Janvier février 2023

04-01-2023
Mediscoop.net. Covid 19: le rapport secret qui étrille la gestion du ministère de la santé.
 C’est ce que titre Le Parisien, qui fait savoir que « selon un rapport confidentiel de l’Inspection générale des affaires sociales […], le ministère de la Santé était passé tout près du naufrage au printemps 2020... « commandé fin juin 2020 par Olivier Véran, alors ministre de la Santé, ce «retour d’expérience du pilotage de la réponse à l’épidémie de Covid» a été remis au gouvernement en novembre 2020. Selon nos informations, un cercle très restreint au sein de l’exécutif l’a tenu entre les mains. Ce «retex» avait pour but d’identifier «les réussites, les difficultés et les lacunes» révélées par le Covid dans l’organisation du ministère...  Entre mi-juillet et octobre 2020, 4 inspecteurs de l’Igas ont interviewé quelque 375 personnes (membres de cabinets ministériels, directeurs d’agences régionales de santé, d’hôpitaux, préfets, élus, etc.) à travers la France. Leur constat, quasi clinique, est accablant : impréparation, désorganisation et circuit de décision «peu lisible»… le rapport de l’Igas « a été versé à l’enquête de la Cour de justice de la République (CJR). Celle-ci devra dire si des membres du gouvernement ont pu avoir une part de responsabilité dans la gestion du coronavirus et sa propagation, et donc dans le bilan de l’épidémie qui a fait à ce jour plus de 160.000 morts en France. L’exécutif se voit notamment reprocher le manque de masques, le délai avant d’activer le centre de crise interministériel ou encore le maintien des élections municipales en mars 2020... Lorsque l’épidémie explose, à partir de mi-février 2020, le centre de crise sanitaire s’apparente à un esquif ne tenant la mer que grâce à des «renforts massifs» de volontaires. Des agents de «tout profil», sans aucune précision des compétences nécessaires (parler anglais, spécialiste en data, etc.), vont être piochés en urgence parmi d’autres administrations à partir du 10 mars. […] Ces matelots dévoués se sont épuisés à la tâche... L’organisation de la gestion de crise a connu un éclatement tel qu’au cours de la mission, aucun acteur rencontré n’a semblé en avoir une vision claire et exhaustive, quel que soit son niveau hiérarchique. Ce manque de vision d’ensemble a conduit à des activités conduites en doublon, mais aussi à l’absence de prise en charge de certains sujets, en particulier par anticipation. Deux ans plus tard, alors que la neuvième phase de l’épidémie sévit en France et que la Chine affronte actuellement la plus forte vague de Covid au monde, notre ministère de la Santé est-il mieux armé ? A-t-il réorganisé ? Des leçons ont-elles été retenues de ce «retex» et de ses 32 recommandations ? Le chantier semble tellement titanesque qu’il est régulièrement remis à plus tard, explique un connaisseur du dossier. […] En tout cas, certains postes clés semblent aujourd’hui difficiles à pourvoir. Le Pr Jérôme Salomon serait, paraît-il, tenté depuis des mois de quitter ses fonctions à la Direction générale de la santé, mais il occupe toujours ce poste délicat. Quant à la directrice générale de Santé publique France, le Pr Geneviève Chêne, elle a quitté sa mission le 31 octobre dernier. L’avis de vacance a été publié le 27 juillet au Journal Officiel, en vue de la remplacer. Le poste n’a toujours pas été pourvu.»

06-01-2023.
Le Parisien prévient d'un chiffre qui circule, de 1114 sportifs morts ces deux dernières années suite aux vaccinations contre le covid.
Les sources ne seraient pas fiables et aucune mention de lien avec la vaccination ne serait faite dans les articles cités. Mahmoud Zureik, épidémiologiste à la tête du groupement Epi-Phare, observe qu’« à partir du moment où un article est basé sur des sources et des hypothèses non sourcées et non scientifiquement validées et que toute la conclusion vient de cette comparaison, c’est nul et non avenu ». Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de Genève, ajoute que « les [deux médecins ayant fait cette affirmation, Panagis Polykretis et Peter A. McCullough] disent aussi que les non-vaccinés ne risquent pas de souffrir de myocardite. Pourtant, on sait que même ceux infectés présentent un risque plus élevé que les vaccinés. C’est, très clairement, un article de désinformation.»

