaucoup plus qu’après seulement deux doses. Ces anticorps commencent également à diminuer après quelques semaines».
19-05-2022.
- La Croix. « Le Pr Yves Buisson, épidémiologiste, président de la cellule Covid à l’Académie nationale de médecine, réagit [ au silence actuel sur l’épidémie]: « Certes, la situation épidémique s’améliore de jour en jour, mais il semble surtout que, en cette période électorale, on préfère parler de la levée du masque dans les transports que de la vaccination. […] À ce jour, le taux n’est pas optimal chez les plus de 80 ans, et très faible chez les plus de 60 ans… Le Pr Buisson souligne : Comme toujours depuis le début de cette crise, on n’anticipe pas. Même sans l’apparition d’un variant préoccupant, on sait que la circulation du virus s’intensifiera à l’automne. Au-delà des dangers pour les personnes à risque, la vaccination des enfants a été complètement laissée en suspens. Ils vont donc se contaminer à la rentrée, et la rengaine des fermetures de classe risque de recommencer.»
20-05-2022.
- Mediscoop.net. « Le vaccin anti-Covid servirait-il de traitement contre le Covid long ? C’est ce que suggère une étude parue dans le BMJ. Elle montre qu’après une ou deux injections, le risque de symptômes de Covid long en cas d’infection préalable à la vaccination, diminue durablement, au moins pendant le suivi médian de 67 jours. »
- Le Figaro. « La France a enregistré une surmortalité de 95.000 décès, durant la pandémie entre mars 2020 et décembre 2021, un chiffre cependant inférieur au bilan estimé du Covid-19 car certaines personnes fragiles seraient décédées même sans l'épidémie", selon une étude de l'Insee… Sur la même période, le bilan humain de l'épidémie de Covid-19 a pourtant été nettement plus lourd : de 130.000 à 146.000 personnes auraient été emportées par le virus, selon différentes estimations… cette différence s'explique par le fait que certaines victimes du Covid sont des personnes fragiles dont les démographes considèrent que, même sans l'épidémie, elles seraient décédées d'une autre cause (diabète, maladie cardiovasculaire...). C'est ce que les spécialistes appellent "l'effet moisson"… L'épidémie a également réduit d'autres causes de décès, comme les accidents de la route, moins nombreux pendant les confinements ».
- Ouest France. « En s'appuyant sur les récents chiffres de l'OMS estimant que plus de 15 millions de personnes sont mortes des suites du Covid-19 dans le monde, des scientifiques ont évalué l'impact de ces décès sur les enfants. Ainsi, plus de 7 millions seraient devenus orphelins et plus de 10 millions auraient perdu un parent ou tuteur. »
24-05-2022.
Franceinfo. « Désintox. Non, il n'y a pas 8 personnes sur 1000 ayant souffert d'effets secondaires graves après inoculation du vaccin contre la Covid-19… Annoncée le 3 mai à la télévision allemande par le professeur Harald Matthes, de l’hôpital berlinois de la Charité, cette estimation a fait l’objet d’une large reprise dans les milieux anti-vaccin.
Problème : cette étude, menée auprès de 40 000 vaccinés, n’a été publiée nulle part. Les données qui ont circulé ont pour seule origine l’interview de Harald Matthes, spécialiste en gastrologie et médecine anthroposophique.
Seconde difficulté : il s'agit d'une enquête sur internet. Ce qui a amené l’hôpital de la Charité à prendre ses distances avec son professeur, considérant qu'il ne s’agit pas d’une étude scientifique au sens strict du terme. L'étude ne permet effectivement pas de vérifier la gravité des complications, ni le lien de cause à effet avec le vaccin. Un internaute a aussi relevé qu'aucune preuve de vaccination n'était exigée, laissant la porte ouverte à une manipulation par des opposants à la vaccination….
Troisième souci : La notion d'effets secondaires grave retenue dans l'enquête. Il suffit ainsi, pour s'en prévaloir, d'avoir obtenu trois jours d'arrêt maladie. Loin des standards de l'agence européenne du médicament, rappelle le magazine Focus, qui se limite à ceux qui entraînent la mort, nécessitent une hospitalisation ou entraînent un handicap.
