Décembre 2022
Informations de Santé Publique France: Taux d'incidence, hospitalisations et décès en hausse.
Conseils du ministre de la santé: rappel de vaccination 6 mois après le précédent; masque et gestes barrière dans les lieux clos avec forte promiscuité, notamment les transports en commun, isolement en cas de test positif.
Le passe sanitaire a disparu depuis le 1er août.
A la mi-décembre, après la quasi disparition de la question covid dans les médias et les discours politiques, celle-ci revient quelque peu.
14-12-2022.
- Libération. « Après plusieurs estimations, un bilan officiel des morts du Covid a été publié ce mardi par Santé publique France et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, en collaboration avec l‘Institut national de la santé et de la recherche médicale... L’année de son arrivée, le virus a tué 69.238 personnes vivant en France, faisant de l’épidémie la troisième cause de mortalité dans le pays. […] Le Covid se hisse dans les causes de décès les plus meurtrières en 2020, derrière les tumeurs (170.806 morts, soit un quart des décès) – notamment les cancers – et les maladies de cardio-neurovasculaires (134.763 décès). Et bien loin devant les autres maladies respiratoires (38.711 victimes) ou les maladies du système nerveux (37.616)... Sans surprise, les personnes âgées ont été les plus touchées par le virus... [Chez les moins de 65 ans] pour plus de 86% des décès, au moins une comorbidité ou complication était mentionnée sur le certificat de décès – contre 78% pour les certificats hors Covid, causes externes et causes inconnues...Les maladies respiratoires constituaient les complications les plus fréquemment retrouvées. Les maladies de l’appareil circulatoire [cardio-neurovasculaires, ndlr] et les tumeurs étaient les comorbidités les plus fréquentes... Le taux de mortalité français a progressé de 4% en 2020 par rapport à celui de 2017, alors qu’une tendance à la baisse était observée jusqu’alors . En revanche, la mortalité a reculé en 2020 par rapport à 2017 pour presque toutes les autres causes, notamment en raison de l’impact de l’épidémie sur les personnes âgées ou fragiles. Leur décès aurait pu survenir pour une autre cause dans les quelques jours ou mois suivant l’infection au Sars-CoV-2. Même logique pour les troubles cérébraux ou mentaux, comme Alzheimer ou les démences... Les effets indirects de la crise sanitaire sont de plus en plus documentés : recul de la prévention, diagnostics retardés, détresse psychologique notamment chez les plus jeunes, Covid long… La pandémie a aussi exacerbé les difficultés profondes du système de soins français, aujourd’hui exsangue. »
- Mediscoop.net. "Covid 19: parcours hétérogènes après une hospitalisation. Entre le 1er mars 2020 et le 30 juin 2021, 106.000 patients atteints de Covid-19 ont été admis en soins intensifs. Parmi les 80.000 personnes sorties vivantes, 15% ont été transférées en soins de suite et de réadaptation, cette proportion augmentant avec l’âge. Parmi les patients ayant nécessité une ventilation mécanique invasive, le taux de transfert en soins de suite et de réadaptation s’est élevé à 31%. Le taux de mortalité des patients sortis vivants de soins intensifs un an après leur sortie est faible 7%, et inférieur à celui de ceux atteints de la grippe. Néanmoins, le taux de mortalité en soins intensifs étant plus important parmi les patients atteints du Covid-19 que de la grippe, la mortalité totale à un an reste plus importante chez les personnes atteintes de Covid-19. En outre, au cours de l’année qui a suivi la sortie de l’hôpital, 27 % des patients admis en soins intensifs et ne présentant pas d’antécédent de maladie pulmonaire ont eu au moins une consultation de ville de pneumologie. Et deux patients sur trois dialysés pendant leur séjour en soins intensifs ne présentaient pas d’antécédents néphrologiques ; parmi eux, 19% ont eu au moins une consultation de néphrologie en ville, 13% ont été réhospitalisés avec un nouveau diagnostic de maladie rénale chronique et 4% ont nécessité des séances régulières de dialyse. Enfin, parmi les patients ne présentant pas d’antécédent psychiatrique, 9% ont eu au moins une délivrance d’antidépresseurs."
Référence : Diane Naouri et al. "Covid-19 : profils et trajectoires de prise en charge des patients dans l’année qui suit leur sortie de soins critiques." DREES, Etudes et Résultats 1248, dec 2022.