10-01-2023.
Le Parisien écrit que
 «654.492 décès ont été recensés du 1er janvier au 24 décembre 2022 en France, d’après les données provisoires communiquées par l’Insee... C’est beaucoup plus qu’en 2019 (+ 8,9%), autant qu’en 2020, et davantage qu’en 2021 (+ 1,2%) sur la même période...Le nombre annuel de décès avait tendance à augmenter depuis 2006, en raison du vieillissement naturel de la population... Un écart particulièrement fort a été atteint en 2020, marqué par l’arrivée du Covid : + 9% de morts par rapport à 2019...  Le fait de recenser autant de décès en 2022 s’explique tout d’abord par ce vieillissement naturel de la population... [Mais] le Covid n’a pas disparu en 2022, loin de là. Le variant Omicron, devenu prédominant à la toute fin de l’année 2021, est beaucoup moins virulent que les précédents. Mais il a entraîné énormément d’infections, et donc un nombre non négligeable de décès. Près de 40.000 patients diagnostiqués Covid ont perdu la vie l’an dernier à l’hôpital ou en Ehpad, sans que le lien de causalité directe avec le SARS-CoV-2 ne soit établi à ce jour... [De plus] 10.420 décès en excès ont été recensés sur l’ensemble de la période estivale, dont près de 3000 durant les trois épisodes de canicule... Le mois de décembre a été marqué par un net rebond du nombre quotidien de décès. […] Cela pourrait correspondre à la concomitance de plusieurs maladies hivernales (Covid, grippe, etc.), alors que le système de santé est débordé et incapable de prendre en charge correctement tous les malades.»

12-01-2023.
- La Croix. Quel est le bilan mondiale de la pandémie?
 « 3 ans après le premier décès officiel lié au Covid-19, le bilan de la pandémie à l’échelle mondiale reste difficile à établir. Il s’élève à 6,7 millions de morts selon les données de l’université d’Oxford. L’OMS privilégie l’étude de la surmortalité, qui laisse entrevoir un bilan bien plus lourd ... le bilan le plus lourd, recensé aux États-Unis, s’élèverait à plus d’un million de morts. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), la pandémie de Covid-19 aurait entraîné la mort d’un peu plus de 2 millions de personnes sur le continent européen, dont environ 160.000 en France... Ce décompte, explique l’OMS, reste subordonné à la reconnaissance par le pays du Covid comme étant la cause du décès. Enfin, il ne tient pas compte de l’augmentation des autres décès liés à la pandémie, autrement dit des patients ayant renoncé ou n’ayant pas pu avoir accès aux soins, à cause de la saturation du système de santé... l’OMS souligne ainsi qu’il est plus pertinent de calculer la surmortalité due à la pandémie de Covid-19, qui correspond à la différence entre le nombre de décès lors d’une crise et le nombre de morts dans des conditions normales. Une étude menée par l’OMS et publiée dans la revue Nature en décembre 2022, sur les années 2020 et 2021, faisait ainsi état de 14,83 millions de morts dans le monde. Ce bilan, qui concerne seulement 2 années sur les 3 qui se sont écoulées depuis le premier décès, s’avère ainsi 2 à 3 [fois] supérieur au nombre de morts du Covid-19 officiellement déclarés... Cette méthode est également à prendre avec précaution. […] En effet, les données mensuelles permettant d’évaluer la surmortalité ne sont disponibles que dans une centaine de pays, soit la moitié du nombre total de pays.»
- Le Figaro. 
« Pfizer table sur 100 milliards de chiffre d’affaires en 2022, contre 51,8 milliards en 2019. Ce qui devrait en faire le numéro 1 mondial du secteur... à lui seul, le vaccin contre le Covid (plus de 3 milliards de doses produites l’an passé), dont Pfizer vend désormais une version adaptée au variant Omicron, devrait atteindre 34 milliards de recettes. […] En outre, le géant new-yorkais a réussi un doublé en lançant à la fois un vaccin, développé avec l’allemand BioNTech, et une pilule anti-Covid, Paxlovid (22 milliards de recettes en 2022)... En 2024, les premières thérapies géniques de Pfizer - qui ciblent l’hémophilie et la myopathie de Duchenne - sont attendues sur le marché. Mais aussi son vaccin contre la grippe à base d’ARN messager, développé avec BioNTech. Un marché sur lequel il devra notamment batailler contre son nouveau rival Moderna. Pfizer parie sur cette technologie, qui a fait ses preuves pour la première fois contre le Covid. Il la voit comme l’un de ses moteurs de croissance pour les années à venir, avec des applications dans les maladies rares, infectieuses et en oncologie. Il mise sur des collaborations avec quatre partenaires, parmi lesquels BioNTech, avec lequel il collabore aussi sur un vaccin contre le zona.»