Au final, le directeur de la clinique d’infectiologie de la Charité, Leif Erik Sanders, considère le chiffre de 8 vaccinés sur 1000 souffrant d’effets secondaires graves comme "absolument pas réaliste et sérieux". »
- La Dépêche.fr. « Des chercheurs toulousains viennent de faire une découverte clé dans la compréhension de la diffusion du Covid-19 dans l’organisme. Ils montrent que, dans le système immunitaire, un récepteur agit comme un leurre face au virus et sabote son action de multiplication en provoquant la mort de la cellule infectée. Ces travaux sont publiés dans la revue Molecular Cell. »
27-05-2022.
- Jim.fr. « La Covid-19 est à l’origine de thromboses tant veineuses qu’artérielles qui impliquent des mécanismes pathogéniques multiples, complexes et volontiers intriqués. L’inflammation systémique, l’activation plaquettaire, le dysfonctionnement endothélial et la stase circulatoire en font partie. De nombreuses études ont d’ailleurs évalué le risque de maladie thrombo-embolique veineuse chez des patients hospitalisés [...]>>
- Libération. « Sur les réseaux sociaux, une polémique enfle depuis plusieurs semaines : de nombreuses figures en vue dans les milieux antivax ou complotistes sont auditionnées par des parlementaires, dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire sur les effets secondaires de la vaccination contre le Covid-19, au même titre que des experts scientifiques reconnus et divers représentants associatifs portant une parole critique mais mesurée sur la vaccination. De nombreux internautes déplorent une "légitimation", par des sénateurs et des députés, des thèses les plus extrêmes, après deux années d’assauts continus de la part de nombreux réseaux de désinformation. Interrogé par CheckNews, le député (ex-LREM et candidat à sa réélection sous l’étiquette Nupes) Cédric Villani, qui préside l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), se défend et revendique "une démarche démocratique"… La saisine de la commission «est directement liée à [une] pétition qui porte des argumentaires très critiques envers la pharmacovigilance, très critiques envers la façon dont la vaccination était conduite, poursuit Villani. Le souci des rapporteurs doit être de répondre en premier aux questions posées par la pétition. Il était donc important d’entendre les voix qui portaient ces critiques. Si nous effectuons les auditions sans prendre en compte du tout des personnes qui représentent le point de vue de la pétition, du point de vue démocratique nous louperions la case… Sur les réseaux sociaux, de nombreuses internautes ont critiqué l’audition de personnes relayant des thèses mal étayées, contradictoires avec l’état des connaissances scientifiques, voire se faisant activement le relais de désinformation… Parmi les cibles des critiques, des représentants de l’association Verity France, la statisticienne Christine Cotton, les enseignants-chercheurs Emmanuelle Darles et Vincent Pavan, ou encore Amine Umlil, pharmacien hospitalier au centre hospitalier de Cholet… Concernant les personnalités issues des institutions officielles, c’est la qualité scientifique ou la position dans l’ensemble des organigrammes de pharmacovigilance, pharmaco-épidémiologie et les autorités médicales, qui a guidé les décisions, précise Leseul. Concernant les détracteurs, les interrogateurs, ou les représentants de personnes contestant la vaccination, ou émettant des avis critiques sur les effets secondaires, nous avons auditionné plusieurs personnes, en fonction de l’audience qu’elles rencontrent…
Cette question de la légitimation des personnes sollicitées est une réelle problématique, qui a été identifiée dès le début, et à laquelle il n’y a pas de solution miracle, admet Cédric Villani. Oui, on voit sur les réseaux que certaines des personnes qui se sont retrouvées auditionnées utilisent cette audition pour se prévaloir d’une certaine légitimité. Ils présentent, de façon abondante dans leurs réseaux, leur témoignage comme ayant été entendus par l’OPECST – sans parler aucunement des réponses qui leur ont été faites, des arguments contradictoires qui ont pu leur être opposés. Mais on ne peut pas faire autrement. Suite à la décision qui découle suite à la réception de la pétition, il y a une écoute de ces voix de la part du Parlement. Mais écoute ne veut pas dire approbation, écoute ne veut pas dire blanc-seing, ne veut pas dire label…
Gérard Leseul reconnaît qu’il s’agit du premier rapport pour lequel nous avons autant de remontées sur les réseaux sociaux, finalement assez agressifs… Tous les jours sur Twitter, je reçois mon lot d’interpellations, d’injures. Tous les jours, des e-mails me demandant de rendre telle ou telle audition publique…Sans préjuger du contenu final du rapport de la mission d’information, et indépendamment de cette polémique sur la qualité des personnes auditionnées, il semble d’ores et déjà que certaines critiques et inquiétudes sérieuses aient été entendues par les parlementaires. Nous avons étudié les différentes procédures de pharmacovigilance, et il semble qu’il y a des choses encore à améliorer sur ce sujet, évoque Gérard Leseul, notamment pour prendre en compte certains effets indésirables – je pense aux troubles du cycle menstruel, rapportés chez une partie de la population. La collectivité nationale aurait sans doute davantage dû faciliter les remontées de pharmacovigilance, que ce soit en direct, ou au travers du corps médical. »
28-05-2022.