17-12-2022.
- Libération. "Dans sa chronique pour Libération, Christian Lehmann, médecin et écrivain, observe : « Nous voilà dans une France libre, sans masque ni fardeau, et la neuvième vague de Covid-19 submerge le pays, en même temps que la grippe, les bronchiolites, et les pénuries médicamenteuses. Et tout ce petit monde joue la surprise. Dans le JDD, Brigitte Autran demande à «renforcer le port du masque, tout comme les gestes barrières et la vaccination», et avoue sa surprise devant le peu de succès d’une campagne de rappel qui n’a jamais démarré. […] On finit par se demander si la présidente du Covars a acté que son rôle est de conseiller l’action politique… Et du côté du ministère de la Santé et du gouvernement, c’est le même son de cloche. Les ministres font des selfies dans le train avec un masque, puis se réunissent en lieu clos en petit ou grand comité, sans mesures barrières. Emmanuel Macron donne un discours, masqué, avant d’être filmé en conciliabule non masqué, dans un car avec tout son staff et celui du ministre de la Santé, réunis autour d’une table en formica sur laquelle trône un flacon de soluté hydroalcoolique, doudou helvétique et totem d’immunité... Dans les médias, questionné à plusieurs reprises, François Braun sort les rames dans un exercice qui nous ferait presque regretter son prédécesseur, tantôt portant un masque, tantôt l’enlevant en expliquant qu’il a préalablement demandé à la présentatrice si elle n’a pas de facteur de risque. Exhortant à une vaccination à laquelle il n’a pas donné les moyens, et reprenant cette antienne devenue routinière de la responsabilité personnelle, qui est devenue pour le pouvoir politique le meilleur moyen d’abdiquer sa responsabilité en santé publique, laquelle ne serait plus que la somme de minimes actions laissées au choix des individus, au motif qu’«il faut qu’on sorte de l’idée que tout doit être régi par des textes, des lois, des règlements»".
[Certains, il y a un an ou deux, criaient au totalitarisme. D'autres aujourd'hui reprochent au gouvernement d'employer la méthode Coué ! Virage à 180 degrés ? Comme en Chine, et qui l'aurait cru ? ]
19-12-2022.
- Le Parisien. « Après avoir mis fin à sa stricte politique "Zéro Covid " et au dépistage généralisé, la Chine fait face à un très grand nombre de contaminations. Le système de santé risque la saturation... Un médecin basé à Pékin a raconté à l’agence Reuters que certains hôpitaux de la capitale avaient jusqu’à 80% de leurs salariés infectés, mais que beaucoup d’entre eux devaient tout de même travailler en raison du manque de personnel... Officiellement, le dernier décès d’un patient atteint du Covid en Chine date du 3 décembre. "En réalité, nous incinérons 20 corps par jour, principalement des personnes âgées, car beaucoup de gens sont tombés malades récemment", a confié à l’AFP un employé d’un crématorium. Une autre responsable a raconté au Wall Street Journal qu’il leur fallait procéder à des crémations avant l’aube et au milieu de la nuit, afin de faire face à l’afflux de corps"...la Chine est pénalisée par l’immunité relativement faible de sa population. Peu d’habitants avaient déjà eu le Covid depuis le début de la pandémie, et seuls 40% des plus de 80 ans sont vaccinés avec une dose de rappel. Le pays risque ainsi un grand nombre de morts, comme Hongkong lorsque le territoire avait assoupli sa politique "Zéro Covid", il y a près d’un an.»
20-12-2022.