14-01-2023.
- Le Monde présente un assez long article sur l'affirmation par des sites antivax d'une explosion de morts de sportifs suite à la vaccination. L'article dit que seuls trois cas pourraient poser question mais sans preuve qu'il y ait causalité. Plusieurs cas sont manifestement faux: décès antérieurs à la campagne vaccinale; pertes de connaissance bénignes; crise d'épilepsie; suicide; overdose; myocardite liée au covid, sachant que celui-ci peut souvent provoquer de sérieux problèmes cardiaques; maladies antérieures...). "Dans 70% des cas le statut vaccinal des personnes évoquées est inconnu". L'article rappelle en outre que les accidents cardiaques de sportifs sont bien antérieurs à la pandémie. Pour les auteurs, qui ont étudié cette question et analysé une vidéo en faveur de cette thèse de morts de sportifs suite au vaccin, ces affirmations "reposent en fait sur une inversion rhétorique de la charge de la preuve", voire sur "la manipulation éhontée".

16-01-2023.
- Libération. "La commission dédiée à la pandémie au sein du Parlement européen a convoqué Ursula von der Leyen et met la pression pour que la lumière soit faite sur ces contrats [avec Pfizer], dont les clauses comme les modalités de négociation demeurent toujours, pour partie, opaques." Article assez long dont voici l'adresse.

Fin janvier début février, la réforme des retraites occupe l'essentiel de l'actualité.

02-02-2023.
Quelques sites d'information évoque le code
“Z28.1 : Vaccination non faite par décision du sujet pour raisons de conviction et de pression sociale”, que des antivaccins assurent être nouveau et destiné à stigmatiser les non vaccinés. Il s'agit en fait d'un code qui n'apparaît pas dans le dossier médical mais appartenant à la Classification Internationale des Maladies (CIM) depuis sa première version en 2008, n'ayant donc rien à voir avec la vaccination anti-covid.
Voir le site de Libération ou celui de l'AFP factuel, ou encore Yahooactualités.

- Libération. « le gouvernement a levé ce mercredi les dernières obligations liées à la pandémie de Covid-19 ... » Les spécialistes interrogés regrettent l'absence de systèmes de substitution de contrôle, d'investissement dans la qualité de l'air intérieur, de préoccupation envers les personnes immunodéprimés. Ils estiment qu'aucune leçon n'a été tirée de la pandémie.