- La Provence. « Le variant d'Omicron BA-5 est devenu dominant au Portugal, pays actuellement confronté à un nouveau pic de contaminations au Covid-19 ces dernières semaines, selon les autorités de santé… La propagation de ce sous-variant a "coïncidé avec la levée de nombreuses restrictions sanitaires" après la fin de l'interdiction du port du masque dans la plupart des espaces fermés et la tenue de nombreux rassemblements… Pour lutter contre cette hausse de nouveaux cas, le gouvernement a réintroduit mercredi la prise en charge des tests de dépistage au Covid-19 en pharmacie sur prescription médicale. L'agence de l'Union européenne chargée des maladies (ECDC) a récemment appelé les pays à la vigilance, estimant que les sous-variants d'Omicron BA-4 et BA-5, identifiés pour la première fois en Afrique du Sud en début d'année, pourraient être à l'origine d'une flambée de nouveaux cas. »
31-05-2022.
Libération. « Vous nous interrogez sur l’origine d’un texte relayé sur les réseaux sociaux, dont l’apparence évoque celle d’un article de presse, et présenté comme tiré du titre le Quotidien de la Réunion. Il s’agirait d’une mise en garde sous forme de questionnement sur les terribles dangers que font courir les vaccins Pfizer /Moderna à ARNm contre la COVID-19.
Le texte, titré «Vaccin à ARN messager : une étude tire la sonnette d’alarme» se fait l’écho d’une étude, extrêmement sérieuse et documentée, sans conflits d’intérêts des auteurs, publiée le 15 avril dans ScienceDirect, qui rapporterait des résultats à paraître dans le Journal officiel de la Société chinoise de toxicologie (FCT), une revue de toxicologie de renommée internationale selon lesquels les “vaccins” à ARNm du Sars-CoV-2 provoqueraient : la création d’un ARNm modifié aux effets complexes mais surtout imprévisibles ; la fabrication soutenue de protéines Spike ; une altération de l’immunité innée, etc. Comme l’ont rapidement signalé plusieurs internautes – et un journaliste du Quotidien – ce texte, effectivement publié ce 27 mai dans le journal réunionnais, n’est pas un article journalistique. Il est en réalité tiré de la page Courrier des lecteurs. Dans la version imprimée, le nom de la rubrique apparaît très clairement en haut de la page. Dans la version qui circule en ligne, cette précision importante est escamotée… Parue en ligne le 15 avril sur le site de l’éditeur de la revue Food and Chemical Toxicology, cette publication alarmiste a fait l’objet de critiques nourries, pointant du doigt le caractère essentiellement spéculatif de l’argumentaire, ainsi que l’absence d’expertise des auteurs à l’égard des nombreux sujets qu’ils abordent…
La polémique du week-end a fortement résonné au sein de la rédaction du Quotidien. Edouard Marchal, délégué syndical de la section SNJ du journal, juge qu’on ne peut pas laisser propager des contre-vérités médicales et scientifiques de façon aussi désinvolte. La réponse qui consiste à dire que cela a été publié dans le courrier des lecteurs ne peut pas nous satisfaire… Il estime par ailleurs que la page Courrier des lecteurs est, indiscutablement, utilisée cyniquement par des militants anti-vaccins, qui se servent du journal comme outil de propagande… La chose qu’on peut nous reprocher est, certainement, de ne pas avoir réagi plus tôt sur ces questions, peut-être parce que nous ne voulions pas créer de tensions entre des avis divergents au sein de la rédaction. Mais aujourd’hui, je pense qu’on ne peut plus se taire : c’est notre réputation à nous, journalistes, qui est salie aujourd’hui. On passe pour des branquignols en publiant ce genre de texte», conclut Edouard Marchal. »