- Mediscoop.net. Le Figaro indique qu’« après des mois d'hésitation, la HAS recommande la vaccination des enfants de moins de 5 ans, présentant des risques de formes graves. […] Elle cible notamment les enfants souffrant de diabète, de maladies cardiaques et hépatites ainsi que les petits handicapés, porteurs de trisomie 21... Selon Santé publique France, les moins de 1 an représentent 70% des hospitalisations des 0-17 ans et 84% des admissions en soins critiques». S'appuyant sur une efficacité à hauteur de 80% après trois doses, les autorités sanitaires franchissent le pas en recommandant la vaccination des plus petits... ». Selon Le Parisien, « la décision de vacciner - ou non - un jeune enfant reviendra aux parents, et à condition que le ministère de la Santé suive cette recommandation ». La Croix indique aussi que « pour la première fois en France, des bébés pourront être vaccinés contre le Covid-19. Les autorités sanitaires recommandent désormais le vaccin Pfizer/BioNTech à certains enfants de plus de 6 mois mais, contrairement aux États-Unis, pas à l’ensemble d’entre eux ». Le journal rappelle qu’«actuellement, à peine 5% des enfants de 5 à 11 ans sont vaccinés en France. […] Le Covid représente d’abord un risque important pour les plus âgés. Mais les cas graves et les décès existent également chez les enfants, en particulier quand ils sont à risque de formes graves. Pour justifier l’ouverture de la vaccination à certains bébés, la HAS a justement pointé que c’était d’abord surtout sur les plus petits que se concentraient les formes graves de Covid chez les enfants ».
- Le Monde. "Le port du masque doit rester un geste citoyen non obligatoire, selon le COVARS (Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires). Le Covars met en avant le fait que la triple épidémie de viroses respiratoires, en s’inscrivant dans un rythme saisonnier annuel, devrait inciter à une recherche active de l’adhésion des individus et des communautés au port du masque à chaque reprise épidémique. Le Covars estime nécessaire «un effort d’information spécifique de la part des autorités... Le Covars rappelle l’existence d’un bouclier efficace, le Paxlovid. Pris par voie orale, ce médicament doit être administré dans les 3 à 5 jours après l’apparition des signes cliniques.»
21-12-2022.
- LIbération. L'Agence européenne du Médicament serait en faveur de rappels vaccinaux plus espacés dans le temps lorsqu'il s'agit d'un vaccin anti-covid contenant le même antigène, d'où l'intérêt de vaccins bivalents, et de la mise au point de vaccins induisant une immunité plus durable. «L’enjeu futur est surtout de déterminer si les boosts vaccinaux peuvent être pratiqués annuellement, comme pour la grippe, [mais] la circulation du Covid-19 n’est pas saisonnière, ce qui complique un peu les choses.»
- Le Monde. « Une forme de normalisation de la maladie s’observe depuis plusieurs mois déjà. Les unités Covid regroupant les patients touchés par le virus, isolés du reste de l’hôpital, semblent un lointain souvenir dans de nombreux établissements. De plus en plus, le Covid-19 s’installe dans le quotidien des soignants... [Marc Lambert, chef de service de médecine polyvalente de post-urgence au centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille, indique ainsi qu’]« on n’est plus du tout dans la même dimension émotionnelle et de risque infectieux qu’en 2020. Notre vie a changé ; on peut dire “merci” à la vaccination... ». «Les patients traités pour Covid-19 représentent environ 10% des hospitalisés, à peu près au même niveau, voire en deçà, que la grippe ou la bronchiolite...» «La prise en charge est standardisée ; le risque infectieux, mieux admis et compris par les soignants. […] Malgré cette normalisation progressive du Covid, considéré de plus en plus comme une maladie comme une autre dans le fardeau de l’hôpital, la comparaison avec la grippe a ses limites. [Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue à l’hôpital Bichat (Paris), remarque ainsi que] « le Covid-19 tue plus ou autant que toutes les autres pathologies respiratoires réunies, ça reste un truc majeur ». [Delphine Roucaute rappelle que] « plus de 100 personnes en meurent encore chaque jour en France ».
24-12-2022.
Explosion des cas en Chine où sont répertoriés 130 nouveaux variants, ce qui inquiète quant à des variants qui seraient plus transmissibles.
Sanofi a sorti son vaccin, classique, qui pourra convenir à ceux qui sont réticents aux vaccins à ARNm.
29-12-2022.
BFMTV. "Face à la résurgence de la pandémie, de nombreux pays ont décidé la réinstauration de mesures concernant les voyageurs en provenance ou de retour de Chine. D'autres pays, sans sauter le pas officiellement, renforcent leur vigilance...[Aux États-Unis] à partir du 5 janvier, tous les voyageurs âgés de 2 ans et plus venant de Chine devront faire un test pas plus de deux jours avant leur départ... L'Italie et Taïwan ont également rejoint la liste des pays imposant un test obligatoire de Covid-19 aux voyageurs en provenance de Chine. [Idem pour le Japon, l'Inde et la Malaisie.] France, Belgique et Allemagne temporisent.