03-02-2023.
AFP factuel
. Citant une étude suisse, des publications sur les réseaux sociaux prétendent que, suite au vaccin, les myocardites pourraient toucher un million de français. L'article de l'AFP donne l'avis de spécialistes sur cette affirmation.
Je résume mais conseille d'aller voir directement l'article qui est assez long.
Cette étude ne mesure pas directement les myocardites mais seulement des enzymes spécifiques du myocarde, les troponines ultrasensisbles dont une augmentation modérée n'est pas une myocardite. De plus, les mesures ont été faites après vaccination mais pas avant. La Société Française de Cardiologie n'a pas trouvé d'incident cardio-vasculaire majeur dans la population 30 jours après vaccination (ces incidents, lorsqu'ils arrivent, apparaissant dans le semaine qui suit). Selon le Pr Zureik: "c’est une pathologie à l’origine assez rare, et là on passerait de 2.500 myocardites hospitalisées en France à un million et ça passerait inaperçu ? c’est impossible". Certes il peut y avoir myocardite après vaccination (mais nettement plus après covid): "Le surrisque est estimé à 17 myocardites pour 100.000 doses chez les hommes de 18 à 24 ans pour le vaccin de Moderna et 5 cas pour 100.000 doses pour celui de Pfizer. Aux regards des risques, le bénéfice de la vaccination ne se pose pas pour les femmes et les hommes de plus de 30 ans, et les données sur les myocardites publiées depuis l’été 2021 ne veulent certainement pas dire qu’il faut mettre fin à la vaccination des jeunes hommes de moins de 20 ou 30 ans, qui gardent un bénéfice sur la diminution des événements graves"

Ajouté le 14-02-2023.
Dans le numéro 402 du Journal des psychologues de janvier-février 2023, le psychologue Thierry Cruz a écrit un article dans le cadre de son travail de coordonnateur au service départemental d'incendie et de secours du Gard durant la covid 19.

Il a distingué, parmi les personnels, pompiers pour la plupart, trois types de réactions amenant d'abord à un clivage qu'il a fallu réduire progressivement grâce au travail d'écoute, d'information, de pédagogie, de mise en confiance, de priorité donnée à la protection du personnel.
Il a ainsi distingué: 1) les méfiants, minoritaires, vis-à-vis des mesures sanitaires et de la vaccination; 2) les confiants, optimistes mais facilement qualifiés de "béats" par les précédents (des conflits apparaissant entre ces deux catégories qui, dans des sens opposés, semblaient s'appuyer surtout sur des croyances); 3) les analystes, ayant recours à la recherche de compréhension, de logique scientifique.
Malgré ces divergences de vue, la cellule d'intervention médico-psychologique est parvenue, par le travail précédemment décrit, à ce que les personnels mènent au mieux leurs missions.
Il aurait été intéressant de connaître les pourcentages respectifs des méfiants, confiants et analystes.

Mi février.
Plusieurs médias notent d'une part la baisse régulière du nombre de cas de covid et d'autre part le fort nombre de dépressions, notamment chez les jeunes, suite à la pandémie.

On peut trouver un article détaillé pour 2021 dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire du 14 février 2023, et des témoignages sur FR3Occitanie. 
Le COVARS (Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires) plaide quant à lui pour le développement des vaccins à ARNmessager, qui seraient prometteurs pour un certain nombre de maladies, des cancers en particulier (Yahoo!actualités).

17-02-2023.
Le Progrès, France info, le portail d'Orange, et d'autres médias parlent d'une étude parue dans The Lancet, ayant regroupé de très nombreuses autres, concluant:
« Même si une infection donne une protection qui diminue au fil du temps, le niveau de celle-ci (...) semble aussi durable, voire plus que celui conféré par la vaccination .» Est Précisé que cette protection est contre les formes graves, sans empêcher une réinfection. Il est donc question d'immunité hybride (à la fois par vaccination et contamination). [j'ai trouvé intéressant de constater, dans les commentaires sur Orange (qui évidemment n'ont aucune valeur statistique), que chacun interprète ce résultat de façon à confirmer son opinion antérieure.]

- 20 minutes titre: "Pourquoi il faut être prudent dans l'analyse de la surmortalité sur EuroMomo...La plateforme EuroMomo est surveillée comme le lait sur le feu par les opposants à la vaccination, qui y cherchent la preuve que la vaccination antiCovid aurait tué massivement en Europe. Lancé en 2008, le projet EuroMomo, pour European mortality monitoring, est un outil de veille sanitaire auquel participe quelque 27 pays ou régions. Il permet de surveiller la mortalité en Europe et d’observer des tendances sur la surmortalité, toutes causes confondues...Un graphique du site est régulièrement repris : il montre la surmortalité cumulée chez les 15-44 ans, chaque trait correspondant à une année, de 2018 jusqu’à 2022. Il est interprété pour indiquer qu’il y a une surmortalité en 2021 et 2022 et que celle-ci est supérieure à 2020, ce qui montrerait a minima l’inefficacité des vaccins anticovid ou que le vaccin anticovid aurait tué en grand nombre, ce que rien n’a prouvé jusqu’à présent... " L'article, assez long, rapporte la difficulté d'avoir des conclusions sures car de nombreux facteurs interviennent quand on considère les décès toutes causes (maladies, âge, épidémies concomitantes comme la grippe, soins différés pour de maladies graves, chroniques ou cancers, etc... Les modèles d'EuroMomo seraient assez mal documentés. Ceux de l'INSEE serait plus fiables. "Dans une première analyse en mai 2022, l’Insee observait que, de mars 2020 à décembre 2021, les décès ont été nettement supérieurs à ceux attendus en l’absence d’épidémie de Covid-19, avec 95.000 décès de plus. La surmortalité reste élevée en 2021 (6,3 %, après 7,5 % en 2020). Pour la tranche des 35-74 ans, la surmortalité, déjà visible en 2020, s’accroît en 2021... Enfin, dans son bilan démographique 2022 – selon des estimations réalisées fin novembre 2022 –, l’Insee a comptabilisé 667.000 décès en France en 2022, soit 5.000 de plus qu’en 2021. Leur nombre est à peine inférieur à celui de 2020 (-0,3 %), année marquée par le Covid-19 et nettement supérieur à celui de 2019 (+8,8 %). Plusieurs explications sont avancées face à cette mortalité élevée, dont le vieillissement de la population. L’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges plus avancés entraîne logiquement une hausse des décès depuis quelques années. En outre, la pandémie s’est poursuivie en 2022 avec le variant Omicron, très contagieux, provoquant des morts supplémentaires. Une épidémie de grippe tardive, avec un pic en avril, et trois périodes de canicule ont également causé des pics de mortalité."
L'approche statistique m'apparaît très complexe dès lors que l'on veut mélanger toutes les causes.
Adresse de l'article: https://www.20minutes.fr/sante/4021807-20230217-covid-19-pourquoi-faut-etre-prudent-analyse-surmortalite-euromomo .

21-02-2023.
L'Express. Etude réalisée par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et l'Assurance Maladie. "
Son objectif était d’évaluer l’efficacité des doses de rappel pour les vaccins à ARN-messagers seulement (Pfizzer et Moderna), contre le risque d’infection dû aux sous variants d’Omicron... L’étude d’EPI-PHARE a comparé la situation vaccinale d’un groupe de 39 000 patients hospitalisés entre juin et octobre 2022, à celle d’un groupe témoin n’ayant jamais été hospitalisé. Il en ressort que les vaccins ont bien protégé leurs hôtes contre le risque d’hospitalisation. L’efficacité contre les hospitalisations est estimée à 45 % après une primo-vaccination, 56 % pour une troisième dose et 75 % après une quatrième ou cinquième dose : elle augmente donc avec les rappels. "Le niveau d’efficacité est d’autant plus important que le nombre de doses reçues est élevé ou que le délai depuis la dernière dose est court", précise également l’étude. Les chercheurs ont néanmoins observé une diminution de l’effet de ces rappels dans le temps. Six mois après avoir reçu un rappel, les sujets observés ne présentaient quasiment aucune différence avec les personnes n’ayant reçu qu’une primo vaccination... Cette étude a aussi vérifié un autre point important : la véracité de l’immunité hybride, c’est-à-dire l’immunité acquise par les personnes cumulant une ou plusieurs infections, et la vaccination... Avec ces nouvelles connaissances, l’objectif pour les autorités de santé sera désormais de définir le bon rythme de rappels de vaccination en prévision des vagues de contamination, pour optimiser la protection de la population."

23-02-2023.
Le Parisien. «...
un ancien journaliste suisse, qui se revendique « naturopathe », a lancé le projet d’une banque de sang réservée aux personnes non vaccinées contre le Covid-19. Des milliers d’adeptes sont inscrits dans près de 50 pays... Le but ? Préserver leurs veines d’un sang «contaminé» par le sérum contre le SARS-CoV-2. En cas de refus des autorités, ils imaginent créer leur propre banque de sang «pur». Près de 2000 internautes ont rejoint la communauté à travers 50 pays... Le phénomène est mondial. En décembre, un tribunal néo-zélandais a été contraint de suspendre la garde d’un bébé à ses parents. Ce couple d’antivax s’opposait à une opération chirurgicale vitale pour le nourrisson, de peur qu’il ne reçoive du sang "infecté" ... Les convaincus s’appuient sur un gloubi-boulga pseudoscientifique... [ Sandrine Sarrazin, chercheuse Inserm au centre d’immunologie de Marseille-Luminy (Bouches-du-Rhône), rappelle qu’]« il n’y a pas de protéines Spike dans le sang des vaccinés. Tout se passe de manière très localisée au niveau du muscle. À l’inverse, le sang des personnes infectées par le virus peut comporter des protéines, par exemple dans le cadre d’un Covid long... [ La chercheuse ajoute ]: « Faites confiance aux médecins. Une transfusion est souvent vitale. Les banques de sang privées ne garantissent pas le traitement et les contrôles qualité des banques d’État.»

 24-02-3023.

Haute Autorité de Santé. "...Le virus du SARS-CoV-2 continue à circuler sur le territoire mais avec un variant moins sévère – Omicron – depuis le début de l’année 2022. La HAS a ainsi adapté ses recommandations vaccinales... La HAS recommande l’administration d’une dose de rappel à l’automne 2023 pour les personnes à risque de forme grave de la maladie ainsi que les personnes de leur entourage ou en contact régulier avec elles (dont les professionnels des secteurs sanitaire et médicosocial) : les personnes atteintes de certaines comorbidités quel que soit leur âge, les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les femmes enceintes. En complément, parce que leur protection vaccinale diminue plus vite et plus fortement, la HAS recommande que les personnes âgées de 80 ans et plus, les personnes immunodéprimées et les personnes à très haut risque de la maladie puissent bénéficier d’un rappel supplémentaire dès le printemps. Cette vaccination doit tenir compte de la situation médicale de ces personnes, dans le cadre d’une décision médicale partagée avec l’équipe soignante. Cette nouvelle dose est recommandée dans un délai d’au moins six mois depuis la dernière dose ou infection...elle estime qu’il ne faut pas exclure la possibilité de mettre en place à tout moment une campagne de vaccination si la situation épidémiologique le justifie, en particulier pour les personnes immunodéprimées et/ou vulnérables, voire à plus large échelle en population générale compte tenu du caractère imprévisible de l’émergence des variants... Une étude récente conduite en France par EPI-PHARE confirme ainsi, qu’en comparaison à l’absence de vaccination, l’efficacité d’une dose de rappel par vaccin à ARNm monovalent (les premiers déployés) sur le risque d’hospitalisation est de 82 % deux mois après la dernière injection et de 52 % à plus de 9 mois de celle-ci... Les études montrent notamment que l’administration d’une dose de rappel avec un vaccin bivalent apporte une protection supplémentaire contre la survenue d’infections symptomatiques (de 21 à 56 %), contre les hospitalisations (de 31 à 84 %) et contre les décès (86 %) par rapport à l’absence de rappel. La HAS rappelle que cette protection baisse avec le temps et que cette baisse de protection varie selon l’âge (baisse de protection plus rapide chez les personnes de 80 ans et plus) et selon le critère de jugement considéré (baisse de protection contre les infections plus précoce que contre les formes graves). Les données sur l’efficacité en vie réelle des vaccins à ARNm bivalents adaptés contre Omicron, bien qu’encore limitées, confirment l’efficacité conférée par une dose de rappel chez des personnes préalablement vaccinées avec d’autres vaccins."

Mars-Avril 2023